Où s'arrête la liberté d'expression et où commence les contraintes de la parole publique ? Sur Twitter, la proximité des deux ne fait pas toujours bon ménage. Une colistière d'une candidate UMP à Metz vient de l'apprendre à ses dépens.

Peut-on s'afficher comme responsable politique, membre d'un parti et d'une équipe de campagne électorale, et prétendre que ses messages publics sur les réseaux sociaux ne sont que des opinions personnelles ? C'est la question que pose en filigrane l'affaire messine dont RTL s'est fait l'écho ce mardi. À Metz, la candidate UMP Marie-Jo Zimmermann a décidé de suspendre sa campagne sur les réseaux sociaux à cause du tweet d'une colistière.

Les faits. Sur son compte Twitter, Nora Aline Herbet se présente comme membre du mouvement Debout La République. Elle est d'ailleurs déléguée de la branche jeunesse de Debout La République pour la Moselle, mais aussi la colistière de Marie-Jo Zimmermann aux municipales à Metz par le jeu des alliances en politique. Dès lors, elle représente son parti mais aussi la candidate UMP.

Tout allait pour le mieux dans le meilleur de monde, jusqu'à la publication d'un tweet ce lundi. Celui-ci affirmait que l'essayiste d'extrême-droite Alain Soral et l'humoriste Dieudonné n'étaient pas des "fachos" mais des "adeptes de la polémique". Une opinion que s'est empressée de dénoncer le camp opposé, qui a dénoncé une liste politique "avec des antisémites", sans aller jusqu'à nommer les personnes implicitement visées.

L'affaire prend alors de l'ampleur. Le compte Twitter de Nora Aline Herbet, qui affiche pourtant un message indiquant que ses messages n'engagent que sa personne, se débarrasse du tweet litigieux. Trop tard, cependant. Des captures d'écran circulent et Marie-Jo Zimmermann – par ailleurs députée de Moselle – est obligée de réagir pour expliquer n'être aucunement engagée par l'avis de sa colistière.

Or, tout la difficulté est là : le compte Twitter de Nora Aline Herbet est-il un compte personnel ou non ? Sa biographie, affichée près de ses tweets, dit : "Debout La République. Déléguée Debout Les Jeunes Moselle. colistière de Marie-Jo Zimmermann aux municipales à Metz. Mes tweets n'engagent que moi".

Mais ce mélange entre parole politique et parole personnelle est-il viable en campagne électorale ? Sur un plan juridique, probablement pas. Sur un plan politique, la nécessité d'une libre expression cède souvent le pas au réalisme d'une parole publique scrutée et analysée, qu'il faut donc savoir mesurer.

En guise de réponse, la candidate Marie-Jo Zimmermann a demandé à tous ses colistiers de suspendre leur communication sur les réseaux sociaux, et a annoncé se prêter elle-même à une pause.

Mais selon  nos constatations, l'appel de Marie-Jo Zimmermann n'a pas été suivi, à moins que la suspension n'ait déjà pris fin. En effet, le profil Facebook de l'élue a déjà été mis à jour dans la matinée, tandis que son compte Twitter relayait des messages ce mardi.

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