Le marché musical recule en Grande-Bretagne, la BPI accuse le piratage

Julien L. - publié le Mercredi 04 Janvier 2012 à 10h33 - posté dans Musique Numérique

Comme en France, le marché de la musique au Royaume-Uni est traversé par de profondes mutations. Alors que les ventes d'albums reculent globalement, le secteur de la musique numérique connaît une forte progression. Si les modes de consommation évoluent, le patron de la BPI estime que la lenteur du gouvernement britannique à agir contre le piratage est l'une des principales causes des difficultés de l'industrie musicale.

Le marché de la musique poursuit sa mutation en Grande-Bretagne, et cela sans que la mise en place de la riposte graduée par le gouvernement de Gordon Brown n'y change grand chose. Et pour cause, les chiffres rapportés par Music Week montrent un recul du secteur. Les ventes d'albums ont ainsi chuté de 5,6 % en 2011, selon les statistiques fournies par la Official Charts Company et la BPI.

Selon le patron de l'association en charge de défendre les intérêts de l'industrie du disque au Royaume-Uni, Geoff Taylor, deux éléments peuvent expliquer cette baisse. Le premier touche évidemment au piratage, un fléau contre lequel il estime que le gouvernement ne fait pas assez. "Alors que certains pays avancent pour protéger leurs industries créatives, notre gouvernement est trop lent à agir contre le piratage".

Il faut dire que les fournisseurs d'accès à Internet locaux ne sont pas tous ravis de la stratégie anti-piratage choisie par le gouvernement. Deux opérateurs en particulier, British Telecom (BT) et TalkTalk, s'emploient à épuiser tous les moyens légaux pour empêcher, ou à défaut limiter, la mise en place de la loi Digital Economy Act, qui prévoit l'instauration de la riposte graduée outre-Manche.

L'autre problème qui affecte le marché de la musique porte sur l'affaiblissement du copyright au profit des géants américains. "À moins de prendre des mesures décisives en 2012, l'investissement dans la musique pourrait chuter à nouveau - une crise créative qui va détruire des emplois et signifier que la prochaine Adèle n'aura aucune chance de briller sur la scène mondiale" a déploré Geoff Taylor.

Si le marché de la musique recule, il faut toutefois remarquer qu'un secteur en particulier continue de prendre de l'importance. Il s'agit de la musique numérique, qui a connu une progression de 26,6 %, avec 26,6 millions d'albums vendus en 2011. C'est certes moins que les albums physique (86,2 millions), mais le basculement est en cours au Royaume-Uni.

Riposte graduée ou pas, la situation que connaît l'industrie musicale en Grande-Bretagne se retrouve aussi en France. À la fin de l'année 2010, l'Observatoire de la musique avait annoncé que le chiffre d'affaires du marché de la musique enregistrée en France avait baissé de 13,7 % au cours du troisième trimestre de cette année. L'Hadopi faisait alors ces premiers pas dans l'Hexagone.

Contrairement à Geoff Taylor qui a fait porter au piratage la responsabilité du recul du marché musical, l'Observatoire de la musique avait de son côté fustigé la concentration de l'offre légale en France, et non pas le téléchargement illicite. Une concentration qui ne profite qu'à "quelques acteurs de taille internationale qui n'ont de cesse d'élever les coûts d'entrée".

Une chose est sûre, la dématérialisation de l'industrie musicale est en marche. Celle-ci devrait d'ailleurs achever très prochainement sa mutation aux États-Unis, selon les estimations de Forrester. À l'époque, le cabinet d'analyse avait invité l'industrie du disque à "redéfinir ce qu'est son produit. Les cadres de l'industrie musicale ont passé des années à surveiller les ventes de CD".

"Mais c'est l'artiste qui est le produit, et non pas seulement la source du produit. De nouvelles formes de revenus vont arriver de sources inattendues. Par exemple, l'industrie n'a pas réussi à capitaliser sur le succès croissant de jeux vidéo comme Guitar Hero et Rock Band".

"Dans un marché où les musiciens sont contents de vendre un million de copies d'un CD, un marché du jeu vidéo où les titres peuvent se vendre à 5 millions d'exemplaires devrait suffir à motiver même le plus déprimé des cadres de l'industrie" avait-il commenté.

Publié par Julien L., le 4 Janvier 2012 à 10h33
 
 
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Commentaires à propos de «Le marché musical recule en Grande-Bretagne, la BPI accuse le piratage»
 

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À moins de prendre des mesures décisives en 2012, l'investissement dans la musique pourrait chuter à nouveau - une crise créative qui va détruire des emplois et signifier que la prochaine Adèle n'aura aucune chance de briller sur la scène mondiale
Les vilains piratent détruisent des emplois et empêchent des artistes de percer.
Mr Taylor a oublié de préciser que les pirates mangent des bébés aussi!

