Le SNEP a accueilli avec satisfaction la décision de Google de dégrader le classement des sites web faisant l'objet de nombreuses demandes de retrait de la part des ayants droit. Mais le syndicat français estime que l'efficacité de la mesure ne sera visible que dans quelques mois. En attendant, il invite le géant américain à poursuivre dans cette direction.

Courant août, Google a fait un geste très fort en direction des ayants droit. L'entreprise américaine a annoncé avoir procédé à la révision de son algorithme d'affichage des résultats afin dans le but de sanctionner les sites web accusés de contrefaçon. Cela se traduit concrètement par leur recul dans le classement, ce qui a pour effet secondaire d'améliorer la visibilité des plates-formes légales en les faisant remonter.

"Les sites avec des nombres importants de demandes de retrait pourraient apparaître plus bas dans nos résultats. Ce changement de classement devrait aider les utilisateurs à trouver des sources de contenu légitimes, de qualité, plus facilement – que ce soit une chanson publiée sur le site musical de NPR, une série TV sur Hulu, ou une musique streamée sur Spotify", avait expliqué Google.

Google doit continuer dans cette voie

L'initiative de Google ravit évidemment les ayants droit, et en particulier le Syndicat national de l'édition phonographique (SNEP). Interrogé sur ces changements par l'Expansion, le directeur général David El Sayegh apprécie. Mais son efficacité sur la lutte contre le piratage ne pourra être observée que dans quelques mois, le temps que l'algorithme fasse effet sur les recherches en ligne.

"Nous allons attendre de voir comment elle se matérialise concrètement. Il faudra analyser les résultats sur des sorties commerciales récentes. […] D'ici à la fin de l'année nous aurons pu nous faire une idée. Il faut rester prudent", a-t-il commenté. Et selon lui, ce sont les successeurs de MegaUpload, c'est-à-dire les hébergeurs spécialisés, qui seront les premiers à subir les effets de la mise à jour de Google.

Mais le SNEP n'est pas naïf. Le syndicat sait pertinemment que ce sont les multiples procès contre Google qui ont poussé le géant du net à épouser les recommandations de l'industrie du divertissement. Et tout n'est encore acquis. Récemment encore, il a fallu que le SNEP aille en cassation pour faire connaître que le filtrage sur Google Suggest est une mesure acceptable contre le piratage.

Empêcher la suggestion du piratage

En la matière, le comportement de Google "n'était pas sérieux", estime David El Sayegh. "On ne peut pas orienter les gens vers des sites pirates […] À un moment, on doit sortir de l'ambigüité", d'autant que l'entreprise dispose de filtres pour bloquer certains termes sexuels, injurieux ou en rapport avec le téléchargement illicite dans son outil de suggestion.

Et maintenant ? Pour le SNEP, Google doit continuer ses efforts contre la contrefaçon. Le syndicat songe même à s'inspirer d'une certaine façon des fameuses listes noires dressées par la RIAA et la MPAA pour "fournir une liste noire de sites illicites" au géant américain. "Quand on est un moteur de recherche, forcément on n'est pas neutre, donc on a un rôle à jouer". Et le SNEP veillera à ce que Google joue le bon rôle.

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