Deux sondages parus en ce début de semaine pourraient bien inquiéter les directeurs de programmes des chaînes de télévision...

Hier, un sondage (.pdf) CSA publié dans le journal La Croix demandait aux Français s’ils seraient prêts à se « passer quelques temps de télévision ». 74 % des sondés répondent oui. Parmi eux, près de la moitié (47 %) disent pouvoir s’en passer au moins un mois, et même 15 % n’hésitent pas à affirmer : « pour toujours ».

Là où la chose devient drôle, c’est que 45 % des Français disent que leurs proches (conjoints ou enfants) seraient, eux, incapables de s’en passer.

Enfin, preuve qu’Internet n’a pas encore tout à fait remplacé la télévision pour ce genre d’activité, le journal télévisé (63 %) est le programme qui manquerait le plus aux personnes privées de TV, derrière les films (35 %) et les documentaires (32 %). Contrairement à l’idée reçue, le sport ne manquerait qu’à 26 % des sondés. Une mauvaise nouvelle pour Canal+ qui mise beaucoup sur la Ligue 1 ?

La télévision ne sait pas satisfaire

Aujourd’hui deuxième sondage, qui nous vient cette fois du baromètre Télérama/Sofrès « Les Français jugent la télévision « . Près de 53 % des Français interrogés se disent insatisfaits des programmes proposés à la télévision. Canal+ (décidemment) et France 5 arrivent bas de classement des chaînes qui correspondent le plus à leurs attentes (10 % des sondés). Avec 21 % de satisfaction, Arte arrive en première ligne (21 %), suivi de TF1 (20 %), France 2 (13 %), France 3 et M6 (ex-aequo avec 11 %).

51 % de ceux qui ont souscrits à une offre de télévision payante se disent insatisfaits.

Inquiétants sondages, particulièrement pour le deuxième, qui montre une profonde désaffection pour le bon téléviseur. La boîte à images ne suffit plus à emerveiller, et elle doit aujourd’hui se renouveler. Les magnetoscopes numériques et le téléchargement d’émissions sur Internet permettent aux spectateurs de devenir leur propre directeur des programmes. Il s’agit d’une manière de démocratiser et surtout de moderniser la télévision, que peuvent exploiter les professionnels du petit écran.

Cette prise de contrôle par le spectateur demande toutefois aux chaînes d’adapter leurs modèles économiques. Pas facile de vendre de la publicité aux annonceurs lorsque le « cerveau dont le temps est disponible », cher à Patrick Lelay, devient finalement actif et se dote de la capacité d’appuyer sur un seul bouton pour immédiatement zapper les pubs…

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