Le parc industriel intercoréen de Kaesong, en Corée du Nord, va accueillir le premier centre d'affaires connecté à Internet dans le pays.

C'est encore extrêmement embryonnaire, mais c'est un début. Il y a un an, le président de Google Eric Schmidt se rendait en Corée du Nord avec une petite délégation américaine pour encourager les autorités de Pyongyang à donner accès à internet dans le pays le plus fermé du monde. Un an après, la Corée du Nord vient d'autoriser pour la toute première fois que 20 ordinateurs soient connectés au réseau mondial.

L'entrave au bannissement total d'Internet en Corée du Nord a des motivations exclusivement économiques. Les 20 ordinateurs concernés par l'autorisation exceptionnelle sont installés au sein du parc industriel intercoréen implanté dans la zone industrielle de Kaesong, qui accueille des entreprises sud-coréennes pour favoriser les échanges commerciaux entre les deux pays. 

Séoul et Pyongyang sont parvenus la semaine dernière à un accord sur les modalités de la connexion proposée à Kaesong, raconte Business Korea. Les ordinateurs connectés seront mis à disposition des entreprises dans un centre d'affaires spécialement construit pour l'occasion, et après une période d'expérimentation, l'accès à internet sera proposé à toutes les entreprises du parc. 

Le service sera assuré en collaboration entre KT, le principal opérateur sud-coréen, et la société des postes et télécommunications nord-coréenne.

Un intranet réservé à l'élite nord-coréenne

Jusqu'à présent, les entreprises étaient obligées de communiquer par fax ou par téléphone avec leurs homologues du Sud, ce qui ralentissait leur productivité.

A défaut d'un véritable accès à internet, il existait toutefois en Corée du Nord un réseau intranet étatique, réservé à une élite de chercheurs et hommes d'affaires, avec messagerie électronique, forums, sites d'informations contrôlés par le régime, sites commerciaux, ou bibliothèques électroniques. A Kaesong, c'est un accès quasi normal à Internet qui serait enfin disponible.

"Des agents administratifs et des employés dans la ville frontalière du Nord pourront utiliser la plupart des services en ligne disponibles actuellement en Corée du Sud", a assuré un responsable du ministère de l'unification, à Séoul, sans préciser toutefois quels seront les services qui ne feront pas partie de "la plupart" de ceux offerts aux sud-coréens.

"La connexion à Internet va booster l'efficacité, réduire les coûts et garantir la sécurité", se réjouit l'officiel. Un autre prévient que "faire que l'accès à Internet soit disponible devrait aussi attirer des investissements étrangers dans le parc commun", en racontant que 10 entreprises avaient contacté le ministère pour s'implanter dans le parc de Kaesong, mais demandaient à avoir accès à Internet pour travailler dans de bonnes conditions.

(illustration : CC xeno_sapien)

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