Droit d'auteur : 12 propositions pour sortir du débat
Guillaume Champeau -
publié le Vendredi 20 Janvier 2006 à 12h01 -
posté dans High-Tech
En marge d'une guerre des tranchées entre partisans de la licence globale et partisans de la répression et de la surprotection des droits d'auteurs, nous publions 12 propositions et orientations pour ce qui serait vraiment une réforme du droit d'auteur, et non un projet de loi sans ambition.
Une manche à zéro, la balle est au centre. La première mi-temps de la discussion sur le projet de loi sur le droit d'auteur et les droits voisins dans la société de l'information (DADVSI) devait conduire à un renforcement des sanctions contre les internautes et une protection des mesures techniques de contrôle des utilisateurs. A la surprise générale, elle a conduit les députés le 21 décembre à adopter un amendement légalisant le téléchargement sur Internet, accompagné d'une rémunération pour les artistes. Depuis, le débat du droit d'auteur se cristallise entre partisans et opposants de la " licence globale ". Le 8 février débutera la seconde mi-temps du match, avec des changements d'effectifs annoncés dans les équipes, les coachs de chaque camp ayant rappelé les règles du jeu. Mais joue-t-on la bonne partie ?
La réforme du droit d'auteur de 2006 doit-elle vraiment se jouer uniquement sur la légalité ou non du téléchargement, les sanctions et les rémunérations à apporter à Johnny et Chimène Badi ? Aveuglés par ce débat sans grande importance pratique (le téléchargement non encadré continuera avec ou sans loi), l'on oublie que le droit d'auteur dans son ensemble est heurté par Internet et appelle une grande réforme, bien plus ambitieuse que le projet DADVSI. Voici une liste de 12 orientations et propositions concrètes pour permettre au droit d'auteur de se réconcilier avec Internet : 1. Redonner au législateur national le pouvoir de sa législation. Le projet de loi que l'on discute cette année est issu d'une directive européenne adoptée en 2001, qui elle-même transposait en droit européen des accords internationaux signés à l'OMPI en 1996, négociés entre diplomates sans légitimité électorale. Le législateur est donc aujourd'hui pieds et poings liés ; il doit adopter une législation vieille de 10 ans qui date d'une époque où Internet était encore balbutiant et où Napster n'existait pas encore (il est né en 1998). Pourtant le droit d'auteur en 10 ans a profondément changé, ne serait-ce que parce que les auteurs d'il y a 10 ans étaient essentiellement des professionnels de l'édition, de la chanson, du cinéma... alors qu'aujourd'hui ce sont majoritairement des " consommauteurs " (consommateurs auteurs), ou " pronétaires " pour reprendre le terme de Joël de Rosnay et Carlo Revelli. Avec des millions de bloggeurs, de podcasters, avec les forums, les wikis, les sites personnels, le droit d'auteur n'est plus l'affaire des diplomates spécialistes d'antan. En 10 ans, le droit d'auteur est devenu un vrai enjeu de société qui touche chacun de nous, dont il faut ramener les discussions dans les hémicycles. On ne peut plus légiférer sur ces questions avec 10 ans de retard. 2. Raccourcir la durée de protection accordée aux ayant droits. Le droit d'auteur a été vu dès son origine comme un système d'équilibre entre la nécessité d'encourager la création en donnant un monopole temporaire au créateur sur son oeuvre, et la nécessité de donner au public un libre accès aux oeuvres par le domaine public. La durée du droit d'auteur, qui détermine l'étendue du domaine public, est une variable très importante dans cette équation. Actuellement en droit français une oeuvre est protégée 70 ans après la mort de son auteur. Quelle incitation à créer a-t-on lorsqu'une oeuvre à succès confère une rente à vie à son créateur ? Le résultat est qu'une maison de disques (qui bénéficie de droits similaires, adaptés à la personne morale) a plus d'intérêt financier aujourd'hui à sortir une compilation de Georges Brassens qu'à prendre le risque de promouvoir un jeune auteur. Et un internaute n'a toujours pas le droit de télécharger en 2006 le vieux King-Kong de 1933, ce qui permet aux Editions Montparnasse de le proposer encore aujourd'hui à 10 euros le visionnage sur Internet. Le monde de l'information s'accélère à un rythme toujours croissant, et la durée de protection des droits d'auteur est, elle, ne fait que s'allonger pour traverser les siècles. C'est illogique et contre-productif. 