En Biélorussie, une amende en cas de visite de sites étrangers
Julien L. -
publié le Mardi 03 Janvier 2012 à 15h18 -
posté dans Société 2.0
La Biélorussie ne veut pas que ses citoyens surfent sur des sites étrangers. Une nouvelle loi, qui doit entrer en vigueur vendredi prochain, instaure un nouveau type de délit contre les internautes se rendant sur des sites non-biélorusses. Ils risquent une amende pouvant atteindre près de 100 euros. Mais la loi pourrait aller plus loin encore pour accentuer le verrouillage d'Internet.
La dernière manifestation des dérapages de la Biélorussie a été signalée par la Bibliothèque du Congrès, le 30 décembre dernier. Le pays, autrefois intégré à l'Union soviétique, a en effet modifié sa législation de sorte qu'à partir du 6 janvier 2012, la navigation en ligne sur des sites étrangers sera passible de poursuites. Les internautes pris sur le fait devront alors verser une amende pouvant atteindre près de 100 euros. "La loi exige que toutes les entreprises et tous les particuliers qui sont recensés comme entrepreneurs en Biélorussie utilise exclusivement les domaines Internet nationaux pour fournir des services en ligne, effectuer des ventes ou échanger des messages électroniques" est-il expliqué. Or, la législation est rédigée de sorte que les sites étrangers pourraient causer des ennuis aux internautes biélorusses. "Supposons qu'une personne en Biélorussie achète quelque chose sur Amazon, qui n'est pas une compagnie biélorussie et qui n'est pas non plus enregistré dans le pays. La transaction est illicite, et le procureur général contacterait Amazon pour l'informer que cela viole la législation locale et que le site s'expose à des poursuites" écrit la Bibliothèque du Congrès. Une situation que le site de commerce en ligne cherchera éviter rapidement. "Il est probable que la Biélorussie fermera l'accès à son site aux visiteurs en provenance de la Biélorussie, parce que ces derniers représentent une part négligeable des visiteurs d'Amazon et que les conséquences judiciaires initiées par le gouvernement biélorusse entraînent un problème majeur" poursuit l'auteur, Peter Roudik. Toujours selon la Bibliothèque du Congrès, la loi permet aussi aux autorités de mettre en œuvre le blocage de sites web selon différents critères aux contours assez flous. Cela concerne notamment les sites pornographiques ainsi que ceux contenant des informations de nature extrêmiste. Une formulation suffisamment vague qui permettra au gouvernement de ratisser large. À l'origine de cette loi, un décret intitulé "sur les mesures pour améliorer l’utilisation du réseau national d’Internet" présenté en février 2010 et entré en vigueur cinq mois plus tard. Selon RSF, il oblige également les opérateurs de s'enregistrer auprès du ministère de la communication et exige de tout connaître sur les éléments techniques des réseaux, des systèmes et des ressources d'informations Internet. L'ONG note également que le décret nécessite l'identification par les FAI de chaque support permettant de se connecter à Internet, ce qui inclut les ordinateurs et les mobiles. Les internautes devront renseigner leur identité lorsqu'ils se rendant dans un cybercafé ou dans le cas de connexions partagées par plusieurs personnes. La durée de rétention de ces informations est de un an. "Cette mesure cherche à dissuader les citoyens de continuer de s’informer auprès de sites indépendants ou d’opposition" estime RSF, qui considère que cette disposition "institue clairement une censure au sommet de l’Etat". Les demandes de fermeture d'un site devront être satisfaites dans un délai de 24 heures par les FAI. Cependant, une possibilité de contestation devant la "justice" biélorusse sera possible. Selon le dernier classement de Reporters Sans Frontières (RSF), établi en 2010, la Biélorussie pointe à la 154ème place du classement mondial de la liberté de la presse. C'est à dire en bas du tableau. Le pays a également le triste privilège d'être listé dans la catégorie des "pays sous surveillance" pour le contrôle de plus en plus fort du pouvoir sur Internet. Mais avec les récentes évolutions pourraient bien faire basculer le pays dans la catégorie du dessous, qui regroupe les "ennemis d'Internet". Rappelons qu'en 2005, l'ancienne administration de George W. Bush avait classé le pays comme l'un des "avant-postes de la tyrannie", aux côtés de Cuba, de l'Iran, de la Birmanie, de la Corée du Nord et du Zimbabwe. Reste à savoir comment réagira l'Union européenne et les différents organes européens, en particulier l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. Rappelons que la Commission européenne a annoncé au début du mois de décembre son intention de fournir des outils aux internautes étrangers afin de les aider à communiquer et à naviguer malgré la surveillance et les tentatives de censure. ( photo : European Federalists ) à lire aussi
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Commentaires à propos de «En Biélorussie, une amende en cas de visite de sites étrangers»
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qveenz
le 03/01/2012 à 15:30
Avez-vous remarqué Lucachenko et Petescu (Président de la Roumanie) portent la même coiffure ?
Le jour où George Bush aura les couilles de classer l'Arabie saoudite comme une tyrannie, on pourra prendre son classement au sérieux. En attendant, c'est juste une blague.
Tite erreur : "Il est probable que la Biélorussie fermera l'accès à son site aux visiteurs en provenance de la Biélorussie".
Mais, ils sont stupides ou quoi? S'ils veulent interdire l'accès aux sites non biélorusses, ils n'ont qu'a se débrancher d'internet plutôt que de taper dans le portefeuille du quidam. Et même si, comme je le suppose, certains y auront accès sans représailles aucunes il suffit de les autoriser auprès des FAI, et tout le reste est bloque quand il tente d'accéder a l'extérieur. En tout cas bravo, la Thaïlande, la Chine et tout ces pays si prompt a censurer ne sont jamais allé si loin! réseau national d'Internet
Je ne comprends pas la signification de ces 3 mots. Comment peut-on appeler "internet" un réseau national ?... Soit la traduction est faillible, soit ce décret a un nom absurde. Attendez on a qu'à faire plus simple: coupons les interconnexions avec la Biélorussie. Ils veulent faire cavalier seul ? Et bien soit. Non non laissez-les faire Et puis une petite révolution, de temps en temps, ça ne fait pas de mal. inb4 immolation d'un jeune -> printemps biélorusse -> Alexandre Loukachenko obligé de fuir en Russie Arkados, le 03/01/2012 - 17:20 réseau national d'Internet
Je ne comprends pas la signification de ces 3 mots. Comment peut-on appeler "internet" un réseau national ?... Soit la traduction est faillible, soit ce décret a un nom absurde. Attendez on a qu'à faire plus simple: coupons les interconnexions avec la Biélorussie. Ils veulent faire cavalier seul ? Et bien soit. Non non laissez-les faire Et puis une petite révolution, de temps en temps, ça ne fait pas de mal. inb4 immolation d'un jeune -> printemps biélorusse -> Alexandre Loukachenko obligé de fuir en Russie oui mais en cas de printemps biélorusse, on va encore une fois se rendre compte que LE pays des droits de l'homme (et pas de la femme) a encore vendu plein d'armes et de trucs pour tuer/torturer/enfermer les gens. déjà que notre petit hongrois national aimerait bien faire comme son frère de l'est avec notre pays. visiblement, ils sont très cons, car s'il s'agit d'interdire de se connecter à n'importe quel site étranger, autant dans ce cas isoler complètement l'intranet du pays de l'internet mondial: c'est encore plus simple.
voire interdire le net tout cours dans le pays. à noter que c'est ce que fait la corée du nord. pas très futé le dictateur de la biélorussie... |
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