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Un Suédois condamné pour piratage avec Direct Connect

Guillaume Champeau - publié le Mercredi 07 Mai 2008 à 13h05 - posté dans Peer-to-Peer

Un homme de 31 ans a été condamné par la justice suédoise à de la prison avec sursis et une amende pour avoir partagé illégalement des contenus protégés par le droit d'auteur sur Direct Connect, un logiciel de P2P autrefois très populaire, et encore très utilisé par certaines communautés de spécialistes.

A 31 ans, Andreas Karlsson devra payer 54.670 couronnes suédoises (environ 6000 euros), l'équivalent de 40 jours de paye, pour avoir "mis à disposition" environ 4500 fichiers musicaux et plus de 30 films sur Direct Connect, un réseau P2P dont le fonctionnement oblige la plupart du temps les utilisateurs à partager un volume minimum de fichiers pour pouvoir télécharger. Le réseau est en effet organisé en "hubs", des sortes de salon IRC où les utilisateurs discutent et s'échangent les fichiers qu'ils possèdent, en ayant la possibilité de voir l'ensemble des fichiers partagés par chacun. Pour entrer dans un salon, il faut généralement respecter les règles imposées par l'administrateur du hub, qui peut imposer des quotas minimums de fichiers à partager, en volume et/ou en qualité.

Après avoir examiné les faits qui remontent à mars 2006, le tribunal de Linkoeping a estimé que Karlsson était effectivement coupable, et l'a condamné en plus de l'amende à une peine de prison avec sursis. L'homme, pourtant, continue de plaider son innocence. "Le tribunal d'instance n'a pas examiné les preuves techniques", s'insurge Morgan Gerdin, l'avocat du défendeur, qui pointe la faiblesse du relevé d'adresse IP. "Il n'est pas possible de conclure à partir de ces preuves que mon client a partagé des fichiers. Il n'aurait pas dû être déclaré coupable".

La ministre suédoise de la Justice Beatrice Ask s'est félicité de la condamnation, en estimant étrangement qu'avec de telles condamnations, "ce sera plus facile de faire en sorte que les FAI communiquent les informations [d'identification] sur les adresses IP" à l'avenir".

Plus réaliste, l'agence anti-piratage suédoise (Piratbyrà¥n) reconnaît que l'affaire est un cas très particulier et qu'il n'est pas possible d'en faire une victoire générale contre le P2P. "Le jugement n'est pas très intéressant parce qu'il vise un programme de partage de fichiers, Direct Connect, qui n'est plus utilisé par beaucoup de monde", rappelle ainsi Magnus Eriksson, porte-parole du Piratbyrà¥n. "L'amende se base sur le fait qu'il y avait autant de fichiers partagés par cette personne, mais avec les nouveaux programmes de partage de fichiers vous ne pouvez pas voir tous les fichiers qu'une personne décide de partager".

Le seul effet attendu par l'agence anti-piratage est donc de voir les utilisateurs déserter plus encore Direct Connect. Et se réfugier vers les réseaux P2P sécurisés ?

Publié par Guillaume Champeau, le 7 Mai 2008 à 13h05
 
 
11
Commentaires à propos de «Un Suédois condamné pour piratage avec Direct Connect»
 
c'est de plus en plus clair que freenet et consort c'est l'avenir...Je me demande si les gouvernement se rende compte dans quoi ils mettent le doigt en poussant toujours davantage les gens vers ce type de solution...
hmmm... c'est difficile de se faire une idée car aucun detail de l'affaire n'est connu, mais bon étaler "4500 fichiers musicaux et plus de 30 films" sur Direct Connect, c'est quand même chercher les ennuis ! :rougi:
Attention, je ne dis pas que c'est bien fait pour lui, loin de la, moi je suis pour la licence globale, mais la réalité des faits est que partager du contenu protégé par le droit d'auteur est illégal à l'heure actuelle donc il faut bien respecter la loi même si elle est injuste.