3.Ne pas légiférer sur des angoisses et des suppositions. Aucune étude sérieuse n'a su démontrer de relation de cause à effet entre la baisse (il y a d'ailleurs reprise) des ventes de CD et le téléchargement " illégal ". Mais surtout l'Histoire bégaye. Les mêmes peurs ont été exprimées avec le piano mécanique, le photocopieur, la radio (le marché du disque a presque totalement disparu dans les années 30 aux USA après l'apparition de la radio dont le son était de meilleure qualité), la télévision (les studios d'Hollywood ont refusé pendant des années d'accorder des licences sur leurs films aux chaînes de télévision, qui sont aujourd'hui une source première de revenus), le magnétoscope... A chaque fois, l'industrie annonçait sa mort prochaine, et à chaque fois elle a su tirer le meilleur profit de ces innovations. Internet ne doit pas être une exception dans la longue histoire de l'innovation, et le législateur ne doit pas légiférer sur ce qui ne sont que des angoisses face à un chamboulement de plus dans l'univers technique de la musique et du cinéma. 4. Créer un fonds public d'aide à l'enregistrement. Aujourd'hui chaque internaute peut diffuser la musique qu'il crée. Des sites comme Jamendo.com ou Musique-Libre.org diffusent des oeuvres d'artistes qui acceptent de voir leurs oeuvres téléchargées gratuitement et librement. Mais certains genres musicaux ne peuvent pas être enregistrés dans un grenier. Il faut à ces artistes des moyens techniques et financiers que seules les maisons de disques peuvent leur offrir, et ces dernières bénéficient de cet avantage pour faire main basse sur les auteurs. L'Etat ou les collectivités locales pourraient aider ces artistes à enregistrer leur musique pour une diffusion libre sans que ça ne soit lié au chantage conscient ou non d'une signature avec une grande maison de disques. 5. Contraindre la Sacem à libérer ses auteurs. Un artiste inscrit à la Sacem n'a pas le droit de diffuser sa propre musique sur son blog. La Sacem le lui interdit. Ainsi tous les artistes qui usent des licences Creative Commons pour diffuser leurs oeuvres gratuitement de leur propre chef ne peuvent pas être adhérents à la Sacem, et donc recevoir des subsides de leurs éventuels passages à la radio. Il y a incompatibilité totale entre Sacem et Creative Commons. La loi pourrait obliger les sociétés de gestion à donner aux auteurs la liberté de reprendre leur gestion en main sur Internet (un artiste qui signe à la Sacem lui accorde la gestion exclusive de ses oeuvres sur tous les média, et de toutes ses oeuvres, passées comme futures). Note : entre la rédaction de ces propositions et leur publication, la Sacem a annoncé qu'elle allait autorisé ses auteurs-compositeurs à diffuser leurs oeuvres sur Internet, mais uniquement sur leur propre site, et uniquement en streaming, ce qui est loin d'être suffisant. 6. Encourager une concurrence entre sociétés de gestion. Environ un quart des sommes collectées par la Sacem vont à la Sacem pour ses " frais de gestion ". N'ayant aucune concurrence, la Sacem n'est pas incitée à optimiser sa gestion pour maximiser la part reversée aux auteurs, et la qualité de la répartition. La loi doit favoriser la création de sociétés de gestions alternatives, comme c'est le cas aux Etats-Unis. 7. Encadrer la relation contractuelle entre auteurs et producteurs. Il n'y a pas de réel équivalent au code du travail pour les auteurs qui signent avec une maison de disques. Les clauses des contrats de production sont très souvent abusives et les " royalties " d'un niveau minimum (de l'ordre de 5 à 10% net). Les artistes qui rêvent de signer dans une grande maison de disques acceptent ces conditions, quelles que soient les conditions. Il faut encadrer au mieux cette relation contractuelle, désastreuse pour l'artiste. On a vu par exemple Johnny Hallyday qui part chez Warner en laissant tous ses anciens disques dans le portefeuille d'Universal. 8. Permettre à chacun de devenir distributeur de musique. Les grands magasins comme la Fnac ou Virgin n'ont aucun intérêt pratique sur Internet où tout est par nature accessible à tous à n'importe quel moment. Ces monopoles dans la distribution sont un frein à la diversité culturelle et à l'abaissement des coûts pour l'usager. Pourtant les maisons de disques n'accordent les droits de leurs catalogues qu'à ces grandes enseignes, empêchant toute offre légale innovante concurrente de voir le jour. Un système de licence obligatoire pour accéder aux catalogues, dont les conditions d'accès seraient régulées par une autorité de surveillance, assurerait une meilleure concurrence du marché. 9. Faire confiance aux systèmes alternatifs de distribution. Sur Internet où chacun peut distribuer la musique à la place de la Fnac, chacun peut avoir le droit à une commission sur les recettes générées. C'est le modèle de Weed (weedshare.com), qui répartie les fruits des ventes de chansons entre l'artiste, le consommateur qui a distribué la chanson au client, et lui-même. C'est un modèle de gagnant-gagnant qui offre une alternative intéressante au tout-gratuit, en trouvant une autre incitative que la répression. 