C’est quoi, le jeu à gratter Once Upon A Line ?
Vous cherchez de l’originalité ? Accrochez-vous. Le jeu de la semaine arrive avec une idée tellement improbable qu’on sait pourquoi personne n’y avait pensé avant. Des jeux aussi atypiques, on en croise rarement… et sans trop prendre de risques, celui-ci va clairement décrocher une place sur le podium des OLNI (Objet Ludique Non Identifié) de 2026.
Vous aimez les jeux narratifs, les mots croisés, et votre plaisir coupable consiste à gratter frénétiquement des tickets chez le buraliste du coin ? Once Upon A Line est le jeu que vous attendiez sans le savoir !
Once Upon A Line est un jeu de William Aubert et Dan Thouvenot, édité par Perte & Fracas et illustré par plein de monde.
🎲 Pour combien de joueurs ? 1 ou 2 (idéalement 2, mais surtout pas plus).
🧑🧑🧒🧒 À partir de quel âge ? Dès 14 ans.
⏳ Durée des parties ? Entre 3 et 4 heures.
Comment y joue-t-on ?
La première chose qui surprend à l’ouverture de la boîte, c’est de tomber sur des feuilles cartonnées recouvertes d’une pellicule identique à celle des tickets à gratter de la Française des jeux. Et pour cause, le principe est exactement le même, à ceci près qu’ici, on ne gratte pas pour gagner (ou plus souvent perdre) de l’argent, mais pour vivre une aventure.
Once Upon A Line est un jeu narratif composé de cinq scénarios qui s’enchaînent. Impossible de les aborder dans le désordre, l’histoire évoluant d’un chapitre à l’autre. Bonne idée de la part de l’éditeur d’avoir inclus un prologue. Il permet à la fois de s’immerger progressivement dans l’univers du jeu et de se familiariser en douceur avec ses mécaniques.

Car Once Upon A Line, ce n’est pas qu’un concept ludique, c’est avant tout un récit. Vous y incarnez des héros dans un monde postapocalyptique où une pandémie a éradiqué tous les mammifères et ovipares à la surface de la Terre, à l’exception de quelques humains. Les insectes, eux, ont prospéré, devenant les nouveaux prédateurs après avoir grandi jusqu’à dépasser l’homme en taille. Seule l’existence d’une substance chimique présente dans le sol permet de les rendre dociles et d’exploiter leurs capacités afin de pallier le déclin technologique de l’humanité.
Chaque chapitre se compose d’une grande grille cartonnée à gratter et d’une cinquantaine de cartes qui portent le récit. Ces cartes contiennent des mots-clés qu’il faut retrouver sur la grille en grattant les cases, à l’aide d’indices disséminés dans le texte ou directement sur la grille. Les trois héros incarnés au cours d’une partie permettent de gratter un certain nombre de cases en ligne droite grâce à des gabarits, et peuvent évoluer afin de débloquer d’autres formes de grattage ou des capacités spéciales. Lorsqu’un mot-clé est découvert, il déclenche souvent la pioche d’une nouvelle carte, révélant à son tour d’autres mots à chercher, et ainsi de suite.
Impossible toutefois de gratter l’intégralité de la grille. Un système de fatigue simule l’épuisement progressif des héros au fil de l’aventure. Une fois la limite de temps atteinte, le jeu vous mène directement à la conclusion du scénario, ou vous autorise à continuer au prix de lourds malus sur le score final. Plus vous aurez été efficace, plus celui-ci sera élevé. Chaque chapitre est également ponctué d’une ou deux énigmes, dans un esprit très « Père Fouras ».

