Wikileaks a dévoilé jeudi son projet FoWL (Friends of Wikileaks), qui vise à créer un réseau social de militants de la liberté d'expression et de la protection de la vie privée à travers le monde, via une plateforme au concept original qu'il décrit comme un "Facebook Killer".

Mise à jour : le site FoWL a ouvert ses portes.

Article du 15 décembre 2011 –

La barre est placée très haute. Alors que Facebook est peuplé par 800 millions d’utilisateurs dans le monde, Wikileaks a annoncé jeudi le lancement de son propre réseau social avec l’ambition d’en faire un « Facebook killer ». Baptisé Friends of Wilkieaks (FoWL), le site est décrit comme « un réseau d’hommes et de femmes à travers le monde qui défendent Wikileaks et promeuvent sa mission et ses valeurs« .

« Ce site vous aidera à rejoindre des gens comme vous dans votre région ou à travers le monde. Vous vous ferez de nouveaux amis et alliés, prendrez soin de valeurs chéries, et combattrez pour des causes communes », décrit le site accessible uniquement sur invitation. Lesquelles peuvent être demandées sur Twitter avec le hashtag #tokenplease.

Lorsqu’il s’inscrit, l’utilisateur est automatiquement mis en contact avec six utilisateurs (des « poules »…) de sa propre région, et avec six autres utilisateurs dans le monde qui parlent la même langue. Il est alors possible d’exclure les « poules » les moins actives de son réseau, lesquelles sont automatiquement remplacées. Ce concept doit favoriser la création de cercles d’amis les plus productifs dans la bataille pour la liberté d’expression, avec un nombre restreint de personnes qui travaillent bien ensemble. « Vous aurez toujours 12 amis dans votre réseau proche« , explique FoWL. Mais ces groupes d’amis pourront eux-mêmes s’associer aux autres, pour créer une action plus globale.

Un réseau de militants

« FoWL a été mis en place pour apporter un soutien (qu’il soit matériel, médiatique ou une autre forme de solidarité) à quelque individu, organisation ou agence qui se trouve en péril suite à la publication d’informations dans le dessein d’une société plus juste« , explique le manifeste du site. « Ceci fait principalement référence à WikiLeaks et à ceux qui soumettent des documents à WikiLeaks, mais comprend tout autre collectif qui partage les idéaux et les valeurs de WikiLeaks et qui se trouve exposé à des représailles suite à l’application de ces principes« .

« Les membres de FoWL peuvent se rassembler quand Wikileaks et ses alliés sont attaqués. Le réseau peut agir de différentes manières : en fournissant des aides juridiques, en trouvant des soutiens financiers, en militant contre la désinformation, en coordonnant des manifestations publiques. Quelle que soit la situation, chacun peut faire quelque chose. »

Sans ambitions commerciales

Pour s’inscrire, les utilisateurs doivent livrer leur adresse e-mail, une zone géographique (prédite par géolocalisation de l’adresse IP), les langues parlées, et une courte description. Contrairement à Facebook ou Google+, il n’est pas encouragé de livrer son vrai nom. Il reste cependant paradoxal qu’un site qui se donne pour profession de foi de protéger ses sources et la vie privée crée un réseau social qui oblige les membres à se dévoiler et à livrer des informations personnelles. « Nous conserverons ces données de la manière la plus sécurisée possible« , assure toutefois FoWL. Mais « il ne sera pas possible de les sécuriser de la même manière que nous le faisons pour la protection des sources, étant donné que les membres de FoWL doivent pouvoir se contacter entre eux« , prévient-il.

Il veut toutefois se distinguer du caractère commercial de Facebook, un site gratuit où l’utilisateur est le produit vendu. « Nous ne revendrons pas vos données à qui que ce soit. Nous ne donnerons pas vos données à qui que ce soit (…) Nous n’utiliserons pas ces données pour prédire vos habitudes ou vous vendre des produits« .

Comme Wikileaks, FoWL ne fonctionnera que grâce aux dons de ses utilisateurs et soutiens. Le site est déjà partiellement traduit en français, allemand, espagnol, portugais, et suédois. D’autres langues sont prévues comme l’arabe, le chinois ou le néerlandais.

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