Le Pirate Pirate Allemand a une nouvelle fois frappé et surpris les observateurs politiques outre-Rhin. Dans le Land de Sarre, qui compte environ 1 million d'habitants, le Parti Pirate est arrivé dimanche en quatrième position des élections locales, ce qui lui permet d'accéder à l'assemblée régionale. Comme il l'avait fait à Berlin l'an dernier.

Le Parti Pirate est en train de s’installer comme une force non négligeable dans le paysage politique allemand. Alors qu’il avait déjà remporté 9 % des voix au mois de septembre dernier lors des élections législatives pour le Landestag de Berlin, ce qui lui a permis d’entrer au Parlement de Berlin avec 15 parlementaires, le Parti Pirate allemand a une nouvelle fois remporté suffisamment de voix dimanche, à l’occasion des élections du Land de Sarre, situé au sud-ouest du pays entre la Rhénanie-Palatinat, le Luxembourg et la France.

Dimanche, raconte Associated Press, « la surprise est venue du Parti Pirate qui remporte 7,4 % et entre dans sa deuxième assemblée régionale après Berlin l’an dernier« . Ce score qui lui permet d’envoyer 4 parlementaires siéger au parlement de Sarre est supérieur à ceux enregistrés par les Verts et les Libéraux. La CDU est arrivée en tête des élections avec 34,9 % des voix, devant le SPD avec 30,7 % des voix et Linke avec 16,3 % des voix. Le Parti Pirate est arrivé en quatrième position, gagnant une place par rapport à l’ordre d’arrivée berlinois.

« Les Pirates se félicitent de leur mobilisation de la population, car selon un sondage mené pour la chaîne publique ZDF, plus de 20 % des électeurs du Parti Pirate étaient auparavant absentionnistes« , remarque le blog Politique du Netz, qui s’intéresse à l’actualité numérique allemande. 25 % des électeurs de la région qui votaient pour la première fois dimanche ont choisi de glisser un bulletin du parti pirate dans l’urne.

Pour le Stern, qui commente le résultat, le résultat est peut-être annonciateur d’un mouvement de fond au niveau national. « Les Pirates sont arrivés pour rester« , note le quotidien allemand. « Il naît toujours quelque chose de neuf de la colère, des protestations. Il est donc tout à fait possible que les succès parlementaires des pirates leur permettent de s’implanter durablement, plus rapidement qu’en leur temps les verts et malgré les particularités de beaucoup de leurs candidats. Si la classe politique ne s’empare pas de leur idéal de liberté au plus vite, il est possible qu’ils entrent au Bundestag (le parlement national) en 2013« .

Loin de se cantonner à la seule légalisation du partage d’œuvres sur Internet, ou même à la défense des libertés numériques et de la transparence démocratique, le Parti Pirate s’était engagé en Sarre dans une véritable campagne prenant en compte les enjeux locaux. Il s’est par exemple engagé « en faveur de l’intensification des lignes de train vers la France et le Luxembourg, de la suppression des frais d’inscription à l’université et de la réduction de la dette du Land par des économies drastiques de 60 à 80 millions par an, ce qui était leur  » principale priorité « « , relate Politique du Netz.

En France, le Parti Pirate est loin de connaître ni le même succès, ni la même qualité d’organisation qui lui permettrait de remporter un nombre significatif de voix aux élections. Le Parti Pirate allemand compte 21 600 membres, dont beaucoup sont des militants actifs, tandis que son homologue français n’atteint même pas les 200 membres. C’est dire la différence de statut entre les deux formations, que la seule différence de culture politique entre l’Allemagne et la France n’explique pas.

(illustration : DPA)

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