Pour Shia LaBoeuf, le droit d'auteur doit arrêter de se focaliser sur l'interdiction de la copie, et au contraire l'encourager dans un monde où rien ne se crée ex nihilo. Une idée qu'il défend par l'absurde, en plagiant des excuses pour plagiat.

L'acteur et réalisateur Shia LaBeouf n'aime pas la chape de plomb créative imposée par le droit d'auteur actuel, qui prétend que tout emprunt est une copie et que toute copie faite sans l'autorisation (souvent sans monétisation) est une contrefaçon. Et il le fait savoir d'une façon aussi originale que percutante.

Comme le rapporte Techdirt, LaBeouf a d'abord répondu à des accusations de plagiat en paraissant s'excuser le plus platement du monde… jusqu'à ce qu'il soit découvert qu'en réalité, ses propres excuses n'étaient qu'un plagiat d'excuses d'autres personnalités célèbres aux Etats-Unis, comme le golfeur Tiger Woods, ou l'ancien secrétaire à la défense Robert McNamara. Sa seule excuse sérieuse fut ce message publié sur Twitter, où il présente ses excuses à ceux qui ont cru qu'il était sérieux alors qu'il se moquait d'eux (dans une formulation qui est elle-même plagiée) :

Finalement,  Shia LaBeouf a envoyé tout un texte au site BleedingCool, pour défendre le droit au plagiat. Un texte évidemment plagié, inspiré notamment par les mots du célèbre Lawrence Lessig, créative des licences Creative Commons :

Le problème commence avec le fait juridique que la paternité (d'une oeuvre) est inextricablement liée à l'idée de propriété et à l'idée que le langage est une propriété intellectuelle. Le langage et les idées circulent librement entre les personnes malgré la loi. Ce n'est pas du plagiat à l'ère numérique — c'est de la réorientation.

Le droit d'auteur doit renoncer à son obsession de "la copie". La loi ne devrait pas réglementer  les "exemplaires" ou les "reproductions" en eux-mêmes. Il devrait plutôt réglementer les usages — comme les distributions publiques d'oeuvres sous copyright — qui se relient directement à l'incitation économique que la loi sur le droit d'auteur était censée favoriser.

L'auteur était la personne qui avait été autorisée par l'Etat à imprimer ses oeuvres. Ils étaient ceux qui tenus responsables de leurs idées. LES PREMIERES LOIS SUR LE DROIT D'AUTEUR ONT ETE UTILISEES POUR CENSURER ET PERSECUTER LES ECRIVAINS QUI OSAIENT PUBLIER DES IDEES RADICALES. Simple – la création devrait-elle être validée par un avocat ?

En clair, Shia LaBeouf ne demande pas la suppression du droit d'auteur, mais à ce qu'il soit remis à plat pour revenir à l'idée simple qui devrait l'animer : inciter à la création, et non la freiner.

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