La guerre en Iran aura bouleversé l’économie mondiale. Si le fragile cessez-le-feu acté le 8 avril 2026 laisse entrevoir une trêve dans la crise de l’énergie, certaines de ses conséquences les plus durables se dessinent peut‑être dans la manière dont les géants de la tech vont repenser la conception de leurs datacenters. C’est en tout cas la vision de Brad Smith, président de Microsoft.

Nous sommes le 7 avril 2026, quelques heures seulement avant la signature annoncée du cessez‑le‑feu, et les ultimes menaces sont brandies entre l’Iran, les États‑Unis et Israël.

Côté iranien, on menace notamment de faire exploser les datacenters d’OpenAI liés au projet Stargate, localisé à Abu Dhabi. Un projet de 500 milliards d’euros, devenu un levier de pression dans les négociations et le symbole d’une nouvelle dimension qu’a prise la géopolitique du cloud durant ce conflit.

Les datacenters ont régulièrement fait l’objet de menaces de la part de l’Iran, qui a clairement exprimé son intention de frapper les géants de la tech américaine implantés dans la région, accusés de servir l’appareil militaire de Washington.

Les centres de traitement de données d’Amazon avaient d’ailleurs fait les frais de la guerre, après avoir été percutés par des « objets » tombés du ciel. Autant d’événements qui ont amené Brad Smith, président de Microsoft, à appeler à une nouvelle approche dans la sécurité de ces infrastructures.

Brad Smith dans les locaux de Microsoft à Seattle le 5 mars 2026 // Source : Fawzi Ammache
Brad Smith dans les locaux de Microsoft à Seattle le 5 mars 2026. // Source : Fawzi Ammache

Vers des datacenters bunkerisés ?

Interrogé par le média japonais Nikkei, Brad Smith appelle à un changement brutal de paradigme : « En 2022, on était surtout centrés sur la dimension cyber, qui demeure importante. Mais ces dernières semaines, pour la première fois, nous avons vu l’utilisation de drones et de missiles pour cibler des datacenters. »

Pour lui, ce passage des cyberattaques aux missiles doit transformer la manière de protéger les infrastructures numériques d’un pays.

« Les datacenters sont des infrastructures civiles », insiste‑t‑il. « Il devrait y avoir, à mon avis, de fortes règles internationales pour encourager leur protection. »

Selon le dirigeant, ces attaques physiques ne sont pas des épisodes anecdotiques liés à un conflit précis, mais le début d’une nouvelle réalité pour le cloud mondial. Microsoft, qui s’est déjà fortement renforcé contre les cyberattaques, doit désormais intégrer dans sa réflexion la possibilité de frappes directes sur des sites matériels.

« Cela aura une influence sur la conception et la construction des datacenters », reconnaît‑il. « Et cela ne sera pas la même chose partout dans le monde. »

Autrement dit, tous les centres de traitement de données ne deviendront pas des bunkers, mais Microsoft prévoit déjà des architectures plus robustes, dans les zones à risque géopolitique.

Un contexte de guerre permanente pour le cloud

Brad Smith évoque aussi une collaboration accrue avec les gouvernements, là où la relation était surtout centrée sur la régulation, la fiscalité ou la souveraineté des données ; elle tend désormais à intégrer la sécurité physique des hyperscales dans la balance.

Microsoft n’a pas encore été directement touché par une attaque de ce type, mais l’entreprise est au cœur de cette menace. Depuis 2025, le géant a annoncé une expansion massive de son empreinte de datacenters, avec des investissements soutenus par des fonds souverains du Moyen‑Orient.

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