10. Ne pas handicaper le développement d'Internet au profit des vieux média. Les radios de demain sont les offres de podcasting, personnalisées par réseaux sociaux (on le voit avec l'achat de Webjay par Yahoo). La radio hertzienne est morte à plus ou moins long terme. Or les radios hertziennes ont le droit de diffuser des chansons sans demander l'autorisation des maisons de disques (en payant la Sacem), alors que les webradios et podcasters n'ont pas cette possibilité. Ce désordre crée par le droit d'auteur un déséquilibre de la concurrence et un frein à l'innovation. 11. Remettre en question la chronologie des média. Le marché du cinéma est parfaitement organisé en France, avec d'abord la sortie en salle, puis seulement 6 mois après la sortie du film en DVD, puis sur les kiosques payants au bout de 9 mois, puis sur les chaînes cryptées type Canal+ au bout de 12 mois, puis enfin sur les chaînes en clair après 2 ans... Le système a permis à tous les acteurs de trouver leur compte sans concurrence véritable, mais il est absurde aujourd'hui où plus d'un tiers des films sont disponibles dès leur sortie sur les réseaux P2P, et la majorité dès les semaines qui suivent. 12. Lever le tabou de l'obligation de dépôt des oeuvres. La loi accorde à l'auteur un droit exclusif sur son oeuvre dès sa création. Ce principe se justifie dans la vision d'un droit d'auteur dédié principalement aux professionnels ; il a toujours s'agit de protéger un professionnel (un auteur) contre un autre professionnel (un autre auteur ou un éditeur) qui aurait indûment copié une oeuvre. Mais aujourd'hui la fonction économique du droit d'auteur s'inverse. Il tend à y avoir davantage d'auteurs à créer des oeuvres (que ce soient des chansons ou des commentaires sur un blog) qui ne souhaitent pas tirer le moindre bénéfice économique de leurs créations. Le succès des Creative Commons en témoigne. Le droit d'auteur doit tenir compte de cette évolution, et libérer par défaut les droits sur toute exploitation non commerciale d'une oeuvre dont l'auteur n'a pas souhaité réserver les droits lors sa publication. Comme pour les brevets, l'auteur qui souhaite préserver son monopole en toutes situations devrait effectuer une démarche active de dépôt, avec le paiement de droits de gestion (un système de marqueur sur les fichiers permettrait de l'identifier comme déposé). Pourquoi un auteur qui a pour ambition de réaliser un profit par son oeuvre n'aurait-il pas à payer un loyer comme un commerçant doit payer ses murs ? On ne peut pas être un professionnel en ayant les avantages sans en subir les inconvénients... Le débat est ouvert. Prix indiqués avec livraison
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Commentaires à propos de «Droit d'auteur : 12 propositions pour sortir du débat»
Cher Vénérable (du sommeil ou du sommelier ? La deuxième solution me brancherait plus...)
Vous avez bien raison de préférer écouter la musique en concert. venez donc même l'écouter en répétition, au milieu de l'orchestre, je vous y invite avec plaisir. Le manque de distinction au niveau des DRM peut entraîner des dérives, nous en sommes bien conscients. En fait, l'un des premiers intérêts de ce débat, c'est que les responsables des sites payants ne peuvent que réaliser la frustration qu'ils ont généré chez ceux là même qui sont prêts à être leurs clients. espérons qu'ils en tireront les conséquences. Amitiés. LP En fait, c'est le vénérable du sommet. Vous savez, ce grand gars qui vend de la lessive en haut de sa montagne dans les 12 travaux d'Astérix, j'admire sa barbe !! mdr
J'ai eu une idée en entendant dire que les réseaux p2p marcheraient comme une radio (ce qui n'est pas totalement faux). Pourquoi les majors ne diffuseraient pas (voir inonderaient, ils ont les moyens) certaines parties de leur catalogue (pour opération promotionnelle) sur les réseaux p2p mais en rajoutant des empreintes sonores comme pour radios hertziennes (Par exemple, au milieu d'un titre, l'annonce: Vous écouter un artiste Universal, sony, bmg, etc ...), tous ça encoder en 64 ou 128 kbs maxi. Bien sûr, cela n'empecherais pas totalement le piratage, mais est - ce possible ?? Par contre, ce système pourrait séparer les pirates de ceux qui veulent juste connaitre avant d'acheter. J'accepterais mieux, dans ce cas, la présence des DRM sur les cd ou dvd (à condition que se soit réellement interopérable quand même). Au fait, je me suis rendu compte que j'avais oublié de le préciser. Tous ça, c'est en plus de la license globale et non en remplacement
Je voudrais essayer d'apporter quelque chose a ce debat que je trouve interessant, notamment (et plus particulierement ici).
