Blizzard a décidé de poursuivre en justice Bossland GmbH, un studio de développement allemand à l’origine de bots conçus pour jouer de manière automatique sur World of Warcraft, Heroes of the Storm ou Diablo 3.

C’est au début de ce mois de novembre que Blizzard a voulu intenter un procès au développeur James Enright (alias Apoc). Apoc était considéré en premier lieu comme le créateur de Stormbuddy, un bot permettant de faire jouer automatiquement son personnage dans Heroes of the Storm. Il s’est avéré que James Enright n’était en réalité qu’un développeur freelance de la société Bossland GmbH. Le studio est aussi derrière la création d’autres bots comme Honorbuddy et Demonbuddy, des intelligences artificielles destinées respectivement à World of Warcraft et Diablo 3.

Bossland GmbH a donc déclaré être l’auteur de ces bots, une information que Blizzard est censée savoir selon Zwetan Letschew, CEO de Bossland GmbH : « Activision Blizzard est parfaitement au courant que Bossland GmbH, et non Apoc, est le propriétaire intellectuel de Honorbuddy, Demonbuddy et Stormbuddy, puisqu’il y a actuellement 6 poursuites judiciaires en cours en Allemagne. »

heroes_of_the_storm___heroes_wallpaper_1920x1080_by_darxotv-d7v89xp-1

Blizzard obtient le code source de Stormbuddy

Devant la menace juridique du grand Goliath, Bossland GmbH aurait donc conseillé à James « Apoc » Enright d’effectuer un accord à l’amiable avec Blizzard, afin d’éviter tous les désagréments que peuvent impliquer une poursuite judiciaire quand on est un simple développeur face à un géant du jeu vidéo. Petit bémol, l’une des clauses de cet accord stipule qu’Apoc fournisse à Blizzard le code source de Stormbuddy, qui n’est donc pas sa propriété mais celle de Bossland. Devant la nouvelle Zwetan Letschew ne tarde pas à riposter.

« Aujourd’hui, Blizzard a agi d’une manière aussi véreuse que possible pour une société valant plusieurs milliards de dollars. Nous avons été informés que l’accord demandait à Apoc de soumettre l’intégralité du code source de Stormbuddy, qui est actuellement la propriété intellectuelle de Bossland GmbH. Nous comprenons qu’Apoc n’avait pas d’autre choix que d’accepter, ou de passer de nombreux mois, probablement des années, à se battre personnellement contre une société qui pèse des milliards.

Blizzard possède désormais l’intégralité du code source de Stormbuddy. Il n’y a eu aucune permission donnée par Bossland GmbH, nous n’avons pas été contactés par Activision Blizzard, ni n’avions donné le droit à Apoc de livrer notre propriété intellectuelle. Ils – une compagnie multimilliardaire – ont obtenu le code source en menaçant un indépendant avec une poursuite judiciaire s’il ne coopérait pas. », déclare le CEO.

Pour le moment, Bossland a stoppé la vente de Stormbuddy ainsi que son développement. Les autres bots sont toujours disponibles.

Bossland GmbH riposte

Letschew a donc annoncé son intention d’engager des poursuites contre Blizzard afin d’obtenir une copie de l’accord à l’amiable passé entre l’éditeur et James Enright, afin d’établir sous quelles conditions le code a été fourni. Pour le moment, Bossland a stoppé la vente de Stormbuddy ainsi que son développement. Les autres bots, eux, sont toujours disponibles pour des prix allant de 2,98€ à 59,98€ selon l’usage que l’on souhaite en faire. Blizzard s’est également exprimé à propos de cette affaire et déclare : « Nous continuerons de défendre de façon agressive nos jeux et nos services, dans les limites de la loi, afin de fournir la meilleure expérience possible à nos joueurs. Nous voulons utiliser ceci comme une opportunité pour rappeler aux joueurs qui ne seraient pas au fait qu’utiliser des bots, comme ceux qui sont distribués par Bossland, pour lancer une partie automatique de nos jeux va conduire à la perte d’accès à ces jeux ».

Découvrez les bonus

+ rapide, + pratique, + exclusif

Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.

Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci

Il y a une bonne raison de ne pas s'abonner à

Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.

Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :

  • 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
  • 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
  • 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.

Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Vous voulez tout savoir sur la mobilité de demain, des voitures électriques aux VAE ? Abonnez-vous dès maintenant à notre newsletter Watt Else !