La France était encore rétive à l'intégration d'armes sur ses drones déployés au Sahel. Mme Parly, Ministre des Armées, a annoncé que l'armée hexagonale s'inscrira dans la suite des États-Unis, d'Israël ou encore de l'Arabie Saoudite. Téléguidés depuis les bases, les drones pourront frapper depuis le ciel.

Jusque-là, les Reaper américains utilisés par la France dans le Sahel se contentaient de servir au renseignement militaire. Les drones armés développés par les États-Unis restaient une arme des alliés que la Défense préférait laisser à d’autres.

Tir guidé et opération brève

Toutefois, ce mardi, la Ministre des Armées, Mme Parly, a annoncé aux universités d’été de la défense que la France franchira ce cap et armera progressivement ses Reaper déployés au Sahel.

Un MQ-9 Reaper lors d’une célébration américaine, Novembre 2010. / CC. U.S. Air Force photo — Master Sgt. Robert W. Valenca.

Il ne s’agit pas de drones tueurs dans la mesure où ils ne sont pas autonomes, mais bien d’appareils de la taille d’un petit avion, téléguidés depuis le théâtre extérieur de Niamey au Niger. Ils sont au nombre de cinq sur la station du Sahel et seront progressivement armés par les États-Unis qui fournissent à l’allié français les appareils également utilisés par l’Italie ou encore le Royaume-Uni.

Pour l’État major, les appareils permettront de baisser le coût des opérations extérieures et permettront de rentabiliser un dispositif de renseignement critiqué pour son coût. Sans arme, les Reaper repèrent des cibles qui sont ensuite attaquées par l’aviation française, doublant de facto le coût d’une opération.

« Cette décision ne change rien aux règles d’usage de la force, au respect du droit des conflits armés  »

Sachant la question sensible, Mme Tarly tente de faire œuvre de pédagogie en insistant sur le fait qu’il ne s’agit pas de robots tueurs. Ils seront en effet téléguidés par des soldats et non automatiques. La Ministre ajoute : « Cette décision ne change rien aux règles d’usage de la force, au respect du droit des conflits armés. Les règles d’engagement pour les drones armés seront strictement identiques à celles que nous appliquons déjà  »

Technologiquement, la France espère en outre se passer de son fournisseur américain pour adopter le drone européen, le nEUROn de Dassault, réalisé en collaboration avec l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. Jusqu’à l’arrivée de ceux-ci, les Reaper seront les seuls drones armés. Il apparaît qu’ils porteront des missiles air-sol comme le Hellfire américain, à guidage laser ou radar. À terme, des bombes pourraient équiper les véhicules aériens.

Drone tirant un Hellfire / CC. U.S. Navy

La France ayant commandé 12 drones Reaper et n’en ayant reçu que 6 pour le moment, sans armes, les six prochains attendus pour 2019 seront livrés armés. Quant aux six déjà en opération, ils devraient être équipés courant 2020.

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