Copie privée : un logo collectif pour (dés)informer massivement

Guillaume Champeau - publié le Mercredi 28 Mars 2007 à 19h30 - posté dans High-Tech

50 organisations de professionnels de la culture et de consommateurs étaient réunies aujourd'hui au Théâtre de l'Athénée Louis Jouvet pour plaider la défense de la copie privée. Elles y ont dévoilé un joli logo tout rose qui, derrière son look sympathique, cache une vérité qui dérange sur le sort réel de la copie privée...

Nous en verserions presque une petite larme. Cinquante organisations, de la Sacem à la Spedidam, en passant par la Ligue de l'Enseignement et Force Ouvrière, étaient présentes ce mercredi au Théatre de l'Athénée Louis Jouvet pour plaider devant un parterre de journalistes l'importance existentielle du droit à la copie privée. Elles ont même créé un logo pour symboliser leur union. Une seule absente de marque, la SCPP (Société Civile des Producteurs de Phonogrammes), qui défend les droits des majors de l'industrie. Toutes étaient réunies pour crier haro contre le projet de la Commission européenne d'interdire aux Etats membres la perception d'une taxe pour copie privée sur les supports vierges. Le système avait été mis en place en 1986 en France, et suivi depuis par 21 Etats membres de l'Union Europénne.

La Commission, influencée par des industriels de l'électronique réunis sous le parapluie de la Copyright Levies Reform Alliance (CLRA), avait en effet caressé l'idée de supprimer cette taxe avant de reculer face aux pressions notamment de Dominique de Villepin. Elle estime qu'une telle taxe est à la fois un obstacle au marché intérieur et crée l'imposition d'un double paiement pour les consommateurs qui achètent des oeuvres sous DRM.

Pour les organisations qui vivent du droit d'auteur, c'est une hérésie. Ils y voient surtout "la disparition de la rémunération pour copie privée au détriment des créateurs, artistes-interprètes et producteurs", et pour beaucoup la disparition de la gestion collective que déteste Bruxelles. Rappelant que 25 % des sommes perçues au titre de la copie privée sont destinés aux aides à la création, à la diffusion du spectacle vivant et à la formation des artistes, les organisations signataires fustigent la Commission. Elles y voient "un manquement grave à l'esprit de la Convention sur la diversité culturelle votée à l'Unesco" et en cours de ratification par l'Europe. "La disparition des ressources de la copie privée viendrait directement affecter l'économie générale du spectacle vivant et de la création. Elle affaiblirait la diversité culturelle et réduirait l'accès à la culture", menacent les 50 combattants. Remplacer le droit à la copie privée pour faire régner les DRM est "une dérive vers une idéologie purement industrielle et commerciale", accusent-elles.

Un attachement à quel droit à la copie privée ?

Mais il faut encore le dire, le droit à la copie privée que prétendent défendre ces organisations ressemble de plus à plus à un coquille vide pour les consommateurs. Toutes sont d'accord, "la copie privée permet aux particuliers de procéder à des copies d'oeuvres protégées en contrepartie d'une redevance". "Le public a la faculté de réaliser librement des copies pour son usage privé", rappellent les signataires. Et l'on souligne qu'en contrepartie de ces droits, les consommateurs français ont signé collectivement un chèque de 156 millions d'euros l'an dernier, répartis entre auteurs, artistes-interprètes et producteurs (une fois les 25 % d'aide à la création retranchés).

Mais on oublie de dire que le téléchargement, devenu source numéro un de la copie en France et partout ailleurs dans le monde, est exclu du droit à la copie privée. On omet de préciser que si le fait d'emprunter un CD à son voisin et de le copier pour son usage privé est totalement légal, se faire envoyer un MP3 par e-mail et le graver sur un CD est en revanche totalement interdit. On évite de rappeler, bien sûr, que le P2P est totalement prohibé (à des fins de copies d'oeuvres protégées) même si c'est lui qui génère le plus de ventes pour les CD et DVD vierges que les industriels écoulent avec bonheur et pour le plus grand plaisir des ayant droits qui perçoivent la taxe pour copie privée. On feint de ne pas savoir que la cour de cassation a déjà condamné la copie privée des oeuvres audiovisuelles. On fait l'impasse sur la décision du Conseil Constitutionnel, qui a rappelé dans son examen de la la loi DADVSI que le nombre de copies privées que devait autoriser la future Autorité de Régulation des Mesures Techniques pouvait être aussi haut que zéro...

