Le 31 mars 2026, X est en effervescence. Anthropic aurait exposé par erreur l’intégralité du code source de Claude Code.
Rapidement, des comptes mettent à disposition le fichier incriminé, et en quelques heures celui-ci est téléchargé, copié et redistribué des dizaines de milliers de fois sur GitHub. Certains dépôts cumulent rapidement plus de 84 000 étoiles et des dizaines de milliers de copies.
Le contenu de la fuite exacerbe l’enthousiasme : plus de 513 000 lignes de code réparties sur près de 1 906 fichiers, révélant l’architecture interne de l’agent, ses mécanismes de permissions, ses systèmes de mémoire et des dizaines de fonctionnalités expérimentales dont une vingtaine n’avaient encore jamais été évoquées.
Depuis, Anthropic a bien tenté de limiter les dégâts via des notices visant à imposer le retrait immédiat des copies, mais le code circule très largement sur des centaines de dépôts publics.


Problème, le dernier rapport de Zscaler démontre que l’engouement suscité chez les développeurs curieux, chercheurs, ingénieurs voulant tenter une rétro-ingénierie du code, n’a pas échappé aux cybercriminels.

Les hackers ont su profiter de l’engouement
En surveillant GitHub, les analystes de ThreatLabz ont identifié un dépôt publié par le compte idbzoomh, présenté comme une version améliorée du code source de Claude Code. La documentation affirme par exemple que le fork (une version dérivée) est enrichi de certaines fonctionnalités et que les limites de messages ont été supprimées.
Le dépôt n’est pas passé inaperçu, les chercheurs l’ont retrouvé directement dans les résultats Google en tapant « leaked Claude Code ».
Glissé au milieu des différents fichiers se trouvait une archive contenant un programme conçu pour installer discrètement des logiciels malveillants sur la machine d’installation : Vidar v18.7 et GhostSocks.
Vidar est un infostealer bien connu, capable d’aspirer identifiants, cookies de session, données de portefeuilles crypto et captures d’écran. GhostSocks, lui, transforme la machine compromise en proxy réseau, utile notamment pour faire transiter du trafic frauduleux via l’adresse IP de la victime.
Le pirate veillait par ailleurs à régulièrement mettre à jour l’archive pour contourner les mesures de protection de GitHub. Un second dépôt identique, hébergé sous un compte différent mais portant la signature du même hacker, a également été identifié par les chercheurs de Zscaler.
L’engouement comme vecteur d’attaque
Selon le média britannique The Register, le 2 avril 2026, au moins deux dépôts de code source de Claude Code, infectés par un cheval de Troie, restaient disponibles sur GitHub, et l’un d’eux comptait 793 forks et 564 étoiles d’appréciation.
Évidemment, ce n’est pas la première fois que des acteurs malveillants exploitent un événement à forte résonance pour mener des campagnes cybercriminelles.
Qu’il s’agisse d’une fuite, d’une sortie très attendue ou d’un produit présenté comme exclusif, l’effet de rareté ou de curiosité fonctionne, y compris dans la communauté tech.
Le blog de Zscaler inclut une liste complète d’indicateurs de compromission : URLs des dépôts malveillants, et adresses des serveurs de Vidar et GhostSocks. N’hésitez pas à le consulter et, comme toujours, soyez vigilant quant aux fichiers que vous téléchargez.
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