Je suis informaticien professionnel et salarie. Je ne suis donc pas un artiste (au sens vivant de sa production culturelle). La loi qui devait passer etait completement stupide. Cela ne fait plus aucun doute. Je pense que certaines reflexions faites ici sont bonnes. Je voudrais en ajouter quelques unes : Il me semble que c'est la maniere globale dont on aborde la culture qui doit etre reconsidere. Je suis pour que les artistes soient payes, mais je suis contre un dicdat de la part d'une industrie. Je vais donc faire quelques remarques : - Je considere qu'il est anormal que l'on paie des redevances sur les CD vierges et DVD vierges (surtout quand cela atteint ce montant), quand on les utilise pour faire autre chose que des copies privees (que le droit nous accorde) redevances qui vont uniquement a la musique - Je considere aussi qu'il est anormal qu'a tout changement de support (cassette, vinyl, cd) je doive racheter les albums. Car qu'est-ce que j'achete si ce n'est un droit d'ecoute ? - En tant que salarie, je subventionne tres fortement via la caisse du chomage des intermittents du spectacle, qui sont fortement utilises par l'industrie musicale dans son ensemble. - Je ne peux pas lire sur ma platine de salon ou sur mon ordinateur des DVD achetes dans d'autres regions du monde. A moins bien sur que je sache outrepasse la protection macrovision. - Quand je vais boire une biere dans un bar qui passe de la musique, je paie la Sacem (a ce que je sache je ne paie rien pour les tableaux acroches au mur pourquoi?) - Si je veux faire une fete entre amis dans une salle en utilisant mes CDs je dois aussi repayer la Sacem. - Meme si on est a l'epoque de la mondialisation, on doit attendre 6 mois, 1an pour voir certains films. - On met des protections inadmissibles quand je veux ecouter un CD sur mon PC. Protection non mentionne lorsque l'on achete le CD et bien sur pas remboursable. - La tele (mais c'est son droit) nous inonde de musique et les chaines musicales sont tres nombreuses, meme sur la TNT ou le nombre de chaines est limite (ce qui signifie que l'on donne toujours un avantage a la musique). - Le cinema me coute 9 euro la seance avec des salles toujours pleines de monde (desole mais c'est comme ca a cote de chez moi) Bref, jusqu'a maintenant la balle etait dans le camps des distributeurs. Or il se trouve que le monde change - on peut commander par le web des DVD vierges a 0.3 euros et les jeunes n'hesitent pas a le faire. - on peut ne plus attendre le bon vouloir des producteurs pour decider d'acheter un film aux US 6 mois avant sa sortie en France. Bref, je ne partage pas l'ideologie de certains du genre : "ils y a pleins d'artistes gratuits partout, les connus ne sont que des produits marketing". Mais je pense que si les distributeurs ne se bougent pas ils vont avoir un serieux probleme. On ne peut pas demander aux gens d'accepter de perdre leur boulot au nom de la mondialisation, et en meme temps leur dire que ce n'est pas bien d'aller acheter des disques ou des DVD a l'autre bout du monde. D'ailleurs, a terme, la musique pouvant etre dematerialiser, ca va devenir assez facile aux artistes de s'auto-produire. En conclusion, je pense que le metier de vendeur de musique est a revoir. Idem pour le cinema. Il faut absolument vendre tres vite et peu cher. D'ailleurs, a terme, la musique pouvant etre dematerialiser, ca va devenir assez facile aux artistes de s'auto-produire."
