Premier hébergeur en France et en Europe, OVH a pris une décision radicale en annonçant qu'il ne louerait plus de nouveaux serveurs dédiés jusqu'à nouvel ordre. La faute à un "bug marketing" qu'il leur faut corriger en priorité.

Lorsque l'on développe un programme informatique, il est parfois bon de s'arrêter pour corriger les bugs, avant de chercher à développer de nouvelles fonctionnalités. De même dans les affaires, il peut être utile parfois de corriger une offre avant de chercher à acquérir toujours davantage de nouveaux clients. C'est la décision très difficile que vient de prendre OVH, qui a décidé mardi de ne plus accepter de nouvelles commandes de serveurs dédiés jusqu'à nouvel ordre, à la fois en France et dans toutes ses filiales en Europe, au Canada et aux USA.

OVH se retrouve en effet confronté à un problème de gestion causé par un changement de comportement de ses clients, dont il doit trouver la source. Contrairement à beaucoup de concurrents, le premier hébergeur européen a pour principe de ne pas faire payer de frais d'installation des serveurs, et de surtout de ne pas faire signer d'engagement dans la durée. Lorsque de nouveaux serveurs sont proposés à la location, les clients peuvent donc facilement résilier un contrat et migrer vers une offre jugés plus intéressante, notamment parce que le serveur est équipé d'un matériel plus puissant. C'est ce qu'OVH appelle le "turn-over".

Jusqu'à présent, OVH avait toujours réussi à gérer le renouvellement du parc, notamment en dégradant les serveurs vieillissants vers des offres low-cost. "Ceci n'est pas problématique si l'ancien serveur a été loué durant 2-3 ans et qu'on peut relouer l'ancien en Kimsufi durant 2-3 ans encore", explique ainsi Octave Klaba, le fondateur et directeur d'OVH. Mais ces derniers temps, "le nombre de clients qui nous relouent un nouveau serveur au bout de 3 à 6 mois est devenu majoritaire, et les anciens serveurs se retrouvent trop rapidement obsolètes à la vente".

Jusqu'à ses 100 000 premiers serveurs, OVH n'avait pas de difficulté avec le turn-over. Le problème s'est fait ressentir ensuite, entre 100.000 et 150.000 serveurs, et s'est aggravé. "Aujourd'hui nous avons 170.000 serveurs et depuis le mise à jour de la gamme début août, le turn-over s'est encore accéléré pour devenir trop important. La majorité des livraisons ne servent plus qu'à faire du turn-over. On ne livre plus assez de serveurs pour les nouveaux projets ni pour les nouveaux clients. Le temps de livraison pour tous est devenu trop important et on peut dire que la mécanique ne fonctionne plus."

OVH a donc décidé de mettre eu pause son développement en bloquant la location de nouveaux serveurs dédiés, le temps d'analyser le "bug" marketing, et de le corriger. "Nous profitons de ce "sold out" pour mettre les ressources interne non pas sur la croissance mais sur la consolidation de notre backoffice et la remise en cause de la mécanique de nos offres", annonce Octave Klaba.

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