Alors que le monde part sérieusement en sucette, Romeo se réveille toujours en renversant sa tasse de café. Chaque jour débute par un briefing d’une mission qui l’emmène dans une anomalie temporelle. Après une petite balade en vaisseau, il enfourche sa moto et se retrouve dans un environnement rempli de zombies ne demandant qu’à succomber à notre lame énergétique, au gré des commentaires de notre veste parlante. Pour parvenir à son but, il lui faudra faire des allers-retours avec une dimension parallèle, en rentrant dans un téléviseur. Vous n’avez rien compris ? C’est normal.
Dans Romeo is a Dead Man, on incarne bien évidemment un individu prénommé Romeo. Inexplicablement ramené à la vie, il devient un agent du FBI spatio-temporel et part à la poursuite de différentes versions de Juliet, sa bien-aimée qui pourrait avoir un lien avec la fragmentation de l’espace-temps. On comprend tout de suite où le studio Grasshopper Manufacture veut en venir : revisiter à sa manière, avec une liberté immense, l’une des histoires les plus romantiques — et tragiques.
Points forts
- Des bonnes sensations d’action
- Du WTF maîtrisé
- Plein d’idées qui fonctionnent
Points faibles
- Concept barré
- Quelques soucis de lisibilité
- Graphiquement dépouillé
Romeo is a Dead Man est un jeu WTF attachant
Un hub en 2D
Entre chaque chapitre, Romeo peut faire ses petites affaires dans un hub en 2D avec un rendu pixelisé. C’est rétro et… mignon.
Romeo is a Dead Man porte indubitablement la patte de Suda51, brillant créateur japonais qui transpose chacune de ses obsessions dans ses projets — l’équivalent en jeux vidéo de réalisateurs comme Quentin Tarantino et Takashi Miike. Il fait partie de ces auteurs dont le mantra est de proposer des expériences singulières, et dont les défauts manifestes font partie du charme. Romeo is a Dead Man est la matérialisation de ce qu’il aime tant. Des héros improbables, de la violence, une appétence pour le WTF, un amour pour la pop culture qu’importe la forme. Et de la passion, toujours. Et c’est sans aucun doute le meilleur jeu de Suda51, ce qui n’est pas une maigre observation quand on regarde sa carrière.
C’est sans aucun doute le meilleur jeu de Suda51
On n’essaiera même pas de vous résumer Romeo is a Dead Man, tant sa propension à partir dans tous les sens, aussi bien en termes de récit que de gameplay, rend l’exercice compliqué. Surtout, c’est un jeu rempli de surprises qu’il serait difficile de gâcher. Retenons ceci : Romeo is a Dead Man est un jeu d’action articulé autour de combats jouissifs, entrecoupés de séquences étonnantes et particulièrement inspirées. On pense à ce mini-jeu Pac-Man, dans lequel on doit gober des améliorations passives en consommant une ressource dédiée.

La force de Romeo is a Dead Man est clairement de parvenir à bousculer les codes d’un genre avec des idées toutes plus barrées les unes que les autres. On parle quand même d’un jeu où il est possible de planter des graines dans le but de récolter des… zombies acolytes, appelés les Bâtards. Et autant le dire tout de suite, ils ne seront pas de trop pour répondre à l’adversité, aux côtés de l’arsenal classique (une arme de corps-à-corps, une autre à distance pour viser les points faibles) et de la super-attaque qui régénère la santé de Romeo. Les arènes s’enchaînent, ventilées par des va-et-vient labyrinthiques avec le sous-espace — sorte d’envers du décor qui autorise une exploration hybride.
On ne peut pas plaire à tout le monde
Comme Romeo is a Dead Man est un jeu sans aucune limite, jusqu’à assumer un ton décomplexé, voire outrancier, tout ce qui le compose y passe. Des cinématiques aux boss, en passant par le casting improbable (bien sûr qu’il y a un chat humanoïde), tout est poussé dans ses retranchements. À plusieurs reprises, on s’étonne, on se questionne, on se demande ce qu’on fait là… Mais on reste scotché, séduit par une boucle de gameplay efficace et jamais frustrante (quand on meurt, on ressuscite avec un bonus), captivé par une narration tellement cool, attachante et remplie de second degré.

En prime, Romeo is a Dead Man évite la routine d’un chapitre à l’autre, quand bien même les deux derniers sont moins convaincants et traînent trop en longueur. Mention spéciale à celui qui va jusqu’à s’immiscer dans le genre survival-horror, tant dans l’ambiance que dans la mécanique principale (axée infiltration). Romeo is a Dead Man déborde de générosité pour bousculer et dépoussiérer, et tant pis si les affrontements basiques finissent par être répétitifs, la faute à un bestiaire peu varié. Les boss, eux, sont très bien conçus.

À l’instar de toutes ces œuvres qui essaient d’en faire beaucoup avec si peu, Romeo is a Dead Man est un jeu terriblement imparfait. Mais on aurait plutôt envie de dire qu’il est parfait dans son imperfection : on lui pardonne son rendu graphique parfois dépouillé, ses ralentissements quand l’action s’emballe, ses soucis de caméra qui nuisent à la lisibilité, ses oiseaux de malheur qui nous enquiquinent… Le titre n’a pas été conçu pour plaire à tout le monde, et on le ressent dès les premières minutes. Suda51 s’adresse aux romantiques, aux yeux de qui les défauts de Romeo is a Dead Man s’effaceront derrière les qualités. Bref, l’amour.
Le verdict

Romeo is a Dead Man
Voir la ficheOn a aimé
- Des bonnes sensations d’action
- Du WTF maîtrisé
- Plein d’idées qui fonctionnent
On a moins aimé
- Concept barré
- Quelques soucis de lisibilité
- Graphiquement dépouillé
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