Des chercheurs en informatique de l'Université de Washington ont mis un point le prototype d'un téléphone sans batterie. Plus proche du talkie-walkie que du smartphone en vogue, l'objet exploite l'énergie fournie par les vibrations des appels. Ce prototype de téléphone mobile sans batterie ressemble à un talkie-walkie

La dernière trouvaille de l’Université de Washington va-t-elle sonner le glas des bonnes vieilles batteries de nos smartphones ? Des informaticiens de la prestigieuse U-Dub — le surnom donné par les étudiants de l’établissement — viennent de concevoir le prototype d’un téléphone sans batterie.

Oui, vous avez bien lu : plus besoin de chargeur, cet appareil fonctionne en continu grâce aux ondes radioélectriques et lumineuses qui vous entourent.

Pour créer cet appareil dénué de batterie, les informaticiens se sont penchés sur le processus le plus gourmand en puissance des téléphones : la conversion des signaux audio analogiques en données numériques. Selon les chercheurs, « ce processus consomme tellement d’énergie qu’il est devenu impossible de concevoir un téléphone capable de s’appuyer sur des sources ambiantes d’alimentation. »

Mark Stone / University of Washington

L’énergie vient des vibrations pendant un appel

Afin de se débarrasser de ce processus consommateur d’énergie, les universitaires ont choisi d’utiliser les vibrations du microphone et du haut-parleur du téléphone, qui se produisent lorsqu’une personne parle ou écoute pendant un appel.

Une antenne, connectée à ces composants, utilise alors les vibrations pour coder les signaux entrants et sortants lors de l’appel. Toutefois, la technique présente une limite : le téléphone n’est pas capable d’envoyer et de recevoir en simultané des sons. Son utilisateur doit maintenir un bouton pour chaque action, ce qui rend l’objet plus proche du talkie-walkie que du dernier smartphone à la mode.

Pour l’instant, ce téléphone sans batterie puise son énergie à partir des signaux radio d’une station émettrice, et d’une cellule solaire intégrée. Néanmoins, les universitaires sont optimistes, et pensent que de telles stations pourraient un jour être installées sur des antennes-relais ou des routeurs Wi-Fi.

En attendant ce jour, d’autres chercheurs se sont penchés sur la durée de chargement des batteries de téléphone. À l’Université de Floride, on mise plutôt sur la création d’un prototype rechargeable en quelques secondes, et autonome pendant toute une semaine — mais, là encore, la technologie n’en est qu’à ses balbutiements.

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