Cher Célestin, La musique dématérialisée, c'est au niveau de sa diffusion, pas de sa production. A part le monde du home studio, les autres auront toujours besoin : D'un studio bien réel D'un ingénieur du son et de ses assistants, bien salariés De musiciens (dans mon cas d'orchestres) tout autant salariés en CDD pour cet enregistrement, ce qui n'empêche pas la Spedidam de réclamer une large part de "sa" Licence Globale D'instruments bien réels (dans mon cas de pianos de concerts avec un accordeur, en chair et en os et bien salarié aussi) De copistes Etc..... Alors bien sûr, le pressage, la diffusion, tout cela sera différent et plus economique, mais avoir la bande en sortie de studio coûtera toujours de plus en plus cher. Cordialement. LP @Petitgirard>
Dans ce cas que pensez vous d'un fiancement pour des studios plublics, à la maniére de l'état qui finance en partie les salles de spectacles. Des studios libre d'acces avec toute le materiel necessaire pour faire un enregistrement. Je connais tellement de groupes amateur qui ne font que du live qu'ils seraient ravis d'avoir un studio pour diffuser une creation de qualité et se faire connaitre un peu partout. Car quand un fan de tel type de musique vois qu'un groupe qu'il ne connait pas va passer dans sa ville, la premiere chose qu'il fait c'est regarder s'il y a une de leurs oeuvres sur le P2P, et s'ils apprecient ils achetent une place. Vous allez me dire, ca va etre la cohu, le studio sera pris d'assaut. Il n'y a qu'a faire un systeme de parainage des dirigeants de salles qui donne leur avis favorable ou defavorable en fonction de l'ambiance et surtout des recettes engrangées. Là, au moins on aurait une vraie selection naturelle, et non une selection marketing prétypé majors. Bref une explosion de la création musicale... Et pourquoi pas idem avec les court-métrages. malheureusement tout ce que je peux vous dire c'est que trois des plus grands studios parisiens ferment pour cause de faillite, y compris le plus moderne de tous...
Quand au studios pour la musique de film ou le grand symphonique, il n'y en a plus qu'un, avec une seule toilette pour 150 personnes et l'obligation d'enregistrer entre les rames de métro.... D'où l'interet de faire financer les studios par l'état. Pourquoi pas par une partie des fonts de la sacem ou de la licence légale.
En tout cas vous n'etes pas un vieux crouton qui ne savait m^me pas ce qu'est internet. Au moins vous savez surfer et forumer ^^ je trouve étrange que Laurent Peit girard viennent s'exprimer librement ici alors que la SACEM possede des attachés de Presse et qu'elle pratique la politique de l'autruche depuis de tres nombreuses années
politique de l'autruche = absence de communication au grand public je trouve étrange que M. petit Girard viennent s'expirmer librement ici alors que la SACEM dispose d'attaché de Presse et qu'lle a toujours pratiqué la politique de l'autruche (abscnece de communication au grand public)
LPG:
"Le cinéma bénéficie encore de cette différence de qualité entre salle - DVD - et fichier illicite téléchargé et ceci justifie d'essayer de faire tenir encore la chronologie des médias." Chronologie qui sert à quoi? Un stratagem (limitation imposée) permettant de gagner plus que normalement. C'est assimilable au vol commercial (oui, cela existe et c'est même pratiqué couramment, déguisé sous le nom "business"). Une limitation comme la limitation de durée d'une carte pré-payée de cinéma ou mobicarte - l'argent n'a pas de durée limitée. Du vol tout simplement, pratiqué depuis toujours par pas mal d'industries qui, en voyant leur stratagem devenir inutilisable avec l'avance de la société/technologie, paniquent et essayent de tout faire pour garder le monde compatible avec leurs combines. Mais ça ne marchera plus. Comme l'histoire des "Zones" des DVD. Un vendeur n'as pas le droit de vendre uniquement aux personnes de son choix. Biensur il ne refuse pas actuellement, mais il essaye d'imposer des lois(!!) qui font que l'acheteur ne peut pas visionner le film! (c'est à dire qu'il encaisse le prix quand-même!) Et le législateur le lui permet! Au nom de quoi exactement? La libérté des entreprises? Un bout de papier? Et la liberté de l'être humain alors? Il y a un excellent film américain intitulé "The Corporation (2003)". Un documentaire sur la nature et évolution des entreprises. Regardez-le, je vous le conseille vivement. Le copyright est une autre trouvaille (lire: arnaque) du même genre. Personne n'a jamais rien inventé tout seul. Je respecte la création, c'est l'acte le plus valorisant pour l'être humain. Tout le monde crée tout le temps, à son échelle. Mais on a tous créé en rassemblant des idées appris chez d'autres, depuis notre enfance. C'est la propriété de l'humanité depuis son début, pas de Mr. X ou Y. Ils ont le droit d'être payé pour leur travail, leur intelligence, et pour la vente de leur produit, mais aucune exclusivité et aucun droit à long terme. Les idées ne nous appartiennent pas. Le sujet est beaucoup plus vaste qu'il n'en a l'air. Amicalement. 2 réponses,
