Le président d'eDonkey a annoncé au Sénat américain qu'il se plierait à la volonté de la RIAA et qu'il jetait l'éponge. L'orientation choisie pour le nouvel eDonkey n'est toutefois pas encore très claire...

Jed McCaleb se refuse à tout commentaire sur la fermeture du logiciel auquel il a donné naissance il y a quatre ans. Sur le forum officiel, tout juste signait-il le 30 septembre un message laconique : « Nous ne sommes pas très sûr de ce qui va se passer avec le réseau. Nous vous le ferons savoir quand nous le serons« .

Dans une interview à Red Herring, Sam Yagan, le président d’eDonkey, apporte quelques précisions sur les intentions de la société. « Les deux options réelles que nous avons sont de le faire nous-même avec l’implantation de Snocap ou Audible Magic (des solutions de filtrage et de monétisation des réseaux, ndlr), ou de conclure un partenariat stratégique avec l’une des entreprises qui ont d’ores et déjà reçu la bénédiction de l’industrie du divertissement« , indique Yagan. Ainsi eDonkey pourrait se transformer en réseau P2P entièrement policé où les transferts des contenus pirates sont bloqués au profit de leur équivalent payant, ou alors devenir une sous-marque d’une plateforme légale existente… on pense bien sûr à Napster, qui a déjà vécu cette métamorphose.

« Je pense que la RIAA a reconnu ma bonne foi à essayer de faire ça, donc ils vont nous donner un peu de temps pour prendre la bonne décision et pour convertir autant de traffic (d’utilisateurs, ndlr) que possible« , ajoute-t-il.

Reste à savoir comment les utilisateurs vont réagir, et sur ce point, Sam Yagan a l’air totalement déconnecté. « L’un des convénients d’être dans l’industrie où nous sommes c’est ce que nous n’avons pas réellement de relation avec nos utilisateurs. Je ne suis pas vraiment sûr d’avoir une bonne idée de ce qu’ils vont accepter« , indique-t-il au journal. Les nombreux internautes qui se sont précipités sur le forum officiel d’eDonkey pour tenter de discuter des évènements avec les responsables de la société apprécieront sans doute.

En tout cas le désintérêt de MetaMachine pour sa « base utilisateurs » explique sans doute que 95 % des utilisateurs du réseau eDonkey préfèrent depuis longtemps passer par son alternative open-source eMule.

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