Perso, moi je renifle aussi la mauvaise foi de la defense "c'est pas moi, l'IP ne prouve rien, etc..." à 1km, et pourtant comme je l'ai dit, j'ai plutot un préjugé positif pour l'accusé puisque je pense que ce qu'il a fait ne devrait pas être un delit (si c'est effectivement partager entre particuliers et sans profit du contenu protége par le droit d'auteur)... faut pas prendre les gens (et surtout les juges) pour des cons quand même, surtout apres l'affaire Jamie Thomas, la defense "l'IP n'est pas une preuve" ne vaut rien et un a peu à juste titre parce que quand même la probabilité qu'une identification de l'IP accuse faussement quelqu'un est faible :jap:

... et puis 4500 euros par mois c'est pas mal donc il n'en va pas en mourir non plus :wavey:... il a pas pris $9250 par chanson lui au moins :rolleyes:
que ce soit legal nest pas la la question .
La question est de savoir si on est dans un etat de droit ou la presomption d'innocence prime ou dans un pays comme la chine ou tu es presume coupable et tu dois prouver que tu es innocent.
quand a dire que l'ip est une preuve maitresse moi je dis non . ca signifie juste et seulement que cette ip a servie dans le cadre d'un usage illegal et non pas que cette ip en avait connaissance. imaginons le cas du reseau I2P ou plus generalement freenet par exemple il est possible d'en faire un vaste parc de proxy donc par corrolaire une ip du reseau peut a un moment donne servir a un acte delicteux. et il n'y a pas de log possible car ce genre de soft est prevu pour eviter les etats totalitaires .

on pourait faire l'analogie par exemple a un loueur de voiture qui preterais ses voitures de la main a la main sans stocker les informations sur ses clients qui quelqu'un tue quelqu'un en l'ecrasant le loueur serait le coupable ( cest un exemple hein pas une realitee ).
ne parlons meme pas des machines infectees par des virus ou autre malgres la presence de firewall et d'antivirus.
quand a dire que l'ip est une preuve maitresse moi je dis non . ca signifie juste et seulement que cette ip a servie dans le cadre d'un usage illegal et non pas que cette ip en avait connaissance. imaginons le cas du reseau I2P ou plus generalement freenet par exemple il est possible d'en faire un vaste parc de proxy donc par corrolaire une ip du reseau peut a un moment donne servir a un acte delicteux. et il n'y a pas de log possible car ce genre de soft est prevu pour eviter les etats totalitaires .

Ca c'est possible mais il s'agit de Direct Connect ici, pas de Freenet, etc... c'est tres simple : pour que le "client" puisse recevoir les donnees du "server" il doit connaitre son IP, il se trouve que le client etait probablement un policier ou un agent assermenté qui a relevé l'IP du "server" puis qui a demandé au FAI a qui elle appartenait de dire qui etait en train de l'utiliser à telle date/telle heure et le FAI a repondu : Andreas Karlsson.
... alors bien sur on peut imaginer des scenarios extremes pour expliquer qu'en fait ce n'etait pas lui et c'est peut être vrai d'ailleurs... mais c'est tres improbable :shifty:
'Last, le 01/01/1970 - 01:00
... alors bien sur on peut imaginer des scenarios extremes pour expliquer qu'en fait ce n'etait pas lui et c'est peut être vrai d'ailleurs... mais c'est tres improbable :shifty:

Oui, c'est surement lui à 90%, mais le problème c'est qu'il existe une probabilité que ce ne soit pas lui.
Peut-on considérer une IP comme un identifiant d'une personne => NON
Donc ce n'est pas une preuve.

Prenons un exemple, imaginez qu'on dise lors d'un procès pour meurtre:
Ban et bien le cadavre a été retrouvé dans l'immeuble de Mr "LePossésseur", qu'il loue à plein de gens
Bon bas le cadavre a été retrouvé dans son immeuble donc il y a de grande chance que ce soit lui donc on le déclare coupable coupable POINT.