Ce qu'il faut pas entendre...
désolé mais y'a casiment que de la soupe niveau musique en ce moment.
Tant qu'on mélangera "industrie musicale" et "artiste", il y aura toujours un problème...
L'artiste n'est pas un industriel. L'artiste compose pour l'Art, c'est un créatif.
Une industrie a plusieurs définitions d'apres le Larousse :
- "Ensemble des activités économiques qui produisent des biens matériels par la transformation et la mise en ?uvre de matières premières" => 1) l'Art n'est pas un bien matériel. 2) La production de CD peut être une industrie : plus dans le dématérialisé.
- "Activité organisée de manière précise et sur une grande échelle " : on n'est donc plus dans l'Art non plus.

bien sur, je me sens hors sujet.
Les ventes de bagnoles en france s effondrent depuis fin 2011 , surment parcequ on telecharge trop de bagnole via p2p
Le monde change, je n'arrive pas à m'adapter, je veux que tout reste comme avant. Donc je vais activer mes réseaux et faire pression auprès du gouvernement pour obtenir des lois qui pourraient protéger mon business, quitte à flinguer des progrès techniques.

L'ennui, ces lois ne protégeront pas mon business, mais ça, je n'ai pas envie de le voir en face. Comment pourrais-je reconnaître que je suis devenu inutile, voire nuisible ? Je vais dire que tout est de la faute des autres, c'est tellement plus confortable.
Ne l'oublions pas, ce sont les ventes de CD qui s'effondrent pas celles de la musique.
Il ni a qu'à regarder les ventes d'iTune, Amazon et autres géants américains qu'on a jamais entendu se plaindre concernant le piratage.

J'aime bien la fin de l'article qui explique qu'un jeu peut se vendre à plusieurs millions d'exemplaires, ça en fait des royalties pour la musique.

PS : premier message sur ce forum ;)
Et tout ces bars qui ferment ! C'est à cause des pirates qui font leur café chez eux avec une machine nespresso.
belnea, le 04/01/2012 - 11:00
désolé mais y'a casiment que de la soupe niveau musique en ce moment.
Ce qui est assez marrant, c'est que lorsque le cinéma annonce des chiffres records, les commentaires sont "vous voyez bien que le piratage n'entraîne pas de baisse".
Et que lorsqu'il y a une baisse, les mêmes écrivent "s'il y a une baisse, ce n'est pas la faute au piratage, mais à la piètre qualité".

Bref, on se démerde toujours pour trouver un argument qui "montre" (avec plein de guillemets) que ce n'est jamais la faute du piratage.

L'artiste n'est pas un industriel. L'artiste compose pour l'Art, c'est un créatif.
Vision passéiste de l'artiste : celui d'une époque où l'art était réservé à une élite (grande bourgeoisie et noblesse). Maintenant que l'art s'est démocratisé, il est obligatoire de passer d'un stade artisanal à un stade industriel. Avec tous les avantages et les inconvénients.

Que proposes tu ? Que l'artiste revienne à la situation antérieure où il dépendait du bon vouloir de quelques mécènes (on dit sponsors aujourd'hui). Je préfère pour ma part l'artiste qui peut vivre parce que son public décide de le payer pour qu'il puisse exercer son art.
Encore faut-il que ce ce public soit respectueux de l'artiste et considère que c'est un adulte qui a le droit de faire ses choix de distribution.

Personnellement, je suis pour un respect absolu des choix des artistes : qu'il décide de faire une souscription, qu'il décide de donner son oeuvre, qu'il décide de la distribuer directement, qu'il décide de passer par une maison d'édition, c'est d'abord et avant tout son choix. Si je ne suis pas d'accord avec le choix de l'artiste, je m'abstiens de me procurer son oeuvre.

Est-ce que vous trouveriez normal que ce soit vos clients qui vous imposent vos contrats avec votre employeur ou qui décident que le fruit de votre travail doit être gratuit ?
zig, le 04/01/2012 - 11:55
belnea, le 04/01/2012 - 11:00
désolé mais y'a casiment que de la soupe niveau musique en ce moment.
Ce qui est assez marrant, c'est que lorsque le cinéma annonce des chiffres records, les commentaires sont "vous voyez bien que le piratage n'entraîne pas de baisse".
Et que lorsqu'il y a une baisse, les mêmes écrivent "s'il y a une baisse, ce n'est pas la faute au piratage, mais à la piètre qualité".

