La municipalité de Bodegraven (Pays-Bas) teste des lumières de circulation installées sur le trottoir pour assurer la sécurité des piétons rivés sur leurs smartphones avant de traverser. L'initiative déplaît à la sécurité routière.

Comment assurer la sécurité des piétons qui traversent de manière imprudente parce qu’ils ont les yeux rivés sur leur smartphone ? La municipalité de Bodegraven, aux Pays-Bas, a peut-être trouvé la solution en installant un dispositif de circulation à même le sol.

Ces barres lumineuses en cours de test, intitulées +Lichtlijn, sont pour l’instant installées à une unique intersection, particulièrement stratégique puisqu’elle est située près de plusieurs écoles de cette ville de 19 000 habitants. Le dispositif complète les feux de circulation traditionnels, auxquels il est directement synchronisé.

Omroep West

« Encourager les mauvais comportements »

Pour Kees Okam, conseiller municipal de Bodegraven, cette initiative s’imposait face au comportement des « piétons zombies » : « Les réseaux sociaux, les jeux, WhatsApp et la musique sont autant de distractions qui empêchent de se concentrer sur la circulation. Nous ne mettrons sans doute pas fin à cette tendance mais nous pouvons au moins anticiper ces problèmes. »

Cette mesure expérimentale fait déjà l’objet de critiques de la Veilig Verkeer Nederland, la sécurité routière néerlandaise, qui affirme par l’intermédiaire d’un porte-parole : « C’est une façon d’encourager les mauvais comportements. » HIG Traffic Systems, la société locale à l’origine du dispositif espère pour sa part réussir à le vendre à d’autres municipalités.

Les Français, champions de la traversée au feu rouge

Si ce genre de dispositif lumineux n’est pas nouveau — l’Allemagne avait déjà déployé un système similaire en avril, tout comme l’Australie en mai — le modèle néerlandais semble visuellement plus efficace que ses prédécesseurs.

Reste que la traversée au feu rouge reste avant toute une affaire culturelle comme vient de le démontrer l’étude comparative de scientifiques menée par Cédric Sueur, biologiste CNRS à l’université de Strasbourg. Ils ont établi que 41,9 % des Français ont tendance à traverser au rouge en présence d’autres piétons contre seulement 2,1 % des Japonais.

Le chercheur en conclut : « Le Français est moins dans le respect des règles. C’est son côté libre. Du coup il décide de traverser quand il en a envie. En France, on se soucie peu du regard social ».

Partager sur les réseaux sociaux