Dépendance aux jeux-vidéo : la responsabilité des éditeurs ?
Cédric L. -
publié le Samedi 10 Mars 2007 à 11h29 -
posté dans High-Tech
La question des responsabilités et conséquences de la dépendance aux jeux-vidéo prend de plus en plus d'ampleur, avec l'avènement de MMORPGs du type World of Warcraft.
La discussion qui a eu lieu hier au GDC de San Francisco (Game Developers Conference) pour tenter d'aborder le problème aura pourtant soulevé plus de questions qu'apporter de solutions concrètes.
Entre dépendance, accoutumance, impulsivité, et engagement, psychothérapeutes et développeurs se disputent sur le terme à employer pour désigner "l'over-gaming". Le chercheur Neills Clark bat en brèche l'argument selon lequel un lecteur pourrait être, à l'instar des jeux-vidéo, un consommateur "compulsif". Selon lui, l'accoutumance aux jeux-vidéo, et particulièrement des MMOs (jeux massivements multijoueurs), a cela de particulier qu'ils fournissent une réalité alternative engloutissant le joueur bien plus profondément que les autres formes de divertissement. De plus, les MMOs peuvent être indéfinis, ce qui fait que les joueurs peuvent constamment y revenir jusqu'à ce que le serveur du jeu rende l'âme.
Un autre participant souligne le fait que l'implantation de buts et de récompenses font que les joueurs ont du mal à arrêter de jouer. D'autant plus qu'il arrive souvent que les joueurs, dans leur vie "réelle", ne soient pas récompensés pour leur travail à leur juste valeur, ou ne perçoivent pas quelconque marque de progrès. En revanche dans World of Warcraft vous augmentez de niveau et vous avez alors l'impression d'aboutir vers quelque chose, ce qui peut combler un "vide" chez certaines personnes.
Deuxième chose, le côté compulsif de l'utilisation d'un jeu vidéo ne se révèle pas forcément dans le fait d'y sacrifier un temps considérable, souligne Dan Hodhson. Un autre expert du comportement appuie le fait que faire de courtes quêtes de MMOs pourraient, au contraire, favoriser un comportement compulsif. Et cela par le fait même de proposer, à la fin d'une quête de deux heures, le choix entre arrêter ou passer deux autres heures sur le jeu.
Est-ce aux développeurs d'essayer d'y remédier ?
La question qui revient donc sans cesse est de savoir si les développeurs eux-mêmes devraient prendre leur responsabilités. Est-ce que Blizzard devrait mettre en garde les joueurs ? Et comment pourrait-il faire en sorte que ses jeux deviennent moins une drogue, à supposer que le studio en ait vraiment l'envie ?
Daniel Greenberg, un game designer freelance qui a travaillé pour des jeux comme The Lord of the Rings Online ou Crysis, fait l'analogie entre la dépendance au jeu vidéo et la dépendance au travail pour défendre sa cause. "Admettons que vous êtes dépendants au travail. Devrait-on dire que le travail est mauvais pour les gens ?", demande-t-il. "Devrait-on le faire devenir plus court, moins contraignant, et moins amusant pour que les gens n'y deviennent pas accros " ? Drôle de comparaison.
Quand Blizzard a conçu l'extension World of Warcraft : The Burning Crusade, la société a reçu de nombreuses de plaintes de joueurs qui trouvaient que le jeu leur prenait trop de temps. En effet, World of Warcraft récompensait le joueur selon le temps passé par rapport aux autres joueurs. Désormais les récompenses sont indépendantes des autres joueurs, ce qui devrait exiger moins d'investissement. Les développeurs se veulent donc attentifs aux questions de dépendance, mais cela passe à l'arrière plan dans le processus de développement, dont le but "innocent", selon un développeur de Blizzard, est de créer des jeux amusants, pour faire en sorte que les joueurs veulent y jouer.
Reste qu'avec le développement des monnaies virtuelles convertibles en monnaies réelles et inversement, l'effet addictif des jeux-vidéo en ligne pourrait prendre une aspect encore bien plus inquiétant qu'actuellement.
pourquoi certains passent tellement de temps sur ce qui n'est qu'un jeu, au lieu d'aller voir des copains ou de faire une randonnée en famille?
Elisheva, le 01/01/1970 - 01:00
C'est sans doute pour son côté réussite à 100% que certains préfèrent passer des nuits sur Cs plutôt que de sortir. Se ballader en forêt, c'est moins glorieux que de sauver le monde des vilains terroristes en alignant les hs, même si ce n'est que virtuel.
Elisheva, le 01/01/1970 - 01:00
Pour moi, c'est la même chose. "Est-ce qu'un arbre qui tombe fait du bruit s'il n'y a personne?".
