En vue de mieux lutter contre les fake news, la Commission européenne lance une consultation publique en ligne. Quelles mesures sont à préconiser ? Quels acteurs du numérique sont les plus à même de résoudre le problème ? Les réponses pourraient influer sur la future politique de l'Union européenne en la matière.

Comment distinguez-vous des informations vérifiées des fake news ? Quelles sources ou quels relais d’information vous paraissent les plus fiables ? Les outils de signalement d’un faux article sont-ils utiles ? C’est grâce à ce genre de question, telles qu’elles sont posées aux internautes, que la Commission européenne entend mieux lutter contre le fléau des fake news.

Elle vient en effet de lancer une consultation publique en ligne jusqu’au 28 février 2018, afin d’« évaluer l’efficacité des actions » entreprises par Facebook, Twitter et Google, et, si besoin, de les « appliquer à plus grande échelle ». Les dérives de ces géants web sont de plus en plus pointées du doigt, certains étant accusés d’avoir potentiellement influencé le résultat de certaines grandes échéances politiques — comme la présidentielle américaine de 2016 — en relayant de tels contenus mensongers.

La Commission européenne propose donc deux questionnaires, l’un adressé aux citoyens, l’autre aux « personnes morales et journalistes » (qui leur pose globalement les mêmes questions tout en les interrogeant sur le type de sujets d’actualité les plus touchés par les fake news).

L’une des questions posées dans la consultation

La consultation entend déterminer qui est le plus « responsable »

Les questions visent autant à déterminer quelles pratiques déjà mises en place sont jugées efficaces et à prospecter celles qui pourraient être envisagées à l’avenir — dont une meilleure rémunération des « médias […] fiables » ou la mise en avant de ce type de contenu —  qu’à déterminer qui a le plus grand rôle à jouer dans cette lutte.

S’agit-il des pouvoirs publics, tels que l’Union européenne ou les gouvernements nationaux ? Des géants comme Facebook ou Twitter ? Des médias en ligne ? Ou des citoyens ? Enfin, les pouvoirs publics doivent-ils agir au niveau « mondial », européen, «  national/régional » ou rester inactifs ?

Selon les réponses recueillies, la Commission européenne pourrait bénéficier du soutien de l’opinion publique, qui lui serait bien utile pour peser contre les géants du web, qui se dédouanent au maximum de leur influence en la matière au motif qu’ils ne sont pas des médias.

La Commission européenne recourt occasionnellement à ce genre de consultation publique : elle l’a notamment fait en avril dernier pour connaître les préoccupations majeures de ses citoyens en matière de numérique. Les résultats concernant les fake news seront publiés fin février 2018, juste après la fin de la consultation.

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