La municipalité de Pékin va mettre en place un réseau de bornes WiFi à destination des Pékinois. L'accès sera gratuit pour les trois premières années et permettra un débit à 2 Mbps. Les internautes devront toutefois renseigner leur numéro de téléphone avant chaque connexion afin que les autorités puissent contrôler leurs activités en ligne.

Pour surveiller l’activité des millions de Chinois qui se connectent régulièrement à Internet, Pékin n’est jamais à court d’idées. Le régime chinois, qui considère que la stabilité du régime politique et de la société passe par un contrôle très ferme du réseau des réseaux, a en effet plus d’un tour dans son sac pour censurer les contenus en ligne et pour mettre la pression sur les internautes.

La dernière initiative en la matière concerne la mise en place d’un réseau de bornes WiFi dans Pékin, avec la coopération de trois des principaux opérateurs du pays : China Mobile, China Unicom et China Telecom. Le réseau sans fil, baptisé ‘My Beijing’ (mon Pékin), va consister dans la mise en place de 90 000 points d’accès dans toute la capitale, permettant aux habitants d’accéder gratuitement à un débit de 2 Mbps, rapporte le China Daily.

Pas question cependant de laisser les internautes avoir la bride sur le cou. Les utilisateurs souhaitant accéder au réseau My Beijng devront faire quelques concessions avant de profiter d’une connexion gratuite. Techcrunch rapporte que les internautes devront renseigner leur numéro de téléphone, afin de permettre aux autorités chinoises de remonter jusqu’à l’internaute en cas de besoin.

Cette mesure pourrait avoir un impact direct sur la liberté d’expression des internautes chinois se connectant à My Beijing. Certes, celle-ci n’est déjà pas bien respectée de façon générale dans l’Empire du Milieu, mais les cas d’auto-censure d’internautes se connectant par My Beijing par peur de se faire remonter par les autorités pourraient très rapidement exploser de peur de laisser une trace suspecte dans leur historique web.

En renseignant leur numéro de téléphone, les utilisateurs n’abandonnent pas seulement leurs libertés individuelles contre du WiFi gratuit. Ils s’exposent aussi à des SMS indésirables si jamais la plate-forme recueillant les numéros n’est pas suffisamment sécurisée ou si la base de données est pour une raison ou pour une autre revendue à des publicitaires peu scrupuleux.

Selon le China Daily, ce programme pilote sera gratuit pendant au moins trois ans. Au-delà de cette date, le modèle de financement du service pourrait évoluer en intégrant un paiement pour les particuliers et / ou pour les professionnels. À terme, la Chine compte déployer plus de 480 000 points d’accès WiFi dans la seule capitale d’ici les cinq prochaines années.

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