Bref, on se démerde toujours pour trouver un argument qui "montre" (avec plein de guillemets) que ce n'est jamais la faute du piratage.
On peut faire l'inverse si tu veux :

Si il y a moins de piratage c'est grace à Hadopi. Donc il faut la garder et renforcer son pouvoir afin de continuer la diminution du piratage.

Si il y a plus de piratage, c'est parce que Hadopi n'est pas assez forte, il faut donc renforcer son pouvoir.

ou

Si le chiffre de la musique augmente c'est grace aux mesures courageuses des gouvernements afin de préserver nos gains artistes
Si le chiffre de la musique diminue, c'est à cause de ces pirates qui n'hésitent pas à retirer le pain à la bouche de nos artistes.

Tu vois, on peut tout trouver. :)
On peut faire l'inverse si tu veux :

Si il y a moins de piratage c'est grace à Hadopi. Donc il faut la garder et renforcer son pouvoir afin de continuer la diminution du piratage.
Tu trouves qu'il y a moins de piratage ? Tu trouves qu'hadopi est efficace ?

Moi, je n'ai jamais dit ça. Je fais juste que constater les éléments de langages de ceux qui quoiqu'il se passe vont trouver que ce n'est pas la faute au piratage.

Juste une question : pourquoi vous avez tant de haine contre les artistes ?
zig, le 04/01/2012 - 12:10
On peut faire l'inverse si tu veux :

Si il y a moins de piratage c'est grace à Hadopi. Donc il faut la garder et renforcer son pouvoir afin de continuer la diminution du piratage.
Tu trouves qu'il y a moins de piratage ? Tu trouves qu'hadopi est efficace ?

Moi, je n'ai jamais dit ça. Je fais juste que constater les éléments de langages de ceux qui quoiqu'il se passe vont trouver que ce n'est pas la faute au piratage.

Juste une question : pourquoi vous avez tant de haine contre les artistes ?

Tu confonds toujours artistes et show-businessmen. Tant que tu n'auras pas fait la distinction je vois pas comment on porurrait s'entendre.
zig, le 04/01/2012 - 11:55
Vision passéiste de l'artiste : celui d'une époque où l'art était réservé à une élite (grande bourgeoisie et noblesse).


Il est vrai que Van Gogh roulait sur l'or.
tass_, le 04/01/2012 - 12:17

Tu confonds toujours artistes et show-businessmen. Tant que tu n'auras pas fait la distinction je vois pas comment on porurrait s'entendre.

Les deux notions ne sont pas opposées, on peut très bien être artiste ET businessman...
zig, le 04/01/2012 - 11:55
Personnellement, je suis pour un respect absolu des choix des artistes : qu'il décide de faire une souscription, qu'il décide de donner son oeuvre, qu'il décide de la distribuer directement, qu'il décide de passer par une maison d'édition, c'est d'abord et avant tout son choix. Si je ne suis pas d'accord avec le choix de l'artiste, je m'abstiens de me procurer son oeuvre.

Pour moi c'est là que le bât blesse: Je ne suis pas d'accord avec ça.

Pour au moins 2 raisons: Une idéologique, et une pratique:

1) Idéologique: A partir du moment où l'artiste *décide* de proposer son oeuvre au public, il en perd le contrôle. Il en garde bien sur la paternité, les droits moraux, et le droit d'en percevoir une rémunération, d'une façon ou d'une autre. Mais il perds le *contrôle* sur la façon dont les gens se procurent et écoutent/regardent son oeuvre. Par exemple, un artiste ne peux pas interdire à tous les noirs d'écouter ses chansons, ni aux gens d'écouter sur un iPod parce qu'il déteste Apple.

Le problème du financement à court et long terme est complètement transversal (bien que très réel).

2) Pratique: Actuellement, via la technologie il est *impossible* d'empêcher les gens de se partager de la musique si ils le veulent, même si on le veux très très fort. (Moi j'aimerais bien que le soleil soit vert. Mais c'est pas possible). C'était déjà le cas avec les K7, la situation actuelle n'est qu'une évolution du concept. Et d'ici quelque temps ce sera pareil pour les livres, et pourquoi pas à plus long terme pour certains objets physique.