à FCNA qu'y a t il "d'étrange" ? Je participe à des forums et répond aux questions à titre personnel tout en indiquant clairement la position de la sacem que je partage pour l'essentiel. Vous devriez préférer parler à un créateur qui exerce régulièrement des responsabilités au sein du CA Sacem plutôt qu'à une attachée de presse. à Xylophone, à vous lire si abrupte et définitf, je comprends pourquoi je préfère le vibraphone. La chronologie des médias n'est pas un stratagème mais un état de fait. Si un film passe à la télé le jour de sa sortie en salle, il perd les trois quarts de ses entrées cinéma. Si le film passe à la télé en même temps que la sortie DVD, il perd les trois quarts de ses ventes DVD. Les chaînes de télé cryptées, non cryptées, les diffuseurs de DVD, tous ces partenaires financent les films a priori. Sans l'argent des chaînes, la plupart des financements se cassent la figure et sans chronologie des médias, beaucoup moins d'argent des chaînes. Ce n'est pas un "stratagème" mais une réalité. Quand à votre attaque contre la propriété intellectuelle, vous poussez le bouchon très loin. Je vous signale que le droit d'auteur fait partie des droits de l'homme. Amitiés. LP a Laurent Petitgirard, a propos de la musique dematerialise.
Je suis bien sur d'accord avec vous. Cela concerne uniquement la distribution. Mais, je ne vois pas bien ce qui va empecher les artistes connus de vendre leurs oeuvres sur leur site web ? Or les producteurs gagnent beaucoup d'argent avec les artistes connus. Cela va donc leur faire un manque a gagner, et donc les obliger a changer leur metier. Il y a aussi un sujet qui n'est pas aborde ici et qui meriterait de l'etre car il l'a ete a l'assemblee nationale : 90% de l'informatique est aux mains de non europeens, ainsi que de nombreuses maisons de production. Qu'est-ce que les europeens vont gagner en donnant plus de pouvoir a ces gens. Par exemple la gestion des DRM est faite uniquement par des non europeens ? A laurent Petitgirard: plusieurs remarques à propos de votre intervention sur 01net.
A propos de la taxe sur les supports vierges: "...vous parlez d'une redevance et non d'une taxe." Ok, mais la perception qu'a le public est exactement la même quel que soit l'appelation donnée. "...En plus ces sommes sont réparties par sondages, ce qui pénalise les petits." Effectivement !! C'est justement ce qui insurge la plupart des gens et c'est pour cette raison que cette "redevance" est considérée comme malhonête par tout le monde. A propos de la rémunération des auteurs: "...Question complexe. Tout d'abord, la perception : beaucoup moins d'argent sera récolté." Peut -être. J'en profite pour dire ici que je suis pour une redevance globale et non légale. Je considère que chaque personne se doit d'être citoyen et donc de participer à la culture. Bien sur, donné de l'argent à certain pseudo artiste est désagréable mais si la redistribution des droit d'auteur est correcte, alors cela passera beaucoup mieux. En fait, c'est cette question qui me chiffone le plus à ce jour. La question est complexe dites - vous. Alors ça oui... "...Le droit exclusif (qui correspond aux ventes sur les sites légaux) permet de rémunérer les plus petits. Celui qui a été téléchargé 137 fois, touchera sa part des 7 centimes d'euros réservés aux auteurs, compositeurs et éditeurs sur chaque téléchargement." ce n'est pas ce que stipule les contrats fait par les majors (auteurs comme interprètes). Pourquoi ?? "...j'ai pu constater que nous avons perçu et réparti, en 2004, au titre des droits sur les ventes de CD, exactement 25 % de moins qu'en 2003." Et cela, serait dû au p2p seulement ?? Pensez vous que la situation économique actuelle me permet aujourd'hui d'acheter autant de cd, dvd, films, livres, sortis