Grâce à l'accord passé entre Mozilla et Yahoo, Google a perdu des parts de marché aux Etats-Unis au profit de son concurrent, ce qui favoriser la diversité des moteurs de recherche outre-Atlantique. Hélas, c'est en Europe que la modification du moteur proposé par défaut aux utilisateurs de Firefox aurait été la plus utile, et c'est en Europe que Mozilla ne l'a pas fait.

En novembre dernier, Mozilla a annoncé qu'il mettait fin à l'exclusivité mondiale accordée depuis 10 ans à Google pour être le moteur de recherche imposé par défaut aux utilisateurs du navigateur Firefox. Aux Etats-Unis, c'est donc désormais Yahoo qui est proposé par défaut aux Américains depuis le mois de décembre. Et ce changement s'est bien accompagné d'un impact, modeste mais réel, sur les parts de marché.

Ainsi selon les statistiques de StatCounter, Yahoo a gagné près de 2 points de parts de marché en décembre, ce qui peut sembler peu mais lui permet de passer de 8,6 % à 10,4 %. Google baisse de façon symétrique, de 77,3 % à 75,2 %, tandis que le Bing de Microsoft progresse très légèrement, atteignant les 10,4 % de parts de marché :

Sachant que Firefox est utilisé par 12 % des internautes aux Etats-Unis, on peut supposer que l'impact sur les parts de marché de Google aurait été environ deux fois plus fort en France, où Firefox représente encore 25 % des navigateurs utilisés sur PC et Mac. Mais hélas, par nécessité économique difficilement conciliable avec ses valeurs et son histoire, Mozilla a fait le choix très contestable de conserver l'accord avec Google en Europe, où le besoin de casser le monopole du géant américain était pourtant le plus fort au monde, et de loin. En Europe, Google dépasse les 90 % de parts de marché.

En France, la firme de Mountain View compte même pour 95,5 % des recherches  ! La perte mécanique de plusieurs points de parts de marché aurait donc eu un effet sans aucun doute bénéfique pour la nécessaire diversité des moteurs de recherche, qui disposent d'une influence énorme et trop peu étudiée, que ce soit sur l'économie ou même sur la politique et les débats sociétaux.

Il n'est pas sain, dans une société démocratique, qu'une seule entreprise privée guide les résultats de la quasi-totalité des questions posées par les citoyens. Et il est très dommage que Mozilla n'ait pas profité de ses 25 % de parts de parts de marché sur les navigateurs pour aider à installer la pluralité des moteurs de recherche en Europe, et notamment en France.

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