Ce que j'aime bien chez Elisheva, c'est son côté mmmm... elfe des bois ? oui ça doit être ça huhu
Internet n'est qu'un Médium. Les gens au bout de la ligne sont aussi réels que ceux en façe de toi. Mis à part que tu ne les a pas en visu
Les joueurs oui. Mais pas ce que tu vois d'eux: le mage noir niveau 65 n'existe pas, le petit étudiant derrière, lui est bien réel.
Simplement, Internet et les jeux en réseau offrent une liberté absolue. peu importe qui on est, qui on connaît, les influences qu'on a, on peut tous y arriver. Un univers où il n'y a pas de gens qui sont haut-placés par hasard. Chaque personne de haute-fonction y est arrivé à force de persévérance "World is yours", qu'y disait l'autre.
C'est le côté "juste". Pas de triche, pas de gens au-dessus des lois. Cela aussi plait au joueur.
le Geek qui à aucun contact, seul dans sa chambre...
Certains joueurs en sont là, même si heureusement c'est une minorité.
Je connais un garçon qui a passé des nuit entières sur Cs. Il a fini par s'en lasser, après 3-4 ans, mais en est sorti avec l'impression d'avoir perdu beaucoup de temps.
Soit, tout n'est pas rose irl, mais tellement plus utile: certains jouent les grands héros qui sauvent des populations entières. Ils y trouvent un rôle important qu'ils n'ont pas dans la vraie vie. Personnellement, je préfère participer à une petite campagne méconnue des restos du coeur, même si c'est moins glorieux. Quitte à user son energie, que ce soit pour quelque chose de concret, qui ne disparaitra pas en eteignant le pc.
Cédric, le 01/01/1970 - 01:00
Elisheva, le 01/01/1970 - 01:00
Pour moi, c'est la même chose. "Est-ce qu'un arbre qui tombe fait du bruit s'il n'y a personne?".
Ce post n'est pas de moi!
Une elfe, moi? les trolls du forum ne vous suffisent pas? Soit, ils n'ont pas mon charme, mais quand même...
Personnellement, je préfère participer à une petite campagne méconnue des restos du coeur, même si c'est moins glorieux. Quitte à user son energie, que ce soit pour quelque chose de concret, qui ne disparaitra pas en eteignant le pc.
D'accord avec toi. Simplement, la personne peut simplement se dire que tous ces efforts sont inutiles, qu'il y aura toujours tant de pauvres, que leur avis comptera toujours aussi peu...En clair, qu'ils sont juste là pour subir les évenements, sans jamais avoir aucune prise dessus.
C'est exactement la situation actuelle. Ici, qui à le pouvoir de faire changer quelque chose? Tu peux protester pendant des années, lutter, organiser des manifs, ca changera jamais rien. On te dit que c'est aux urnes que tu choisis ceux qui dirigent, donc qu'en quelque sorte TOI tu dirige. Tu sais sûrement comme moi que les élections sont, au mieux, consultatives, au pire, une parodie de démocratie.
Mets-toi à la place du gars qui compare ça à la vie Online. Comme je l'ai déja dit, ce petit gars pourra gravir les échelons s'il le veut. Il risque pas de se faire piquer son grade parce que le nouveau venu connait le patron. Ici, même si t'en as les capacités, si t'as pas de diplôme tu crèves.
Les joueurs oui. Mais pas ce que tu vois d'eux: le mage noir niveau 65 n'existe pas, le petit étudiant derrière, lui est bien réel.
C'est ce que je dis
Certains joueurs en sont là, même si heureusement c'est une minorité.
Je connais un garçon qui a passé des nuit entières sur Cs. Il a fini par s'en lasser, après 3-4 ans, mais en est sorti avec l'impression d'avoir perdu beaucoup de temps.
Il doit y en avoir qui font le chemin contraire. Ils finissent par se faire chier "offline", et commencent à jouer
Un petit jeu: Dis à quelqu'un "je connais un gars qui travaille beaucoup. Il a des horaires difficiles, mais il est toujours prêt à aller bosser. En plus, il ne lésigne pas sur les heures supplémentaires s'il le faut"
C'est vachement positif, non? Le petit gars, il a presque l'air d'un héros. Pourtant, je suis pas sûr qu'il ait plus de temps à consacrer aux ballades en forêt ( ), à ses amis, ou à sa famille, que le Geek. Seulement, c'est juste l'archétype social du gars qui à réussi. Mais réussi à quoi?
On en arrive à une question beaucoup plus complexe: Qu'est ce qu'exister?
Est-ce que c'est juste une suite de processus physiques qui font qu'on peut bouger? Est-ce qu'on existe si personne ne nous connaît? On en arrive à Warhol et ses 15 minutes de gloire.
Sujet assez complexe, ca dévie un peu du sujet initial. Je serais ravi de savoir si quelqu'un a des ouvrages à me conseiller sur le sujet, histoire d'approfondir
Ce que j'aime bien chez Elisheva, c'est son côté mmmm... elfe des bois ? oui ça doit être ça huhu