Je trouve que la justice fait souvent mal son travail, => examiner les faits sans prendre partie.
Les juges sont pas con mais des fois un peu j'en-foutiste
'erreur409', le 01/01/1970 - 01:00
Peut-on considérer une IP comme un identifiant d'une personne => NON
Et c'est là qu'on entre en plein paradoxe.
Certains veulent faire reconnaître l'adresse IP comme une donnée personnelle, parce qu'elle est actuellement liée directement au titulaire de l'abonnement à internet (IP X = M. Y). En faire une donnée personnelle permettrait de règlementer la relève automatisée des adresses IP.
D'autres comme toi considèrent (à juste titre à mon avis) que l'IP peut être utilisée par plusieurs personnes, au su ou à l'insu du titulaire de l'abonnement et donc ne peut pas être une donnée personnelle.
Oui, ça serait bien que ce paradoxe soit totalement réglé,
mais d'un autre coté quand je vois avec quelle démocratie (ironie) certains veulent régler ce genre de questions pertinentes ça fait peur.
deux choses .

une adresse ip est une donnee personelle au meme titre qu'un numero de telephone qu'une adresse ou d'autres choses.

par contre

q'une ip soit utilisable par quelqu'un d'autre au meme titre que l'on peut utiliser une ligne telephonique de quelqu'un ou etre plusieurss a habiter dans la meme maison est aussi concevable.

je dirais une choses qui est sur et certaine , un FAI est totalement incapable de dire si le titulaire de la ligne est la personne qui a realisee les actes delicteux.
de meme le fai est incapable de voir si le pc en question est pirate par quelqu'un d'autre.
ces preuves viennent uniquement avec une enquete de la police si ils trouvent des preuves . la conviction personelle du juge na rien a voir la dedant il est la pour juger pas pour interpreter des preuves qui ne sont pas fournies . une presomption nest en aucun cas une preuve.
apres tout depend du degres d'erreur judiciaire quon est pret a tolerer . faut il mieux envoyer en prison ou punir 10 pour cent d'innocent afin de choper 99 pour cent des coupables ou alors reduire le taux d'erreur a 1 point mais rater 10 pour cent de coupables.


mais perso j'ai choisit sans preuve formelle de culpabilitee on ne peut punir si il veulent des preuves cest perquisition inspection de l'ordi etc etc etc 'est fesable mais ca coute cher et cest long mais cest la seule facon raisonable de proceder a mon avis
6000€ pour 4500 chansons et 30 films, je suis pas sûr qu'il aurait payé moins cher en les achetant dans le commerce. Qu'on le veuille ou non, il y a une loi. C'est comme la roulette russe, quoi. Y'en a qui doivent être jaloux, parfois on leur réclame 6000€, mais par morceau. Il s'en tire plutôt bien, s'il gagne 6000€ en 40 jours de travail, il ne devrait pas avoir de mal à payer l'amende.
Quoi qu'il en soit, je trouve imprudent de partager au vu et su de tout le monde des fichiers illégaux, même à l'intérieur d'un système plus ou moins privé. Il se sentait peut-être protégé par l'aspect "confidentiel" de ce réseau?

Rien de plus facile pour les flics de s'infiltrer dans ce genre de site. D'ailleurs on peut se demander pourquoi la taupe n'a choisi qu'un membre alors qu'il aurait pu faire un tir groupé. Si chaque personne partageait 1500 musiques, il y avait certainement du grain à moudre...
Quoi qu'il en soit, je trouve imprudent de partager au vu et su de tout le monde des fichiers illégaux,
C'est l'intérêt de DC justement. A l'epoque où je l'utilisais, certains serveurs demandaient 30 ou 60 Go de partage, ce qui au final faisait une bibliothèque de plusieurs To.

Condamner un utilisateur de DC 3 ans après les faits alors que tout le monde est passé sur Bittorent depuis longtemps, je vois ca comme un ultime soupir...
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