La RIAA est l'acronyme bien connu pour désigner l'Association Américaine des Industries Phonographiques. Représentant les intérêts des maisons de disques américaines, elle combat régulièrement la piraterie sur Internet. Depuis quelques semaines, elle doit combattre un autre adversaire : ses propres artistes. De grands noms comme Bruce Springsteen, Madonna, R.E.M., ou encore Elton John sont en effet entrain de s'unir contre les politiques exercées par les majors du disque.

D’un côté du ring, 5 grandes majors unies sous le drapeau de la RIAA : Universal, Sony, Time Warner, EMI/Virgin et Bertelsmann.
De l’autre, plus de 150 artistes unis sous la bannière de la RAC (Recording Artists’ Coalition), et non des moindres : Bruce Springsteen, Sting, R.E.M., Bonnie Raitt, Madonna, Eric Clapton, Dave Matthews, Billy Joel, Elton John, Linkin Park, Aimee Mann, No Doubt, Puddle of Mudd, Staind, Static-X, etc.

Au centre, le contrat qui les unit tous, et surtout les quelques points qui posent problèmes :

  • La durée du contrat : Les contrats des artistes prévoient souvent une obligation de produire entre 6 et 8 albums. Un projet de loi d’un sénateur californien prévoit d’abroger l’exemption qui autorisait de tels contrats, d’une durée supérieure aux 7 ans maximum du régime commun des contrats.
  • Les pratiques d’accomptes : 10 à 40 % des royalties dûs aux artistes ne leur serait pas, en grande partie parce qu’ils doivent rembourser des avances sur les frais d’enregistrement de leurs albums.
  • La possession des droits d’auteur : A l’heure actuelle, lorsqu’un artiste quitte sa maison de disque, il ne récupère pas automatiquement les droits d’exploitation de ses œuvres ou ses masters.
  • Les dessous-de-table : Très régulièrement, les majors emploient des promoteurs indépendants dont le rôle est d’exercer une pression sur les radios pour faire jouer leurs derniers tubes. Ceci évidemment au détriment de la créativité et de la diversité
  • Un grand nombre de ces points devraient être étudiés prochainement au Sénat, dans le cadre de projets de lois de réformes.

    De son côté, la RIAA explique qu’elle ne profite pas des artistes à succès pour s’enrichir, mais pour promouvoir de nouveaux talents. 5 % seulement des artistes qui signent dans une maison de disque finissent par produire un hit. Elle ajoute que seulement 244 contrats entre 1994 et 1996 ont été signés en l’absence d’avocat, et que la plupart des renégociations de contrats après la sortie d’un hit se font en faveur de l’artiste. D’après Hilary Rosen (la célèbre présidente de la RIAA), « alors que les maisons de disque pourraient garder leurs artistes sous l’empire de l’ancien contrat, elles ne le font jamais ».

    Il serait tout de même difficile de faire autrement. On ne force pas un artiste à faire de belles œuvres autrement qu’en lui concédant des avantages…

    Hilary Rosen se montre cependant ouverte aux critiques de l’alliance : « Je suis heureuse de voir les artistes s’organiser. C’est bon pour l’industrie. Nous voulons résoudre nos désaccords et nous diriger vers d’autres points critiques, spécialement le piratage. Nous sommes du même côté dans 99 % des cas. »

    Souhaitant minimiser le phénomène, elle indique que la plupart des artistes n’ont pas de problèmes, car même si « un ou deux artistes peuvent faire les gros titres en attaquant des maisons de disques, […] les artistes savent que les maisons de disque donnent de leur sang, de leur sueur, et des millions de dollars pour les aider à réaliser leurs rêves. »

    Pour les artistes, la donne est claire. Comme le résume Keith Richards,le guitariste des Rolling Stones, « Nous sommes sur le seuil d’un tout nouveau système ».

    Pour en savoir plus, nous vous invitons à consulter le très instructif article original paru dans USATODAY.

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