Ces données là ne sont jamais communiquées, car elles feraient s'effondrer le bel édifice entâché de la plus honteuse mauvaise foi qu'est la rémunération pour copie privée. Les consommateurs non plus ne souhaitent pas la généralisation des DRM, mais ils ne souhaitent certainement pas en retour payer pour un droit qu'ils n'ont plus le droit d'exercer.

Il est surprenant de voir que l'Association des Audionautes (ADA), l'Association Force Ouvrière des Consommateurs (AFOC), la Ligue de l'Enseignement et l'Union Nationale des Associations Familiales (UNAF) ont accepté d'apposer leur nom à une telle opération de mensonge par omission.
 
Publié par Guillaume Champeau, le 28 Mars 2007 à 19h30
 
 
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Commentaires à propos de «Copie privée : un logo collectif pour (dés)informer massivement»
 

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En Suisse, la situation a pour l'instant le mérite d'être plus intéressante et de surtout démontrer que le système francais n'est pas seul au monde.

La taxe pour copie privée sur les balladeurs a été suspendue provisoirement par le Tribunal Fédéral. Une des raisons étant qu'elle n'avait plus lieu d'exister vu que le droit disparaissait dans le nouveau droit d'auteur. Cette suspension devra être réexaminée courant 2007.

De l'autre côté, il n'est tjs pas interdit de faire des copies sur la base de source illicite, le téléchargement sur p2p reste donc légal quoi qu'en dise les Majors et leurs amis. Même la SUISA (SACEM suisse) le reconnait et on trouve des textes suffisament clairs allant dans ce sens sur la position du Conseil fédéral. Tous les ministres ne sont donc pas à la botte de l'industrie et des artistes qui sont ne l'oublions pas une minorité par rapport au reste de la population. On change un peu de débat, mais il est également autorisé de faire des copies de films loués, possibilité dont je doute de l'existance en France.

Pour ma part, je reste convaincu et un fervant défenseur d'une licence globale. Je suis pour la dépénalisation des échanges réalisés à but non commerciaux entre privés et pour la taxation de tous les intermédiaires qui gagnent de l'argent sur ces échanges. D'autre part, je suis tjs surpris du pouvoir qu'on donne aux artistes à leurs représentants, les gouvernements ont trop protégés envers ces personnes et peut-être qu'un jour il serait temps de rééquilibré les forces.
'Blastm', le 01/01/1970 - 01:00
'Tartiflou', le 01/01/1970 - 01:00
Je n'ai pas trop suivi les derniers travaux de la Commission sur ce point donc je ne connait pas vraiment cet argument. Il y a évidemment un double-paiement mais pas pour la même chose. Tu paies une fois à l'achat de l'oeuvre pour pouvoir la lire et une autre fois pour pouvoir la copier.

et pour toi c'est normal?
toi qui aime bien faire des analogies avec les bagnoles, tu trouverais normal de payer peugeot pour chaque kilomètres parcourus une fois acheté ta voiture plein pot chez eux? :o

C'est quand même complétement abhérant que l'on doive payer pour copier qqch qu'on a acheté. C'est d'ailleurs tout aussi abhérant de repayer le droit d'auteur à chaque fois qu'on achète le même contenu sur un nouveau support. Par exemple, j'ai acheté une cassette audio en 1990 de l'artiste Z, en 1995 j'achète son cd et maintenant j'achète le même produit en DVD Audio. Résultat j'ai payé 3 x le même droit d'auteur et ca tout le monde s'en branle. J'évite d'ajouter le vynil ;-) sinon ca pourrait faire 4x. C'est la même problèmatique avec la cassette vhs, le dvd et maintenant le hd-dvd ou bluray.
 
'Blastm', le 01/01/1970 - 01:00
et pour toi c'est normal?
toi qui aime bien faire des analogies avec les bagnoles, tu trouverais normal de payer peugeot pour chaque kilomètres parcourus une fois acheté ta voiture plein pot chez eux? :o

Il n'y a aucun préjudice pour Peugeot à faire rouler sa voiture alors qu'il y a un préjudice pour les ayants-droits à copier des oeuvres.

