Rhee Cheol-hee, député du parti Démocrate, au pouvoir en Corée du Sud, affirme que nombreuses données militaires sensibles auraient été dérobées par des hackeurs nord-coréens. Ce piratage aurait permis de dérober plus de 253 Go de données, parmi lesquelles des plans d'attaque et de défense élaborés conjointement avec Washington.

Après avoir reçu un rapport crucial du ministère de la défense, Rhee Cheol-hee, député du Parti démocrate au pouvoir en Corée du Sud, a dû détailler les enjeux de cette révélation : le Centre de données intégré de la défense (DIDC) aurait été infiltré par des hackeurs nord-coréens en septembre 2016.

Séoul voit en effet dans cette attaque massive opérée contre ses infrastructures militaires une opération en provenance du régime de Kim Jong-un. Selon Rhee, les données piratées incluent des plans et des processus militaires sensibles envisagés par la Corée du Sud contre la Corée du Nord.

En outre, les plans volés détailleraient aussi des tactiques et méthodes américaines puisque les plans opérationnels dits 5015 et 3100, élaborés par Washington et Séoul, auraient été corrompus par le piratage.

Pyongyang, 2007
CC. stephan

Plus de 253 Go de données concernées

Le premier, dit OPLAN 5015, prévoit une réponse des deux puissances contre le Nord en cas de guerre totale, comprenant un plan de destruction de la tête du régime communiste ;  quant au second plan, dit OPLAN 3100, il prend la forme d’une méthode de réponse à des attaques localisées.

Si ces deux plans ont été cités spécifiquement par le député, en tout, ce serait plus de 253 Go de données militaires qui auraient été touchées, dont 80 % restent encore à déterminer selon la défense coréenne. En outre, les données s’attacheraient également à la défense des infrastructures critiques, la localisation des bases militaires et la protection des réseaux électriques. Stratégiquement, les pertes du Sud sont colossales.

L’attaque a été attribué par le ministère à la Corée du Nord. Le régime de Kim Jong-un aurait réalisé de multiples autres attaques similaires ces cinq dernières années, s’appuyant sur une myriade de hackeurs parfois étrangers payés par Pyongyang. En mai dernier, les enquêteurs coréens avaient déjà conclu à une intrusion du Nord dans le réseau intranet de l’armée.

Ce contexte d’insécurité numérique s’est étendu aux entreprises et infrastructures du sud de la péninsule, forçant Séoul à investir dans sa cyberdéfense, notamment avec l’aide de Washington. Yonhap, agence de presse sud-coréenne, ajoute que le Nord a déjà nié toute responsabilité dans l’attaque dénoncée par Séoul.

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