En Égypte, un bras de fer oppose Uber au gouvernement, comme le révèle le New York Times. La firme américaine résiste face aux pressions du gouvernement, désireux d'accéder à ses données comme à celles de son concurrent régional, Careem.

Si ce n’est pas Uber, ce sera Careem : l’ultimatum du gouvernement égyptien adressé à la direction de la société de VTC basée à San Francisco n’a pas suffi. Uber est prévenu : s’il ne fournit pas les données de localisation de ses clients à l’État, Careem, son concurrent oriental, bénéficiera d’un « traitement spécial  » à l’avenir.

L’Égypte, prête à tout pour les données Uber

La menace n’a pas déstabilisé les Américains qui ont confirmé s’opposer à toute livraisons de données aux autorités locales. Par ailleurs, le concurrent d’Uber n’a pas non plus souhaité répondre favorablement à l’Égypte. Mais ces deux échecs pour le gouvernement laissent présager le passage en force d’une loi qui réquisitionnerait ces données.

Le parlement local doit en effet se prononcer sur une texte qui exigerait la localisation nationale en temps réel des données des firmes de VTC et taxis, ainsi que la saisine de celles-ci par les organes gouvernementaux.

CC. Marwa Morgan

Pour rappel, les données d’Uber comme de ses concurrents sont particulièrement sensibles puisqu’elles associent une localisation en temps réel à une identité. Pour le renseignement égyptien, ces données offriraient un avantage décisif afin de surveiller les opposants dans un pays encore fracturé par l’instabilité politique en vigueur depuis la révolution de 2011.

La loi égyptienne viendrait compléter l’arsenal du renseignement défendu par le président Abdel Fattah Al-Sissi pour lutter contre le terrorisme.

Uber comme Careem tentent actuellement d’imposer au Parlement des amendements pour nuancer la loi à venir, les deux entreprises n’étant pas prêtes à quitter les rives du Nil. Le marché égyptien est effet très solide et en croissance constante.

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