'Blastm', le 01/01/1970 - 01:00
Résultat j'ai payé 3 x le même droit d'auteur et ca tout le monde s'en branle

Ce ne sont pas les mêmes. Et tu ne paies pas que les droits d'auteur lorsque tu achètes un CD ou un DVD, il y a également les droits voisins.
'Tartiflou', le 01/01/1970 - 01:00
'Bile666', le 01/01/1970 - 01:00
Résultat j'ai payé 3 x le même droit d'auteur et ca tout le monde s'en branle

Ce ne sont pas les mêmes. Et tu ne paies pas que les droits d'auteur lorsque tu achètes un CD ou un DVD, il y a également les droits voisins.

Je suis bien d'accord de payer tous les frais relatifs au pressage du nouveau support, mais pas les droits qui ont déjà été payé lors du premier achat ;-)
 
'Tartiflou', le 01/01/1970 - 01:00
Ce ne sont pas les mêmes. Et tu ne paies pas que les droits d'auteur lorsque tu achètes un CD ou un DVD, il y a également les droits voisins.

Et quand on achete plus on ne paye plus!
http://www.odebi.org/boycothon/
http://www.mepis-fra...opic.php?t=1654
BOYCOTT!BOYCOTT!BOYCOTT!BOYCOTT!BOYCOTT!BOYCOTT!BOYCOTT!BOYCOTT!
Voir ici pour plus de précisions sur le concept de boycott:
http://steveproulx.t...i_du_plus_.html
Tartiflou,

La question du double paiement est assez simple à comprendre. Les DRM visent à contrôler un nombre de copies maximum. Théoriquement, il est interdit et même impossible de réaliser davantage de copies que le nombre autorisé. Donc la Commission considère que le coût ressenti des copies autorisées est pris en compte dans le calcul du prix du fichier avec DRM. On ne peut pas le faire payer à la fois dans le prix du fichier (ce qui est la voie "naturelle" et socialement juste) et dans une taxe imposée aux supports vierges (ce qui n'est pas juste puisqu'on ne peut préjuger de l'utilisation du support).
Le raisonnement de la commission me parait être des plus logiques.
'bile666', le 01/01/1970 - 01:00
Par exemple, j'ai acheté une cassette audio en 1990 de l'artiste Z, en 1995 j'achète son cd et maintenant j'achète le même produit en DVD Audio. Résultat j'ai payé 3 x le même droit d'auteur et ca tout le monde s'en branle.
Tu te trompes tu n'as jamais payé le droit d'auteur, le droit de reproduction, c'est le producteur qui l'a payé. Tu ne paies que pour une cassette, un CD, un DVD, un bout de plastique (cf. une autre de mes réponses au début de la discussion). Je sais que c'est difficile à comprendre mais c'est ainsi.
'Tartiflou', le 01/01/1970 - 01:00
'Kad, le 01/01/1970 - 01:00
... et que la taxe pour copie privée restait légitimée uniquement par les enregistreurs DVD de salon qui permettent d'enregistrer les programmes TV (la bonne blague).
En effet, c'est une raison suffisante.
Mais c'est encore oublier que les émissions TV commencent à être DRMisées et ce fait présage le visage de l'audiovisuel de demain : DRM pour tous médias diffusés ! Sauf peut être les pub (sic) et encore...
Qui viendra alors se soucier de la légitimité de cette taxe ?
Il faut être aveugle pour ne pas voir que la tendance va vers l'augmentation/généralisation de cette taxe et parallèlement à la diminution des possibilités de copies du consommateur.
Car il n'y a aucune obligation envers les majors pour laisser une possibilité de copie pour le consommateur/acheteur, si elle ne veut pas, il ne pourra faire de copie.
Sur ce point précis, la loi ne va que dans un sens et c'est bien le problème.
 
'TotoRhino', le 01/01/1970 - 01:00
Mais c'est encore oublier que les émissions TV commencent à être DRMisées et ce fait présage le visage de l'audiovisuel de demain : DRM pour tous médias diffusés ! Sauf peut être les pub (sic) et encore...