au ciné, et autres... autant qu'avant ?? L'industrie du divertissement ne serait - elle pas simplement la première à subir les contre - coups de la mauvaise situation dans laquelle se trouve de plus en plus de gens ?? Je me demande aussi si il n'y aurait pas de plus en plus d'activités artistiques qui grace à des contrats préparés par des avocats malins ne passeraient plus par la case SACEM. "...il faut rappeler qu'il s'agit de la transposition d'une directive européenne." oui, c'est vrai, mais cette directive n'est que la transposition d'une directive américaine préparée il y a plus de 10 ans dans un contexte différent où les réseaux p2p par exemple n'avaient pas cette ampleur. "...Non, c'est la licence globale qui, répartie par sondages, se rapproche des techniques anglo-saxonnes." pour l'instant, rien n'est encore décidé et la technique de ces réseaux peut tout à fait permettre une répartition juste à condition de faire pression sur les éditeurs de ces solutions au lieu de les faire fermer simplement. "...l'internaute qui téléchargeait 6 titres pour 6 euros dans un mois pourra en télécharger 100, 200 ou plus" C'est pas obligatoire, mais comme la loi ne doit pas statuer sur des "si", Je propose que la redevance se base sur un ratio (plus je télécharge, plus je participe) avec une base fixe quand même. Si les f.a.i jouent le jeu cela pourrait fonctionner (même si ils ne veulent pas, la cnil est là pour ça). "...Pour qu'il n'y ait pas de confusion, je vous dirai pour finir que : les auteurs, la Sacem et la filière dans son ensemble ne sont pas un seul instant contre les logiciels libres." Je veux bien le croire, mais la loi DADVSI et ses différentes directives propose exactement l'opposé et elle a été signé par vos pairs. J'ai un peu l'impression que les éditeurs de logiciels propriétaires et les majors ont proposé un texte à la SACEM qui l'a signé sans trop la lire. Bien sur, on ne peut tout savoir et être spécialiste dans tout les domaines mais quand même !! Une dernière remarque. La license globale/légale doit être prit pour ce qu'elle est réellement: un compromis. Ce qui logiquement ne peut plaire complètement à qui que ce soit. car, accepter le téléchargement des oeuvres protégées sans l'encadrement de la loi, c'est effectivement mettre en danger la production artistique dans son ensemble et pour longtemps. Mais la question qu'il faut aussi se poser est la suivante: Combien va coûter à cette production la guerre qu'elle se propose de faire ?? a laurent petit girard :
ce que je lis quelque fois sur les forums est completement deconnecté de la réalité, si c'est reelement vous je trouve que vous avez beaucoup de courage de tenter d'expliquer au public le droit d'auteur, aujourd'hui le tout gratuit est entré dans la tete des gens et pour le faire sortir c'est pas gagné. Cher Fcna,
Suis-je moi, voilà une belle question pour un samedi matin... Dans la mesure où je dois travailler Stravinsky, Prokofiev, Hersant et Rachmaninov pour ma générale de ce soir et les deux concerts de demain au lieu d'aller me promener à Saint-Germain des Prés, j'en conclus que je suis moi... A vrai dire, à voir toutes les bonnes excuses que je me trouve pour ne pas avoir encore entamé le travail ce matin (à commencer par un petit tour sur ce forum) j'en conclus que je suis certainement moi... Pour le reste, il y a toujours un intérêt à lire les arguments de gens sincères. Je les respecte plus que les malins qui promeuvent officiellement cette LGO. Amitiés. LP Article très interessant (en anglais):
http://www.eff.org/I...0301_lunney.pdf "While it might be possible to develop business models that would convert some of this P2P sharing into paid access, the petitioners' speculation that there might be some way to convert all, or even most, of these P2P users into paying customers is precisely the sort of speculation regarding future harm that this Court held was insufficient in Sony Corp. By any stretch of the imagination, most P2P file sharing does not substitute for the purchase of an album, nor does it substitute for paid access under any practicable licensing arrangement." Je trouve ces propositions et orientations très interressantes. Ce texte a-t-il été envoyé au premier ministre, ministre de la culture ou autre? Le format "lettre ouverte", qui consisterait à en envoyer des copies aux principaux quotidiens et magazines français serait aussi une bonne idée.
