Le Leclerc de Frouard est-il à l'origine de ce soudain revirement de la part d'Apple ? D'après le magazine Challenges, la firme à la pomme aurait mis fin au conflit concernant la commercialisation de l'iPhone en France en abandonnant ses aspirations pécuniaires et approuvant à nouveau l'accord initialement conclu avec Orange.

C’est un retournement de situation remarquable auquel nous assistons aujourd’hui. Selon Gilles Fontaine, rédacteur adjoint au magazine Challenges, Apple et Orange se seraient enfin entendus sur la commercialisation de l’iPhone en France.

Pour rappeler brièvement les faits, Apple avait promis à l’opérateur l’exclusivité de la vente de son téléphone sur le marché français ; du moins, jusqu’à ce que la firme à la pomme s’aperçoive que la législation française la remette en cause. En effet, l’interdiction de vente liée l’obligeait à proposer, en plus de son téléphone aux couleurs d’Orange, un modèle débloqué qui pourrait être utilisable avec n’importe quel opérateur. Apple exigeant d’Orange de lui octroyer 30 % de ses revenus sur ses abonnement iPhone, un téléphone débloqué aurait donc constitué une fuite considérable dans ses revenus.

Pour contourner les contraintes liées à la proscription de vente liée, le système français propose néanmoins aux fabricants un système de subvention afin que ceux-ci gardent la possibilité de se rapprocher d’opérateurs en leur offrant leurs modèles à des prix cassés. Mais Apple refuse de toucher la moindre subvention. A la place, la stratégie de Steve Jobs a été de compenser le manque à gagner en exigeant une plus grande rétribution d’Orange ; c’est le début du conflit ouvert entre les deux opérateurs.

Le désaccord qui en née fait le tour de la presse et remet en question l’arrivée de l’iPhone pour les fêtes de Noël. Face au préjudice commercial causé par une telle rumeur, Didier Lombard, le patron de France Télécom s’était empressé de rassurer les consommateurs en promettant régler ce conflit d’ici fin novembre ; propos auxquels Apple répondait sèchement par un « rien n’a encore été signé ».

Bref, même jusque dans les rangs d’Orange, on commence à douter que l’opérateur ne garde le privilège de la commercialisation du bébé d’Apple ; et le flou qui règne autour de cette sortie a permis à un distributeur sans scrupule de le proposer au prix fort à une franchise de Leclerc à Frouard.

Remarqué par un lecteur de PCInpact et relayé par le magazine, le fait défraie la chronique et arrive jusqu’aux oreilles d’Apple, qui ne manque pas de contacter le responsable rayon à l’origine de cette « exclusivité » afin de lui faire part de son étonnement. Est-ce cela à l’origine du soudain sursaut du groupe de Cupertino, ou la venue au siège la semaine dernière de Didier Lombard ? Peut être ce cas isolé a en tout cas fait prendre conscience à Steve Jobs que le Leclerc de Frouard se verrait bientôt rejoindre par une flopée d’autres enseignes qui se procureront le téléphone par tous les moyens.

Bref, Orange, qui depuis plusieurs semaines faisait du pied à Apple, vient enfin d’y trouver écho. S’il n’avance aucune source, Gilles Fontaine prétend néanmoins avoir eu vent de l’entente entre les deux groupes. C’est une victoire pour Orange puisque le reversement de l’opérateur à Apple resterait à son niveau initialement prévu en juin, à savoir 30 %. Et pour répondre aux exigences de la législation française en la matière, Apple, qui décline toujours toute subvention, proposerait son téléphone « nu » au prix fort aux autres revendeurs, à l’image des 999 € affichés au Leclerc de Frouard.

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