Si les DRM empêchent la copie privée des émissions de TV, c'est contraire à la loi et il faut le signaler au CSA.
'Tartiflou', le 01/01/1970 - 01:00
'TotoRhino', le 01/01/1970 - 01:00
Mais c'est encore oublier que les émissions TV commencent à être DRMisées et ce fait présage le visage de l'audiovisuel de demain : DRM pour tous médias diffusés ! Sauf peut être les pub (sic) et encore...

Si les DRM empêchent la copie privée des émissions de TV, c'est contraire à la loi et il faut le signaler au CSA.

Ben, bon courage, parce que que si le nombre de copie autorisée pour une émission télé est de 0, tu l'a dans le Q.
Tartiflou a raison, la loi DADVSI interdit l'interdiction de la copie des émissions TV. Mais elle n'interdit pas une DRMisation partielle. Cf :

http://www.ratiatum....loi_DADVSI.html
Si on résume, tout ça n'est bien entendu qu'une histoire de POGNON :bienvu:
Arf, l'est allé plus vite que moi le Kad :) .

C'est là où je voulais en venir. La tendance est là, l'affaire de TF1 en est la preuve et la généralisation du "tout numérique" rend les choses tellement plus faciles...
Et comme la loi n'autorise pas les distributeurs de services de télévision à DRMiser leur émissions, que voit-on fleurir ? La VOD : Clic !
N'est ce pas une façon de contourner la loi que de créer des services de ce type sous l'effigie d'une chaîne commerciale comme TF1 ? Franchement, je trouve ça bien douteux et je ne serait pas étonné de voir demain les films disparaitrent des émissions télévisées avec comme seule possibilité pour le téléspectateur de payer (en plus) une VOD qui lui interdira ainsi toute copie en toute légalité...
'Makhno', le 01/01/1970 - 01:00
'bile666', le 01/01/1970 - 01:00
Par exemple, j'ai acheté une cassette audio en 1990 de l'artiste Z, en 1995 j'achète son cd et maintenant j'achète le même produit en DVD Audio. Résultat j'ai payé 3 x le même droit d'auteur et ca tout le monde s'en branle.
Tu te trompes tu n'as jamais payé le droit d'auteur, le droit de reproduction, c'est le producteur qui l'a payé. Tu ne paies que pour une cassette, un CD, un DVD, un bout de plastique (cf. une autre de mes réponses au début de la discussion). Je sais que c'est difficile à comprendre mais c'est ainsi.

Le producteur a payé, mais ce montant n'est-il pas inclu dans le support vendu ? Dans ce cas, je suppose que lui ne le reppaie pas lorsqu'il l'adapte à un nouveau contenant ou alors c'est lui qui se fait avoir. S'il le repaie, dans ce cas, je retrouve ce montant à nouveau inclu dans le prix de mon support.
'Kad, le 01/01/1970 - 01:00
Tartiflou,

La question du double paiement est assez simple à comprendre. Les DRM visent à contrôler un nombre de copies maximum. Théoriquement, il est interdit et même impossible de réaliser davantage de copies que le nombre autorisé. Donc la Commission considère que le coût ressenti des copies autorisées est pris en compte dans le calcul du prix du fichier avec DRM. On ne peut pas le faire payer à la fois dans le prix du fichier (ce qui est la voie "naturelle" et socialement juste) et dans une taxe imposée aux supports vierges (ce qui n'est pas juste puisqu'on ne peut préjuger de l'utilisation du support).

Donc tu es pour la licence globale et contre la taxe sur les supports vierges ? Pourtant, ces deux redevances sont de même nature : on taxe un média qui peut servir à autre chose qu'échanger des œuvres protégées par le droit d'auteur.

