Aux Etats-Unis, certains suspectent Wikileaks d'avoir publié un communiqué d'Edward Snowden... qui n'aurait pas été écrit par Edward Snowden.

Le Edward Snowden qui a publié hier un communiqué sur Wikileaks pour dénoncer Barack Obama est-il vraiment le vrai Edward Snowden qui se trouve actuellement coincé à l'aéroport de Moscou, faute de passeport valide ? La question peut paraître étrange, mais elle est soulevée sérieusement par des internautes américains qui ont remarqué une série d'expressions étranges, que n'utiliseraient pas un Américain des Etats-Unis.

Par exemple, le communiqué dit que "The United States have been" (les Etats-Unis ont été), alors qu'en Américain "The United States" se conjugue au singulier : "The United States has been". Depuis, l'erreur a été corrigée. Entre autres détails, la signature comporte la date, écrite "1st July 2013". Or aux Etats-Unis, le jour s'écrit toujours après le mois.

Tout cela laisse penser que ça n'est pas Edward Snowden lui-même qui a rédigé le communiqué, mais un Européen qui manie bien la langue anglaise, sans en maîtriser toutes les subtilités. A moins qu'il s'agisse d'un anglophone provenant d'un autre pays que les Etats-Unis. Et pourquoi pas Julian Assange lui-même, qui est Australien. En Australie, les dates s'écrivent, comme en France, en mettant le jour avant le mois.

Depuis le début de l'affaire Snowden, Julian Assange s'est montré très actif médiatiquement pour soutenir Edward Snowden, et pour affirmer que Wikileaks était en contact étroit avec l'ancien agent de la CIA. "Nous savons où se trouve M. Snowden, il est dans un endroit sûr et il a bon moral", assurait-il dès le 24 juin dans un entretien à l'AFP, au moment où Edward Snowden quittait Honk Kong. "En raison des menaces belliqueuses venant de l'administration américaine, nous ne pouvons pas donner plus de détails pour l'instant. Malheureusement, nous ne pouvons pas révéler dans quel pays il se trouve".

Mais Wikileaks n'a lui-même jamais publié la moindre information provenant de Snowden. Les fuites sont venues du Guardian et du Washington Post. Et Snowden ne serait pas un grand fan de Wikileaks, dont il se serait moqué par le passé.

Sur Techdirt, le journaliste Mike Masnick estime que le fugitif est devenu "un pion" utilisé par différentes personnalités à des fins politiques. Julian Assange pourrait être l'un de ces marionnettistes qui font parler Snowden. Mais il est aussi probable que Snowden ait simplement dicté un message par téléphone, et qu'il ait ensuite été retranscrit et retravaillé par Wikileaks, avant publication.

Peut-être un jour Edward Snowden pourra-t-il confirmer qu'il était bien lui-même l'auteur du message. Le contraire serait un véritable suicide médiatique pour Wikileaks, dont l'image serait à jamais ébranlée.

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