En Arabie Saoudite, le cheikh Saleh Bin Fawzan Al-Fawzan a été amené à donner son opinion radicale contre « une nouvelle tendance » qui pervertirait la jeunesse saoudienne : les photos avec des chats.

On croit d’abord à une blague. Voire à une erreur de The Independant qui se serait fait avoir par une traduction en forme de canular. Mais non. Vérification faite auprès d’un membre arabophone de la rédaction de Numerama, la vidéo du cheikh Saleh Bin Fawzan Al-Fawzan publiée par le journal britannique est bien authentique, et confirme la radicalité implacable de cette figure de la religion musulmane en Arabie Saoudite. Mais surtout, elle prête à rire par la question posée avec gravité au Cheikh lors de cette conférence télévisée.

La personne qui l’interroge lui demande en effet ce qu’il pense de cette « nouvelle tendance de prendre des photos avec des chats », qui se « répand chez des jeunes qui veulent être comme les Occidentaux ». L’homme paraît visiblement inquiet de cette perversion de la jeunesse par des photos de chats, et par l’arrivée possible de la culture du lolcat dans les déserts saoudiens.

Mais le cheikh Saleh Bin Fawzan Al-Fawzan s’étrangle, et coupe sec. « Des chats ? Qu’est-ce que vous voulez dire par des photos avec des chats ? Prendre des photos est interdit. Les chats, ce n’est pas ce qui importe ici ».

«  Ils prennent des photos avec eux, Cheikh. C’est une nouvelle tendance », tente alors de relancer l’interlocuteur, qui n’est que porte-parole. Mais le religieux insiste. « Prendre des photos est interdit, sauf en cas de nécessité. Pas [de photos] avec des chats, avec des chiens, avec des loups ou avec quoi que ce soit ».

La vidéo avait été publiée pour la première fois le 17 avril dernier par le Middle East Media Research Institute, basé à Washington.

L’Arabie Saoudite, un pays connecté sous censure

Selon Internet World Stats, plus de 18 millions de Saoudiens sont connectés à Internet, sur une population totale de plus de 27 millions d’habitants, ce qui représente un taux de connexions relativement élevé, d’environ 66 %. Et même sans doute davantage, puisque ces chiffres datent de 2014. Plus de 12 millions seraient membres de Facebook, où s’échangent probablement de nombreuses photos de chats d’Arabie Saoudite.

Le régime tente ainsi de ne pas couper ses habitants de la modernité, tout en faisant respecter une censure. Ce mois-ci, l’application Facebook Messenger a été coupée dans le pays, officiellement parce qu’elle ne respectait pas les réglementations sur les télécommunications.

Selon Reporters Sans Frontières (RSF), qui classe l’Arabie Saoudite parmi « 13 pays ennemis d’internet », «  la censure se concentre sur les contenus pornographiques, mais elle touche également les sites de l’opposition politique, les publications israéliennes ou celles traitant de l’homosexualité ».

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