Autant réfléchir tout de suite aux solutions possibles, puisque c'est inéluctable de toute façon. Vouloir s'arc-bouter sur le passé, c'est vouloir régresser sociologiquement.
Et même si les sociétés humaines ont parfois régressé dans leurs histoires, je ne suis pas certain que ce soit souhaitable...
qui empoche la différence entre le prix qui est afficher quand j'achète un album et l'artiste qui reçoit un pécule? un pirate ? non un gros plein de sous!

alors pourquoi passer par lui alors qu'il pourrait très bien se mettre sur une plateforme de téléchargement ou même en direct avec moi pour le vendre et éviter de donner son argent à des escrocs pourquoi pas vendre des albums a la fin de concert comme sa se fait beaucoup dans les concert de métal avec des articles comme des vêtement et autre car beaucoup ne son plus passionner il font sa que pour l'argent et pas pour le plaisir du publique si non il serait beaucoup plus compréhensif et ne vendrai pas leur album 16€ (105F) ou 20€ (130F) pour en toucher a peine 5 € (32F)
zagor314, le 04/01/2012 - 13:02
qui empoche la différence entre le prix qui est afficher quand j'achète un album et l'artiste qui reçoit un pécule? un pirate ? non un gros plein de sous!

alors pourquoi passer par lui alors qu'il pourrait très bien se mettre sur une plateforme de téléchargement ou même en direct avec moi pour le vendre et éviter de donner son argent à des escrocs pourquoi pas vendre des albums a la fin de concert comme sa se fait beaucoup dans les concert de métal avec des articles comme des vêtement et autre car beaucoup ne son plus passionner il font sa que pour l'argent et pas pour le plaisir du publique si non il serait beaucoup plus compréhensif et ne vendrai pas leur album 16€ (105F) ou 20€ (130F) pour en toucher a peine 5 € (32F)


Peut être parceque la major/l'éditeur finance la prod du disque, paie les musiciens par avance, les studios d'enregistrements, le dessinateur de la pochette, la pub sur la radio/télé, les tournées qui vont commencer etc.

Rien n'est très simple dans ce monde ;)
zig, le 04/01/2012 - 12:10
On peut faire l'inverse si tu veux :

Si il y a moins de piratage c'est grace à Hadopi. Donc il faut la garder et renforcer son pouvoir afin de continuer la diminution du piratage.
Tu trouves qu'il y a moins de piratage ? Tu trouves qu'hadopi est efficace ?

Moi, je n'ai jamais dit ça. Je fais juste que constater les éléments de langages de ceux qui quoiqu'il se passe vont trouver que ce n'est pas la faute au piratage.

Juste une question : pourquoi vous avez tant de haine contre les artistes ?

Une bonne fois pour toutes, l'artiste m'a rien fait. C'est les "majors" et tous les profiteurs qui sont derrières qui se gavent depuis trop longtemps sur le dos de tout le monde qui m'ont fait quelque chose.
C'est EUX le problème, pas l'artiste. Ne t'inquiète pas l'artiste, lui il a le talent donc il pourra toujours s'en sortir si il est un peu malin.

Tu veux un exemple :

Une collègue m'a expliqué qu'elle a acheté un CD à un gars de son village. Superbe pochette, 15 chansons, écrite/chanter/composer par lui-même.
Devine le prix ??? 5 euros et ce n'est pas son premier album d'après ce qu'elle dit donc cela m'étonnerai qu'il y soit perdant.

Dans le commerce, le même album, il coute combien tu crois ??? 15 euros ??? Et encore, je suis même pas sûr qu'il y aura 15 chansons dessus.

En tout cas, chapeau à cet artiste-là (même si c'est pas mon genre de musique), je lui donnerai bien 5 euros rien que pour l'encourager. Reste plus qu'à monter un site internet pour une distribution à grande échelle.
Avant Hadopi, j'achetais des CDs et j'en téléchargeais. Depuis Hadopi je n'achète plus de musique, mais je continue à télécharger. Enfin, je dis ça, je dis rien...
Allez-y messieurs les anglais faites de la riposte graduée, aidez les maisons de disque à combattre leurs clients...
emcee, le 04/01/2012 - 12:28
Les deux notions ne sont pas opposées, on peut très bien être artiste ET businessman...
C'est ta vision, celle des majors et des soirées paillettes. Pas la mienne. Etre artiste c'est créer, et non vendre.
Bref, on se démerde toujours pour trouver un argument qui "montre" (avec plein de guillemets) que ce n'est jamais la faute du piratage.


hum, c'est vrai, drôlement intéressant. Peut être l'histoire pourrait nous éclairer. La disparation de la voiture à cheval est elle la responsabilité de l'apparition du moteur à explosion? Auquel cas on aurait sous-estimé le rôle de ces salops d'automobilistes dans la destruction d'une belle industrie (notamment la fabrication de roue de carosses, qui n'existe quasiment plus.. quel gâchis et combien d'emplois détruits!

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