Sans même se rendre compte que c'est bien là le problème, le magazine Madame Figaro explique qu'il n'a fait qu'appliquer une "procédure systématique" en demandant à Mme Figaro de ne plus utiliser son vrai nom sur son blog, sous la menace de graves sanctions judiciaires.

Après le très mauvais buzz que s’est offert Le Figaro en demandant à une certaine « Madame Figaro » de ne plus utiliser son nom patronymique dans l’intitulé de son blog, le groupe de presse a réagi sur son site internet.

Pas question de s’excuser d’avoir fait peur à Madame Figaro en lui affirmant que le fait d’utiliser son propre nom sur son propre blog pouvait l’envoyer devant le tribunal et la faire condamner à des dommages et intérêts, ainsi qu’à des « sanctions pouvant atteindre 3 ans d’emprisonnement et 300.000 Euros d’amende, les condamnations étant alors inscrites au casier judiciaire« .

Le Figaro se dit « navré de cet incident » et dit comprendre « que la mise en demeure dont son blog a fait l’objet ait pu la heurter« . Il reconnaît que le courrier d’avocat « dans ses termes a pu paraître trop directif » (sans blagues !), mais ne s’excuse pas sur le fond.

Pire, Le Figaro persiste et signe. « La Direction juridique du Groupe a pour mission de protéger la marque Figaro dans toutes ses utilisations ainsi que les contenus de ses publications« , explique le groupe. « Dans le cas présent, elle n’a fait qu’appliquer une procédure systématique visant à empêcher qu’une confusion ne s’installe dans l’esprit du public« .

Or c’est précisément le caractère systématique de la demande qui la fait paraître complètement décérébrée. Et il est incroyable que Le Figaro ne le comprenne pas et même s’en serve comme argument pour se justifier. Quand bien même la demande du groupe de presse serait-elle fondée juridiquement, ce qui est hautement sujet à caution, ce n’est pas parce que l’on a un droit que l’on a le devoir de le faire respecter. Ce n’est qu’un droit, qui doit être pesé au regard des circonstances. Le systématisme est la négation de l’intelligence.

Grand seigneur, le magazine Madame Figaro tient quand même à préciser (en écrivant le prénom qu’il semblait que la blogueuse voulait garder secret) que « si Madame Elise Figaro le souhaite, nous serons heureux de lui ouvrir une tribune libre sur notre site« . Dans ces conditions, on oublie tout ?

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