Jo Johnson, le Secrétaire d'Etat aux Universités et aux Sciences, vient de dévoiler un rapport pour guider les futures réformes universitaires du Royaume-Uni. Un rapport qui met en avant la possibilité de laisser des entreprises comme Google construire des cursus permettant l'obtention de diplômes officiels reconnus par l'État.

Le rapport « Success As A Knowledge Economy » de Jo Johnson, Secrétaire d’Etat aux Universités et aux Sciences pour le gouvernement Cameron, propose un certain nombre de réformes aux enseignements universitaires britanniques. Avec comme préconisation d’augmenter les frais de scolarité des étudiants et d’augmenter la compétition entre les universités, le rapport du tory Johnson risque de se heurter à des résistances.

Toutefois, au delà des questions sociales pour les étudiants, le rapport apporte dans le débat public une voie de réforme encore inédite dans le système universitaire anglais. Avec la possibilité pour les entreprises de mener en leur sein des formations certifiées par l’État, Jo Johnson invite les sociétés à entrer en compétition avec les universités. Le Secrétaire d’État espère notamment voir Google ou Facebook installer des lieux de formation sur le territoire anglo-saxon.

Il n’y a pas de raisons de protéger les universités en place d’une compétition d’excellence

Une approche très libérale de la formation des étudiants, appuyée par le retard pris par les universités anglaises dans l’apprentissage des compétences nécessaires aux industries technologiques. Une approche pas si lointaine de celle de certaines écoles françaises privées comme l’École 42 de Xavier Niel, une structure d’élite mais non-diplômante soutenue par des entreprises privées, qui forme les futurs employés de la tech en parallèle du système universitaire français.

Jo Johnson
Jo Johnson

La proposition qui devrait plaire aux libéraux et aux entreprises de la tech qui font face à encore à beaucoup d’obstacles pour trouver des travailleurs qualifiés dans les domaines technologiques.

Les opposants aux rapports soulignent l’aveu d’échec du système universitaire face à la compétition internationale, mais qui est assumée par le Secrétaire d’État conservateur, qui précise : «  Il n’y a pas de raisons de protéger les [universités] en place d’une compétition d’excellence. Nous voulons un marché mondialement compétitif qui soutienne la diversité, dans lequel n’importe qui démontrant son potentiel à offrir une excellente éducation et à remplir les critères de qualité pourrait rentrer en compétition avec les institutions universitaires en place.  »

Aucune entreprise n’a encore annoncé son soutien à cette démarche, qui pourrait si elle est votée, ouvrir le système universitaire anglais à de nouvelles formes d’enseignement. En revanche, le rapport attaquant frontalement les conditions de vie des étudiants et la légitimité des institutions universitaires risque d’être longuement débattu avant d’être mis en oeuvre par le gouvernement tory.

Faut-il qu’il inspire des programmes de 2017, en France ?

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