Deux semaines après avoir été présenté, et alors que sa commercialisation ne commencera que le mois prochain, le Kindle Fire est déjà la cible d'une action en justice. Une entreprise accuse Amazon d'avoir enfreint plusieurs brevets intellectuels. Cette société ne produit pourtant rien, se contentant d'amasser le maximum de titres de propriété intellectuelle pour ensuite obliger les autres entreprises à signer des accords de licence.

Il n’aura pas fallu bien longtemps pour que la première véritable tablette tactile d’Amazon, le Kindle Fire, se retrouve ciblée par une action en justice. Présenté fin septembre lors d’une conférence organisée par le site de commerce en ligne, le Kindle Fire est poursuivi pour avoir violé plusieurs brevets appartenant à la société Smartphone Technologies. Une plainte a été déposée devant un tribunal texan.

À l’origine, les brevets cités par Smartphone Technologies (6 956 562, 6 466 236 , 6 950 645, 7 506 064 et RE40 459) appartenaient à Palm ou à certaines de ses filiales (c’est le cas des trois derniers brevets, déposés par PalmSource). Ces titres de propriété intellectuelle ont ensuite été récupérés par Smartphone Technologies, une firme détenue par Acacia Research.

Ces brevets portent sur des technologies variées, allant de l’affichage et de manipulation de plusieurs calendriers à une méthode pour se reconnecter à un réseau après un premier échec, en passant par une technique pour passer des commandes depuis un écran tactile. Des technologies qui, a priori, se retrouvent dans de nombreux dispositifs au regard de leur « simplicité ».

Tout comme Intellectual Ventures, cette société est un « troll des brevets« . Comme nous l’expliquions dans le cas de Motorola, ce type d’entreprise se limite à la collecte des brevets afin de forcer d’autres entreprises à signer des accords de licence. L’objectif de ces sociétés n’est pas de concrétiser les brevets dans des produits, mais d’en tirer une rente en poussant d’autres firmes à payer.

Cette méthode est critiquable à bien des égards. Si le troll des brevets a amassé suffisamment de documents, il peut s’avérer incontournable dans un secteur bien précis. Les sociétés, qui ne souhaitent évidemment pas perdre de plumes dans un procès à l’issue incertaine, préfèrent souvent signer l’accord que réclame le troll des brevets pour avoir la paix.

Le problème, c’est que l’argent versé par les entreprises alimentent le cercle vicieux. En payant, elles enrichissent le troll des brevets qui peut ensuite, avec la somme amassée, acheter de nouveaux brevets et étendre son influence. Elle peut ainsi viser de nouvelles entreprises ou forcer des sociétés ayant déjà conclu un accord à en signer d’autres.

Acacia Research, la maison-mère, a ainsi entamé de nombreuses procédures judiciaires contre des firmes comme Samsung, Motorola, Apple ou encore Research In Motion. En dix-huit ans, pas moins de 337 dossiers ont été montés devant les tribunaux, au point que certaines entreprises finissent par se résigner et optent pour la coopération forcée.

Le Kindle Fire sera vendu 199 dollars (près de 145 euros) et livré à partir du mois prochain, le 15 novembre 2011. Alors que les précommandes ont été lancées, des chiffres internes en date du 5 octobre annoncent que plus de 250 000 tablettes tactiles Kindle Fire ont été réservées. Un record qui, s’il se confirme, place le Kindle Fire au niveau de l’iPad, véritable mètre-étalon du marché des tablettes.

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