Si ce texte n'a pas encore été envoyé à divers ministères, il serait bon, déjà de revoir les dates (l'examen du projet de loi étant repoussé à début mars) et surtout d'étoffer et développer chacun des points. En l'état, ça fait un bon sommaire avec une présentation de chaque sujet mais des propositions concrètes de mise en oeuvre de chacune des idées pourrait être apprécié. Voici des exemples de questions à se poser afin de développer, limitant ainsi les risques d'être mal compris par les parlementaires et augmentant les chances d'être pris au sérieux. Citation 1. Redonner au législateur national le pouvoir de sa législation. On ne peut plus légiférer sur ces questions avec 10 ans de retard. Citation 2. Raccourcir la durée de protection accordée aux ayant droits. Le monde de l'information s'accélère à un rythme toujours croissant, et la durée de protection des droits d'auteur ne fait que s'allonger pour traverser les siècles. Citation 3.Ne pas légiférer sur des angoisses et des suppositions. Internet ne doit pas être une exception dans la longue histoire de l'innovation, et le législateur ne doit pas légiférer sur ce qui ne sont que des angoisses face à un chamboulement de plus dans l'univers technique de la musique et du cinéma. Citation 4. Créer un fonds public d'aide à l'enregistrement. L'Etat ou les collectivités locales pourraient aider ces artistes à enregistrer leur musique pour une diffusion libre sans que ça ne soit lié au chantage conscient ou non d'une signature avec une grande maison de disques. Citation 5. Contraindre la Sacem à libérer ses auteurs. La loi pourrait obliger les sociétés de gestion à donner aux auteurs la liberté de reprendre leur gestion en main sur Internet Donner une définition (ou des exemples) des licences Creative Commons. Citation 6. Encourager une concurrence entre sociétés de gestion. La loi doit favoriser la création de sociétés de gestions alternatives, comme c'est le cas aux Etats-Unis. Citation 7. Encadrer la relation contractuelle entre auteurs et producteurs. Citation 8. Permettre à chacun de devenir distributeur de musique. Un système de licence obligatoire pour accéder aux catalogues, dont les conditions d'accès seraient régulées par une autorité de surveillance, assurerait une meilleure concurrence du marché. Citation 9. Faire confiance aux systèmes alternatifs de distribution. Citation 10. Ne pas handicaper le développement d'Internet au profit des vieux média. Ce désordre généré par le droit d'auteur crée un déséquilibre de la concurrence et un frein à l'innovation. Citation 11. Remettre en question la chronologie des média. Le système a permis à tous les acteurs de trouver leur compte sans concurrence véritable, mais il est absurde aujourd'hui où plus d'un tiers des films sont disponibles dès leur sortie sur les réseaux P2P, et la majorité dès les semaines qui suivent. [QUOTE]12. Lever le tabou de l'obligation de dépôt des œuvres. Le droit d'auteur doit tenir compte de cette évolution, et libérer par défaut les droits sur toute exploitation non commerciale d'une œuvre dont l'auteur n'a pas souhaité réserver les droits lors sa publication. Comme pour les brevets, l'auteur qui souhaite préserver son monopole en toutes situations devrait effectuer une démarche active de dépôt, avec le paiement de droits de gestion (un système de marqueur sur les fichiers permettrait de l'identifier comme déposé).[ /QUOTE] Concrètement, comment proposez-vous que ce soit mis en oeuvre? Il ne faut pas oublier que même de nos jours, des compositeurs qui n'avaient pas l'intention au départ de faire de l'argent avec leurs créations se sont vus déposséder de celle-ci par un autre auteur peu scrupuleux ayant copié puis déposé leur musique avant eux. (cf le Naheulband et la première mouture du "troll farceur") Dans le cas d'un auteur souhaitant après coup vendre sa production, comment cela serait-il géré? Voilà, ce ne sont que quelques idées de questions à se poser, sans doute y en a-t-il beaucoup d'autres qui premetraient de mieux encore préciser les propositions. Désolé pour le mauvais lien plus bas; Voici le bon:
http://www.eff.org/I...0301_lunney.pdf (il n'y a pas d'espace dans "Grokster") Et un mini-lien qui evite que ce lien ne se coupe: http://lnk.nu/eff.org/87j.pdf
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Le problème économique que vous citez est capital.
J'ai conditionné mon arrivée à la tête de l'orchestre Colonne à Paris au fait de mettre toutes les places à 10 euros (les autres orchestres symphoniques sont généralement entre 30 et 60 euros).
J'enregistre désormais exclusivement pour Naxos (CD autour de 8 euros).
Vous prêchez donc un convaincu.
Les droits d'auteurs des photographes sont malmenés, c'est vrai.
N'oubliez cependant pas qu'à la différence des auteurs, ils sont sensés avoir été payés pour leur travail, mais je vous accorde bien volontiers que c'est de moins en moins souvent le cas.
Cordialement.
LP