A l'occasion du lancement de l'album "Abracadabra" de Florent Pagny, Universal Music France avait lancé des podcasts vidéo promotionnels. Un mois après, l'opération marketing est un succès qui démontre la main mise des majors sur Internet.

« Lancé un mois en amont de la sortie de son nouvel album  » Abracadabra « , le podcast vidéo de Florent Pagny est aujourd’hui un incontestable succès auprès des internautes« , se félicite Universal Music France, qui précise que « c’est actuellement le 6ème podcast le plus téléchargé sur iTunes« . Lancé fin mars, le podcast était l’une des premières initiatives d’Universal en matière de podcasting. Et elle a de quoi démoraliser ceux qui voient dans l’internet un média alternatif.

Certes, il est aujourd’hui possible de ne plus passer par les cases NRJ, TF1 et Fnac pour diffuser un disque. Mais les artistes indépendants présents sur le net subiront toujours l’omniprésences des majors tant que les médias traditionnels concentrés resteront les plus influents. Alors que les milliers de podcasts réalisés avec passion et talents par des inconnus ne bénéficient que d’une couverture confidentielle, le podcast de Florent Pagny a bénéficié « d’une couverture promo web exceptionnelle avec notamment des relais sur plus de 20 sites internet majeurs la semaine de la sortie de l’album« . « L’événement a également été relayé sur les medias traditionnels (presse, radio, TV..), dont des extraits du podcast diffusés sur Le Grand Journal de Canal + et le JT de France 2, se réjouit la filiale de Vivendi.

Lorsqu’elle va sur Internet, la ménagère de moins de cinquante ans qui écoute la barbichette de Florent Pagny sur les studios de Flavie Flament veut avant tout retrouver la « liberté de penser » qu’elle a aussi connue chez Drucker. Elle va sur iTunes et télécharge le podcast de l’artiste qu’elle connaît et apprécie. Nous sommes encore à de nombreuses années du jour où Internet ne sera pas dominé culturellement par les médias traditionnels, et par une poignée d’artistes que l’on retrouve sur les playlists des grandes radios nationales.

Bien que critiquée de toutes parts, la « culture de masse » industrialisée est probablement aussi un ciment social qui offre des repères communs à toute une population. Cette culture de masse, pense-t-on, sera progressivement remplacée par les cultures des masses lorsque les outils de réseaux sociaux parviendront à former de multiples ciments qui offriront de multiples repères communs. Il n’y aura alors plus autant d’artistes star à fédérer des millions d’amateurs, mais une multiplication des « niches ». Les Webjay, Last.fm et autres Indy nous y conduisent tout droit. A condition que les majors ne mettent pas la main sur ces outils qui, bien plus que le piratage, mettent en péril leur économie.

« Face au succès rencontré, Florent Pagny va continuer à proposer chaque semaine de nouveaux épisodes abracadabrants (www.florentpagny.net), et Mercury/Universal Music Web continueront leur effort de mise en avant auprès des internautes« , annonce la maison de disques.

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