Vive le #FAIL ! C'est l'idée derrière Autospy.io, un site qui permet aux créateurs d'entreprises de partager avec les autres les raisons de leur échec, pour qu'il serve à l'expérience de tous.

Tous les entrepreneurs le savent, on apprend beaucoup plus dans l'échec que dans la réussite. Hélas, même si c'est beaucoup moins le cas dans la culture anglosaxonne qu'en France, il est cependant rare que les créateurs d'entreprises parlent des raisons qui font que leur start-up a échouée, alors que c'est souvent beaucoup plus intéressant et instructif que les success-stories. Il est beaucoup plus facile pour un entrepreneur d'éviter de reproduire l'erreur d'un autre lorsqu'il la connaît que de reproduire son succès, qui a toujours sa part de hasard.

Il existe bien quelques conférences dédiées aux échecs, sur le modèle de la FailCon qui tourne aussi en France (par exemple à Toulouse le 18 juin), mais c'est toute une culture qu'il faut modifier, pour enfin accepter l'échec comme un apprentissage qui rend meilleur, et non comme une honte qui s'affichera ad vitam eternam sur le front de celui ou celle qui le subit.

C'est dans cet esprit que s'est créé Autopsy.io, un site qui ne paye pas de mine au premier abord, mais qui pourrait devenir une ressource de référence pour quiconque veut créer son entreprise dans le numérique. On y découvre en effet, comme son nom l'indique, des "autopsies" d'échecs, réalisées par les start-upers eux-mêmes, qui rappellent quel était leur projet et pourquoi il n'a pas abouti :

Ainsi par exemple, le créateur français de AllMyApps, qui voulait fonder le plus gros App Store sous Windows, publie une centaine de slides Powerpoint pour expliquer l'échec de son entreprise quatre ans après sa création. "Pas assez de temps passé sur la vision, trop d'argent dépensé trop tôt dans le marketing, trop d'embauches précoces, et beaucoup d'autres raisons", résume-t-il avec humilité. 

Certains ne manquent pas de sévérité contre eux-mêmes, à l'instar du service de crowdfunding tchèque Starthead, qui explique qu'ils ont été "des idiots naïfs", et expliquent pourquoi dans un long billet. D'autres font une analyse plus spécifique comme le service de vente de livres électroniques Readmill qui explique qu'il s'est rendu compte trop tard qu'il ne pourrait pas vendre de livres sur iOS à des prix concurrentiels, du service de découverte musicale Exfm qui avait négligé le coût de traitement informatique de millions de chansons, ou Devver, un outils de services en cloud, qui dit s'être trop concentré sur la technique au détriment des attentes du client.

Une centaine d'exemples d'échecs sont ainsi détaillés, et les entrepreneurs peuvent ajouter les leurs en remplissant un simple formulaire.

FailCon II – teaser from ekito on Vimeo.

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