Le tracker BitTorrent privé FrenchTorrentDB a dû déménager ses serveurs au Canada, après que l'organisation de lutte contre le piratage aux Pays-Bas a demandé à l'hébergeur néerlandais de couper l'accès au site français. Mais le remède pourrait être de courte durée.

Le BREIN, l'organisation néerlandaise de lutte contre le piratage qui a obtenu le blocage de The Pirate Bay aux Pays-Bas, se montre toujours aussi active dans la lutte contre les sites de liens BitTorrent. Y compris pour frapper des sites qui n'ont qu'un impact très limité sur le piratage dans son propre pays. Ainsi ces derniers jours, le BREIN a frappé au moins deux sites français : Sokroveno.com, dont un serveur et un switch ont été saisis lundi, et FrenchTorrentDB.com.

Le premier a pu remettre en route une version datant du mois de juillet 2012, grâce à l'utilisation d'une sauvegarde. Mais le site est pour le moment fermé, et n'indique pas s'il compte rouvrir. "S'il y a réouverture, vous serez informé via notre page Facebook", indiquent les administrateurs de la board warez. 

De son côté, le très populaire tracker privé FrenchTorrentDB ne semble pas avoir vu ses serveurs saisis. Mais il indique que "suite à une plainte du BREIN, notre hébergement aux Pays-Bas a été suspendu" jeudi soir dernier. Dès la nuit de jeudi à vendredi, l'équipe du tracker BitTorrent a mis en place une procédure de déménagement pour migrer l'ensemble du site vers un autre hébergeur, dont le datacenter est situé au Canada.

"Notre priorité numéro 1 était de remettre en ligne le site le plus rapidement possible, mais nous allons voir prochainement à trouver un autre centre de données", a prévenu FrenchTorrentDB dans un message adressé à ses membres.

Accessible uniquement sur invitations délivrées par cooptation (seuls les membres inscrits qui ont fait leur preuve de fiabilité peuvent inviter à leur tour un internaute à rejoindre le site), FrenchTorrentDB référence plus de 60 000 torrents, dont près de 17 000 films, 25 000 séries et 6 500 albums musicaux. 

Il paraît peu probable que le déménagement de ses serveurs au Canada suffise à le mettre à l'abri des poursuites des ayants droit. D'autant que la principale menace qui pèse sur le site n'est plus au niveau de ses serveurs, mais de son nom de domaine. Le site utilise un .com administré par Verisign, sous la juridiction américaine. Or les USA procèdent désormais à des saisies de noms de domaine lorsqu'ils utilisent des extensions gérées par Verisign (.com, .net, .cc, .org…), et qu'ils estiment que le site est opéré en violation des droits d'auteur. C'est ce qui avait amené The Pirate Bay à changer son nom de domaine en début d'année.

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