Un amendement proposant d'éjecter Google comme moteur de recherche par défaut sur Android et iOS ne sera finalement pas soutenu par le gouvernement. Par le biais du ministère de la justice, celui-ci a pourtant demandé aux députés qui en sont à l'origine de le retirer pour co-écrire ensemble une nouvelle version.

La perspective de voir inscrite dans la loi une disposition permettant d’exclure Google comme moteur de recherche par défaut dans les smartphones fonctionnant avec iOS ou Android est en train de s’éloigner à grands pas. En tout cas, le gouvernement ne va pas lui donner sa bénédiction : en effet, l’amendement proposé par des députés de la République en Marche n’aura pas le soutien de l’exécutif.

Une désapprobation que les élus concernés ont accueilli avec surprise, car ils avaient pourtant accepté de retirer une précédente version de l’amendement pour en fournir une nouvelle, coécrite par les élus et le ministère de la justice. Selon Carl Meeus, le rédacteur en chef du Figaro Magazine, « certains élus soupçonnent des pressions de Google à l’origine de ce recul ».

Il est vrai que si l’on regarde la situation actuelle, qui d’autre que Google pourrait avoir intérêt à faire du lobbying contre cet amendement ? C’est son moteur de recherche qui est déployé par défaut dans les systèmes d’exploitation mobiles. C’est lui qui est évoqué, en filigrane, dans l’amendement. Et c’est lui,  de très loin, qui a le plus gros à perdre dans cette histoire : sa part de marché en France dépasse en effet les 90 %.

Selon nos informations, Google est aussi pointé du doigt parmi les connaisseurs du dossier comme le responsable de cette situation. Il y a eu un « gros lobbying de Google pour éviter que les usagers puissent faire facilement des recherches sans filer leurs données sur mobile », nous indique-t-on. Donc, l’exécutif va s’opposer à l’amendement qu’il avait pourtant accepté de retravailler via un de ses ministères.

La proposition du député Eric Bothorel, principal signataire de l’amendement, consiste à évincer les moteurs de recherche qui « collectent et conservent tout ou partie des requêtes associées à des données personnelles de l’utilisateur », causant de fait une « intrusion dans la vie privée ». L’objectif est de les écarter des options de paramétrage réglées par défaut dans les smartphones vendus en France.

À la place, les constructeurs auraient le devoir de « proposer, par défaut, le choix d’un service qui ne collecte et ne conserve pas de données personnelles associées aux recherches effectuées ». Plusieurs solutions existent déjà : Qwant, Framabee, DuckDuckGo et StartPage par exemple. Naturellement, les internautes qui le souhaiteraient pourraient aussi modifier les réglages de leur smartphone et remettre Google.

L’amendement a été déposé dans le cadre du projet de loi relatif à la protection des données personnelles.

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