Les fournisseurs d'accès à Internet actifs en Turquie ont levé le blocage de Wikipédia le 15 janvier, trois semaines après le verdict de la cour constitutionnelle.

C’est l’épilogue d’une censure qui courrait depuis deux ans et demi. Le 15 janvier, l’accès à Wikipédia a été restauré en Turquie, près de trois semaines après le verdict décisif rendu par la cour constitutionnelle turque, qui a assimilé cette situation à une violation du droit à la liberté d’expression. Hasard du calendrier, cette levée du blocage est survenue le jour du dix-neuvième anniversaire de Wikipédia.

Selon NetBlocks.org, qui fournit un observatoire de la liberté d’accès à Internet, tous les fournisseurs d’accès à Internet présents en Turquie — de Vodafone à Türksat Kablo, en passant par Milleni, Turkcell et Demimoren — offrent un accès sans restriction à l’encyclopédie libre et collaborative. Le retour à la normale a pris quelques heures, certains opérateurs ayant été plus prompts à rouvrir l’accès au site.

Netblocks Turquie
Le dernier point de situation de NetBlocks dans la journée du 15 janvier 2020. // Source : Netblocks

Satisfaction de Wikimédia

La fondation Wikimédia a fait part de son immense satisfaction de voir que tout est en train de rentrer dans l’ordre. «  Nous sommes ravis d’être réunis avec le peuple turc », a lancé la directrice exécutive de l’organisation, Katherine Maher. La version turque de Wikipédia est l’une des déclinaisons les plus actives de l’encyclopédie, avec plus de 330 000 articles au compteur.

Le blocage de Wikipédia a débuté au printemps 2017, à cause d’un désaccord entre les autorités et la fondation Wikimédia sur le contenu de l’encyclopédie en ligne. En effet, Ankara n’a pas apprécié le maintien de passages suggérant la complaisance de l’État turc avec des organisations terroristes. Mais le 26 décembre, après 991 jours de censure, la cour constitutionnelle y a mis un terme.

Wikipédia turquie
La version turque de Wikipédia compte plus de 330 000 articles.

Loin d’être inactive, Wikimédia a déposé plainte devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) en mai 2019. Elle a aussi reçu le soutien de la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe en novembre. L’action est partie pour se poursuivre, malgré la levée du blocage. Wikimédia explique au passage examiner avec attention la décision de la cour constitutionnelle.

«  Notre affaire à la Cour européenne des droits de l’Homme est toujours en cours d’examen par la Cour. Nous avons déposé une requête devant elle au printemps de l’année dernière et, en juillet, l’instance a accordé à notre affaire un statut prioritaire. Nous continuerons à plaider en faveur de solides protections de la liberté d’expression en ligne en Turquie et dans le monde entier », conclut Wikimédia.

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