Twitter dit avoir fermé 10 000 comptes liés à Daesh en une seule journée. Le réseau social s'efforce depuis plusieurs semaines de contrer la propagande des partisans de l'État islamique sur sa plateforme, mais la tactique suivie par le site communautaire donne des résultats mitigés.

Twitter continue de batailler contre les partisans de l'État islamique. C'est le message que veut faire passer le réseau social, en fournissant de nouvelles statistiques sur son action contre ceux qui relaient la propagande violente de l'organisation islamiste. Au New York Times, un représentant du site affirme que près de 10 000 comptes ont été suspendus en un seul jour, le 2 avril.

Selon la plateforme communautaire, ces profils ont été neutralisés parce qu'ils ont diffusé des menaces violentes. Dans ses conditions d'utilisation, Twitter interdit la publication de menaces directes et spécifiques de violence envers d'autres personnes. En cas de violation de ces règles, le fautif peut subir une suspension temporaire ou définitive.

Si les statistiques communiquées par Twitter ne sont pas directement vérifiables, dans la mesure où le réseau social ne diffuse pas publiquement ce type de données, il pourrait bien s'agir de la riposte la plus résolue lancée par la société. À titre de comparaison, 2000 comptes ont été fermés (toujours selon les chiffres du site) au cours de la première semaine du mois de mars.

FERMETURE, OUVERTURE…

Mais est-ce que la tactique de Twitter est efficace ? C'est discutable. Tel Sisyphe qui remonte continuellement son rocher en haut de la montagne, le réseau social doit en permanence fermer les nouveaux comptes qui sont créés juste après la fermeture des précédents. Car en effet, les usagers qui sont suspendus se réinscrivent sans cesse sur le site pour poursuivre leur propagande.

D'après des opposants à Daesh interrogés par le New York Times, l'un des partisans de Daesh a par exemple été banni pas moins de 123 fois du réseau social. Et il s'est inscrit une 124ème fois. Il faut dire que revenir sur le réseau social n'est pas très difficile. Il suffit simplement de changer une lettre dans le pseudonyme ou de rajouter un caractère supplémentaire pour obtenir rapidement un nouveau compte.

Si les efforts de Twitter ne paraissent pas d'une grande efficacité, d'aucuns diront sans doute qu'ils sont toujours préférables à l'inaction. Il faudra toutefois que le site communautaire réfléchisse à une stratégie plus durable, car des observateurs de l'État islamique estiment que le nombre de comptes liés à l'organisation pourrait avoisiner les 90 000.

Cette stratégie rappelle celle, plus controversée, menée par des internautes se revendiquant de la mouvance Anonymous. N'ayant pas la possibilité de fermer les comptes sur Twitter, ils ont choisi de dénoncer publiquement les comptes suspectés de sympathie avec l'ennemi. Une initiative polémique mais qui a reçu un accueil favorable de la part du gouvernement français.

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