Il faudrait que tu clarifies un peu ta position. Qu'est-ce qui fait qu'une taxe est acceptable, mais pas l'autre ? (en laissant de côté le fait qu'aujourd'hui, aucune des deux n'est acceptable si on n'autorise pas la copie privée dans la pratique)

---suit une réflexion personnelle sur la rémunération de la création culturelle et artistique---

Personnellement je trouve que la question est épineuse : en effet, le paiement à l'unité ne peut vraiment fonctionner qu'avec des DRM, or je trouve cette option inacceptable, car c'est laisser le contrôle de nos équipements multimédia à un tiers. C'est anti-intéropérabilité, anti-libre, et anti-liberté privée.
Si on n'utilise pas de DRM (et même avec, en fait), la copie privée (ou pas si privée que ça !) sera donc possible et naturelle, qu'elle soit légale ou non. Le bon sens voudrait qu'on cherche une solution "juste" pour la dépénaliser (on ne va pas courir sans arrêt après des P2Piste... ça ne mène à rien !). "Juste", veut dire maximisant le profit général : permettre la production et la diffusion maximales d'œuvres culturelles (car tout le monde est d'accord que cela est profitable à notre société).
La diffusion est désormais facile, mais la production reste relativement coûteuse et nécessaire à la diffusion. Si on autorise la copie non contrôlée, il faut donc un moyen de rémunérer la production sous peine de tarir la source. En l'absence de contrôles systématiques, il s'agira forcément d'une taxe ou d'une redevance.

Donc j'en suis à ce point : il est nécessaire qu'il existe une taxe pour rémunérer la création culturelle. Mais tant qu'à faire, il serait juste que ce soient les plus gros consommateurs qui payent le plus. Vœu pieu, évidemment, puisqu'il s'agit d'une redevance et non d'un paiement à l'acte, mais il s'agit d'une ligne de conduite pour asseoir cette taxe.
Taxe sur les abonnements haut-débit, pourquoi pas. Taxe sur les CD et DVD vierges, pourquoi pas. Taxer les graveurs de supports optiques, pourquoi pas. Taxer les disques durs... ça commence à être tendancieux : les PC ont eu besoin de disque dur depuis des décennies, bien avant le téléchargement de masse ! Taxer ce qui en premier lieu sert à autre chose que de support d'œuvres culturelles est un exemple de taxe injuste.
De même les abo haut débit, les CD et DVD peuvent servir à de nombreuses autres activités... Il faudrait donc prévoir des cas d'exonération (la plupart étrangement refusés lors des débats sur DADVSI à l'assemblée !) : utilisation dans un cadre professionnel ou associatif, hébergement d'un site web justifiant un certain trafic, etc...

Mais bon, je ne vois pas trop en quoi la taxe sur les CD et DVD serait plus injuste que la licence globale, pour en revenir à ce que je disais au début. Les deux sont injustes mais font partie des moins mauvaises solutions.
'Kad, le 01/01/1970 - 01:00
'Tartiflou', le 01/01/1970 - 01:00
Le bout de la démarche actuelle c'est de moduler le montant de redevance en fonction des autorisations des ayants-droits (ceux qui mettent des DRM anti-copie doivent toucher moins), pas de légaliser ce qui est aujourd'hui illégal. La redevance pour copie privée n'a jamais eu pour but de compenser la perte due au piratage donc le bout de la démarche n'est pas de "légaliser" la copie quelle que soit la source.

Ca je suis entièrement d'accord. Ca suppose cependant que la Commission copie privée appuie le calcul du taux de redevance sur une étude des sources de copies, ce qu'elle ne fait pas. Toutes les copies sont mises dans une grande marmitte, qu'elles soient licites ou illicites. C'est la grande hypocrisie du système actuel.

Hum, voilà un échange très intéressant sur le plan juridique.
Reste qu'il me semble que la copie privée est par définition privée, tandis que le p2p est par définition de l'échange, et donc de la communication publique.
Deux grands systèmes s'offrent à nous pour rémunérer la création : soit de contrôler toutes les utilisations (c'est les DRM + MTP partout), soit le forfait global.

Mais pourquoi faudrait-il être extrémiste, tout d'un côté, ou tout de l'autre ? Pourquoi ne serait-il pas possible, de trouver un "ordre juste", entre le "tout est permis en échange de quelques euro par mois" et "le tout est interdit sauf si vous payez à l'acte".
En ce sens, cette initiative des 50 pour la défense de la copie privée me semble tout à fait judicieuse, et absolument pas contradictoire avec le refus de la licence globale.