De nouveaux héros apparaissent au fil de l’histoire et peuvent être incarnés dans les chapitres suivants. Les choix que vous faites, les mots que vous découvrez (ou manquez) influencent la direction du récit, ses ramifications et, surtout, l’issue de votre périple.
Enfin, le jeu propose déjà trois extensions pour prolonger l’aventure (Les Larmes de Fond, La Transe des Poissons d’Argent et Splendeur & Déchéance), ainsi que des packs de recharge permettant de prêter votre exemplaire (une nécessité, puisque les grilles, une fois grattées, ne sont évidemment pas réutilisables).
Dernier conseil : prévoyez un petit aspirateur de table à portée de main pour éviter que les résidus de grattage ne s’éparpillent partout.
Pourquoi jouer à Once Upon A Line ?
Au-delà de son idée aussi brillante qu’inattendue, Once Upon A Line impressionne surtout par l’ampleur du travail fourni par les auteurs et l’éditeur. Certes, le récit n’est pas toujours simple à suivre, mais la qualité et la densité de l’écriture, autant sur le fond que sur la forme, n’ont rien à envier à une œuvre littéraire plus classique. L’univers est riche, foisonnant, original. L’histoire, soigneusement construite, multiplie les embranchements et les fins possibles. Cette profusion a toutefois un revers : entre les nombreuses factions, les personnages et la complexité générale du monde, il est facile de s’y perdre.
D’autant plus que le jeu ne se prête pas vraiment à des sessions rapprochées. Chaque scénario est long, très long, même. Comptez entre trois et quatre heures pour en venir à bout de chacun d’eux. Un système de sauvegarde simple permet bien d’interrompre une partie, mais, une fois qu’elle est lancée, il devient difficile de décrocher. On se surprend à chercher les mots, gratter les cases avec frénésie, presque instinctivement. Mais on aurait préféré des chapitres plus courts, ou au minimum un point de pause clairement identifié en milieu de scénario. À défaut, les différents chapitres s’espacent parfois sur plusieurs jours, ce qui rend la compréhension du récit encore plus ardue. D’autant plus que l’univers est entièrement original, sans repères narratifs familiers auxquels se raccrocher.
Sur le plan technique, en revanche, le jeu est quasiment irréprochable. Une fois les mécaniques assimilées (notamment grâce au prologue, qui fait office d’excellente mise en jambes), la recherche de mots dans la grille devient naturelle. La pellicule à gratter est suffisamment résistante pour ne pas s’abîmer au moindre geste, tout en restant agréable à gratter grâce au grattoir fourni. Le plaisir tactile est réel, presque jubilatoire, à mesure que la grille se dévoile. On regrette toutefois que, contrairement à de véritables mots croisés, certaines lettres puissent être adjacentes sans former de mot.
Attention néanmoins, Once Upon A Line peut aussi se montrer frustrant. Contrairement à un roman, le jeu ne vous livrera pas toutes les clés de votre aventure. Impossible d’explorer l’intégralité des grilles, de suivre toutes les ramifications du récit ou de remplir toutes les missions secrètes disséminées ici et là. La difficulté augmente rapidement, et l’on passe parfois beaucoup de temps à cocher des cases inutiles. Et, malgré un système d’amélioration des héros simple et bien pensé, on tombe trop souvent sur des éléments qui ne servent finalement à rien.

Signalons enfin la grande qualité des énigmes qui jalonnent l’aventure, toujours cohérentes et bien intégrées. On aurait vraiment aimé en croiser davantage. On salue également la beauté des illustrations, qui contribuent pleinement à l’immersion.
Malgré ces défauts, il est impossible de ne pas saluer l’originalité et l’ambition de Once Upon A Line. Si vous appréciez les jeux narratifs et que les longues sessions ne vous effraient pas, foncez. De notre côté, on espère retrouver ce système et cette qualité d’écriture dans un univers plus accessible… et des parties plus courtes.
Vous aimerez Once Upon A Line si vous aimez…
- Les jeux narratifs
- Les jeux en solo ou en duo
- Les jeux de grattage… mais sans le gros lot potentiel au bout
- Les livres dont vous êtes le héros
En bref

Once Upon A Line
Voir la ficheOn a aimé
- L’originalité du principe
- Le plaisir de gratter
- La qualité d’écriture
- Les superbes illustrations
On a moins aimé
- Une histoire pas facile à suivre
- De grosses sessions de jeu
- Quelques moments frustrants
- Mieux vaut jouer avec un aspirateur à ses côtés
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