La Commission européenne n'est toujours pas convaincue par les propositions de Google pour mettre fin aux accusations d'abus de position dominante dans la recherche en ligne. Interrogé à ce sujet, le commissaire en charge des questions de concurrence a jugé que les dernières pistes avancées par la firme de Mountain View ne sont "pas acceptables".

Voilà trois ans que Google et la Commission européenne négocient pour régler les accusations d’abus de position dominante dont le moteur de recherche américaine fait l'objet. Et depuis trois ans, les deux parties ne parviennent pas à s'entendre sur les solutions à mettre en œuvre. La firme de Mountain View estime faire des concessions honnêtes, Bruxelles trouve que l'entreprise formule des propositions insuffisantes.

Joaquín Almunia, lui, commence à montrer des signes d'impatience. Le commissaire européen en charge de la concurrence, qui avait pressé cet été Google de trouver des solutions plus pertinentes, a implicitement laissé entendre sur une radio espagnole que le temps de la négociation n'est pas infini… et qu'à un moment où à un autre, les instances européennes trancheront.

Les discussions portent sur quatre chapitres : les moteurs de recherche verticaux (ou "spécialisés"), la publicité, le service AdWords et la collecte de données.

"La dernière proposition telle qu'elle a été présentée par Google en octobre […] n'est pas acceptable dans le sens où elle n'apaise pas nos inquiétudes par rapport à la concurrence. Il reste peu de temps mais la balle est encore dans le camp de Google. Mais sous peu, elle reviendra ici et il faudra alors prendre une décision", a-t-il déclaré.

Rappelons que la situation monopolistique de Google en Europe est assez unique. Alors que la firme de Mountain View a une part de marché d'environ 65 % en Amérique, celle-ci dépasse les 90 % dans les principaux pays du Vieux Continent (Allemagne, Espagne, France, Italie et Royaume-Uni).

La piqûre de rappel administrée par Joaquín Almunia au détour d'une interview à la radio ne signe pas encore la fin des discussions, mais doit rappeler au moteur de recherche qu'il ne pourra pas longtemps continuer à louvoyer en avançant des pistes insuffisantes. Car au final, Bruxelles a la capacité d'infliger une amende équivalente à 10 % du chiffre d'affaires annuel de l'entreprise fautive.

Et dans le cas de Google, l'on parle ici d'un montant qui se chiffre en milliards d'euros.

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