L'Association américaine des studios de cinéma (MPAA), véritable cartel de l'industrie cinématographique, n'a pas tardé à publier dès hier un communiqué se félicitant de la saisie de Razorback. Un serveur "infâme", selon eux.

Véritable coup marketing anti-piraterie, l’arrêt de Razorback a été salué par Dan Glickman, le président de la MPAA. « C’est une victoire majeure dans notre combat pour arrêter la fourniture de contenu illégal qui circule sur l’internet via les réseaux peer-to-peer« , a-t-il indiqué dans un communiqué. « En rasant le traffic illégal d’œuvres protégées par le droit d’auteur sur Razorback2, nous vidons d’autres réseaux illégaux de leur capacité de fournir les pirates d’Internet avec des œuvres protégées par le droit d’auteur, ce qui est un pas positif dans notre effort international de lutte contre le piratage« , a-t-il ajouté.

Visiblement, la MPAA n’a rien compris ou, ce qui est plus vraissemblable, feigne de ne rien comprendre. « En fermant Razorback2, la facilité avec laquelle les pirates peuvent obtenir du contenu illégal en ligne va diminuer radicalement« , indique l’Association. Une erreur grossière lorsque l’on sait que Razorback ne fournissait aucun fichier, ne servait que d’intermédiaire technique, et que ce rôle d’intermédiaire a été rendu totalement caduque par l’ajout sur tous les clients eDonkey et eMule d’une surcouche entièrement décentralisée et autonome. Les logiciels de partage de fichiers n’ont pas besoin de Razorback pour fonctionner, et l’arrêt du serveur n’aura absolument aucun impact sur la fréquentation du réseau.

Pour John G. Malcolm, directeur du service anti-piraterie de la MPAA, Razorback « était une menace pour la société« . La MPAA, qui rappelle que Razorback2 accueillant 1,3 millions d’utilisateurs, juge le serveur « infâme » et prétend que les administrateurs avaient un objectif clairement financier. Il faut à ce titre rappeler que Razorback était entièrement géré par une association suisse, contre qui une plainte pour complicité de contrefaçon a été déposée.

L’arrêt de Razorback n’aura aucun impact sur le piratage, mais il mettra fin à l’aide apportée à la distribution légale de contenus. Razorback apportait une aide logistique précieuse à la distribution légale de freewares et de sharewares via la chaîne téléchargements de Ratiatum, à la diffusion de musique libre par Jamendo, ainsi qu’à la diffusion d’eBooks libres de droits ou de fichiers commerciaux vendus par des systèmes DRM avec le soutien de Razorback.

Avec la saisie des serveurs de Razorback, seule la partie légale du P2P a été atteinte.

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