Selon l'institut d'analyses Frost & Sullivan, 80% des contenus des téléphones mobiles seraient piratés. Mais elle accuse l'absence d'interopérabilité des DRM mobiles, responsables d'un milliard de dollars de manque à gagner cette année.

L’industrie du mobile est en émois. L’institut Frost & Sullivan évalue à 4,4 milliards de dollars le montant des pertes attendues en 2006 à cause du piratage sur appareils mobiles. F&S estime que « environ 80 % du contenu des téléphones mobiles ont été hackés ou téléchargés illégalement sur les téléphones mobiles, à partir de sites web, ou à travers l’utilisation du Bluetooth, des cartes mémoires et autres périphériques de stockage. Même les pratiques marchandes ne sont pas sûres. « Les mécanismes qui utilisent le MMS ou les SMS surtaxés pour délivrer du contenu aux appareils mobiles sont encore susceptibles de pratiques frauduleuses, comme par exemple se déconnecter du réseau de façon à ne pas être facturé« .

Mais pour l’institut, 1 milliard de dollars de pertes (soit prêt d’un quart de l’estimation) sont dues au manque d’interopérabilité entre le PC, le téléphone mobile et le baladeur MP3. Le Mobile Entertainment Forum (MEF) en appelle donc d’urgence au travail commun sur un standard de DRM mobile (mDRM) interopérable, suffisamment flexible pour permettre de nouveaux modèles économiques basés sur l’échange contrôlé des contenus de pair à pair. Selon Patrick Parodi, le président du MEF, l’industrie a trop longtemps interdit les pratiques d’échanges entre consommateurs, alors qu’elles pourraient générer un puissant outil de marketing viral. « Il est vital d’encourager la distribution légale et innovante de pair à pair pour diriger la croissance de l’industrie du divertissement mobile« , a-t-il sermoné.

Le MEF compte parmi ses membres les quatre majors de l’industrie du disque, et les géants du mobile comme Alcatel, Ericsson,Vodafone, Orange, Motorala, Lucent ou T-Mobile. Mais il est loin de regrouper tous les membres que compte l’Open Mobile Alliance (OMA), dont le standard de DRM a finalement été rejeté par de nombreux acteurs pour cause de prix de licences excessifs réclamés par MPEG LA, détenteur de certaines des technologies employées. Le MEF, dont l’on remarque l’absence de Nokia, cherche à proposer une alternative après cet échec qui a vu de nombreux opérateurs se tourner vers les solutions propriétaires de Microsoft.

Mais son DRM interopérable à lui ne sera pas interopérable avec le DRM interopérable de l’autre…

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