Il est évident que le système fonctionne sur de grands équilibres. Ceux-ci peuvent évoluer avec le temps et le développement de nouveaux modèles. Mais attention à ne pas faire trop de cartésianisme, voir d'idéologie, sans comprendre que les industries culturelles sont protéiformes et qu'elles devront, quoi qu'il en soit, s'appuyer sur des modèles multiples pour permettre le développement d'artistes qui sont, ne l'oublions pas, des humains et pas des produits.
'Aldoo', le 01/01/1970 - 01:00
'Kad, le 01/01/1970 - 01:00
Tartiflou,

La question du double paiement est assez simple à comprendre. Les DRM visent à contrôler un nombre de copies maximum. Théoriquement, il est interdit et même impossible de réaliser davantage de copies que le nombre autorisé. Donc la Commission considère que le coût ressenti des copies autorisées est pris en compte dans le calcul du prix du fichier avec DRM. On ne peut pas le faire payer à la fois dans le prix du fichier (ce qui est la voie "naturelle" et socialement juste) et dans une taxe imposée aux supports vierges (ce qui n'est pas juste puisqu'on ne peut préjuger de l'utilisation du support).

Donc tu es pour la licence globale et contre la taxe sur les supports vierges ? Pourtant, ces deux redevances sont de même nature : on taxe un média qui peut servir à autre chose qu'échanger des œuvres protégées par le droit d'auteur.

Il faudrait que tu clarifies un peu ta position. Qu'est-ce qui fait qu'une taxe est acceptable, mais pas l'autre ? (en laissant de côté le fait qu'aujourd'hui, aucune des deux n'est acceptable si on n'autorise pas la copie privée dans la pratique)

Attention j'exposais là le point de vue de la Commission, ça ne veut pas dire que je le partage, seulement il a sa logique dans son cadre de pensée à elle. Pour ma part, je trouve que l'on peut accepter un certain niveau d'injustice si la taxe payée crée une paix et un progrès social. Si elle légalise la mise à disposition des oeuvres, alors je ne n'ai rien contre la taxe, bien au contraire. Et je suis pour qu'elle s'applique non pas sur tous les accès internet et basta, mais en petite partie sur l'accès internet, en petite partie sur les baladeurs MP3, en petite partie sur les écrans de TV plasma, etc. Sur tout ce qui prend de la valeur grâce à l'échange des oeuvres culturelles.
C'est injuste pour ceux qui payent sans profiter de cet échange, mais c'est une injustice du même type que celle qui fait payer les écoles à ceux qui n'ont pas d'enfant, payer les routes à ceux qui ne font pas de voiture, etc., etc. C'est une vision de la culture à la croisée du droit privé et du service public.
'Remix', le 01/01/1970 - 01:00
En ce sens, cette initiative des 50 pour la défense de la copie privée me semble tout à fait judicieuse, et absolument pas contradictoire avec le refus de la licence globale.

Elle pourrait sembler judicieuse si la plupart de ces 50 n'avaient pas auparavant appuyé les majors et l'industrie informatique pour l'application de la copie contrôlée et des DRMs.
Une licence globale pour rémunérer les artstes plus une redevance sur la copie privée pour la création artistique me semble juste. Ce qui se fait aujourd'hui ne l'es pas !! Limiter au maximum la copie privée et dans le même temps étendre la redevance idoine est malhonnête, c'était le propos de Kad il me semble.
La création artistique en France n'es plus libre, les majors et les Apple, Microsoft, Sony sont gagnant sur toute la ligne. Je trouve ça dommage pour la culture, mais je dit: "Bien fait pour les artistes !!!". Pendant les débat sur la loi DADVSI, beaucoup de gens leurs ont signalé voire crier dans les oreilles ce qu'ils risquaient. Mais basta !! Ils ont opté pour moins de liberté et plus de fric et aujourd'hui, il semble qu'ils n'auront ni l'un ni l'autre. A avoir les yeux plus gros que le ventre, ils se sont fait avoir. Beaucoup d'artistes ont laissé à ces 50 et aux majors le soin de réfléchir à leur place, à croire qu'ils vivent dans le pays des bisounours.
Le MONDE reprend la news de Rat' ("Ratiatum, le site d'information francophone de référence sur la distribution des contenus numériques sur Internet"): :tavu:

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-...1-867637,0.html

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