Le réalisateur américain Michael Moore liste une série d'outils sécurisés pour inciter les membres de l'administration Trump à lui faire parvenir toute fuite digne d'intérêt. Le but ? Protéger l'Amérique de la tyrannie.

Donald Trump n’a qu’à bien se tenir : son administration pourrait bien faire l’objet de nouvelles fuites très embarrassantes dans la presse. C’est en tout cas ce qui devrait se produire dans les jours, les semaines et les mois à venir si le plan de Michael Moore se déroule comme prévu.

En effet, le réalisateur américain, qui a acquis une notoriété internationale grâce à des documentaires engagés comme Bowling for Columbine et Fahrenheit 9/11, vient de lancer une page web sur son site personnel dans laquelle il invite les membres de l’administration Trump à lui envoyer toute fuite digne d’intérêt.

CC Michael Vadon

« Bienvenue sur TrumpiLeaks. Ce site met à disposition la technologie de chiffrement la plus performante pour permettre aux lanceurs et lanceuses d’alerte de communiquer en privé avec moi et mon équipe », lit-on sur le site, qui liste au passage des logiciels et des outils sûrs pour envoyer des informations sensibles.

On trouve ainsi les applications Signal et WhatsApp, qui fonctionnent sur Android et iOS, le logiciel Peerio ainsi que la clé publique utilisée par Michael Moore pour envoyer et recevoir des e-mails chiffrés. Une adresse postale est également mise à disposition pour envoyer des documents physiquement, ainsi qu’une adresse e-mail standard — figurant néanmoins sur ProtonMail — pour les discussions moins risquées.

ProtonMail

Les responsables de TrumpiLeaks l’admettent bien volontiers : la confidentialité absolue en matière de fuites gouvernementales n’existe pas (on l’a encore constaté avec l’arrestation de la source probable d’un site de presse américain qui a publié un document interne de la NSA sur les piratages russes lors de l’élection présidentielle aux Etats-Unis. Ce sont les points jaunes de son imprimante qui ont conduit à son identification).

Cependant, « bien qu’aucune forme de communication électronique ne soit sûre à 100 %, les outils que nous utilisons fournissent la technologie la plus sûre possible pour protéger votre anonymat », assure TrumpiLeaks.

« Les patriotes américains dans le gouvernement, parmi les autorités ou se trouvant dans le secteur privé et ayant connaissance de délits, de mensonges et plus généralement d’une mauvaise conduite provenant de Donald Trump et son équipe sont encouragés à nous en toucher un mot au nom de la protection des Etats-Unis de la tyrannie », continue le site.

Les lanceurs et les lanceuses d’alerte ont également la possibilité de se tourner vers une plateforme ad hoc, baptisée  SecureDrop.

SecureDrop
Le site SecureDrop.

Elle est opérée par la Freedom of the Press Foundation, dont le conseil d’administration est composé de personnalités comme John Perry Barlow, le cofondateur de l’Electronic Frontier Foundation, une puissante organisation américaine de défense des libertés dans l’environnement numérique, les lanceurs d’alerte Daniel Ellsberg et Edward Snowden, le journaliste Glenn Greenwald et  la réalisatrice Laura Poitras.

Le principe de SecureDrop ? Réceptionner de manière sécurisée et anonyme tout fichier que des lanceurs d’alerte voudraient transmettre aux médias en toute discrétion. Pour l’heure 24 médias sont associés à SecureDrop, comme Vice, le New Yorker, le Guardian, ProPublica, le Washington Post et The Intercept. Les bases du service ont été développées par l’activiste américain Aaron Swartz, qui a mis fin à ses jours en 2013.

De leur côté, les médias francophones utilisent Source Sûre. Il s’agit en quelque sorte du pendant français de SecureDrop. Le Monde, France TV Info, La Libre Belgique, L’Obs, RTBF, Le Soir, la Radio Télévision Suisse et L’Avenir sont les médias participants.

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