La littérature par Orange : Albanel parle "d'acheter un droit de lecture"

Guillaume Champeau - publié le Lundi 10 Octobre 2011 à 14h32 - posté dans Télécoms

Lire est un droit. Mais il faudra payer pour en bénéficier. C'est l'idée qu'a développé l'ancienne ministre Christine Albanel, reconvertie en directrice de la stratégie des contenus chez Orange.

C'est une formulation qui nous a laissée bouche bée, d'autant plus qu'elle émane d'une ancienne ministre de la Culture. Christine Albanel, aujourd'hui directrice exécutive d'Orange pour la communication, le mécénat et la stratégie dans les contenus, était dimanche soir invitée de l'émission Soft Power, sur France Culture. A cette occasion, celle qui a défendu la première loi Hadopi devant le Parlement a évoqué un "droit de lecture" que pourraient acquérir les consommateurs qui souhaitent lire un livre.

Christine Albanel a en effet expliqué la stratégie d'Orange sur les contenus, en prenant en exemple ce que souhaitait faire le groupe autour de la littérature, pour se distinguer des initiatives d'Amazon, Google ou Apple :

Dans le modèle sur lequel nous travaillons en ce moment - je ne sais pas s'il finira par aboutir, j'ai beaucoup d'espoir -, il y a l'idée d'essayer d'intégrer les libraires. Vous le savez, en France il y a un réseau de librairies absolument extraordinaire. Et bien pouvoir aller dans une librairie, acheter un bouquin, et que le libraire vous dise, je ne sais pas, que pour trois euros de plus "vous pouvez avoir la version numérique, et puis cet auteur a fait un autre bouquin que l'on ne trouve qu'en numérique, vous pouvez aussi le trouver sur cette borne...". Sachant que finalement vous achetez un droit de lecture, France Télécom Orange étant un tiers de confiance, étant celui qui va gérer votre droit de lecture, vous retrouvez beaucoup de vocations de France Télécom Orange : la capacité d'innovation, la sécurité, la pérennité,... et là je trouve que l'opérateur est complètement dans son rôle.

Or qui de mieux placée qu'une ancienne ministre de la Culture pour savoir qu'il n'existe pas de droit de lecture, et que c'est l'effrayante perspective de l'instauration d'un "droit de lire" qui a provoqué une levée de boucliers contre la loi DADVSI et sa protection juridique des DRM ? Le droit interdit la copie d'un livre, son adaptation, sa récitation en public,... mais jamais sa lecture. On ne peut interdire à quelqu'un qui n'a pas acheté un livre de l'emprunter à un ami pour le lire, ou de l'ouvrir dans la bibliothèque ou chez un libraire, pour le parcourir. 

La vision exprimée par Christine Albanel est la plus terrible pour la culture. Elle aboutit à exclure ceux qui n'ont pas les moyens financiers, non plus seulement d'acheter les livres pour les posséder chez eux, mais tout simplement de les lire. Celle qui avait participé à l'élaboration du concept de "fracture sociale" aux côtés de Jacques Chirac plaide pour une fracture culturelle.

Publié par Guillaume Champeau, le 10 Octobre 2011 à 14h32
 
 
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Commentaires à propos de «La littérature par Orange : Albanel parle "d'acheter un droit de lecture"»
 

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"vous retrouvez beaucoup de vocations de France Télécom Orange : la capacité d'innovation, la sécurité, la pérennité,... et là je trouve que l'opérateur est complètement dans son rôle." ce qu'elle n'essaie pas de nous faire croire sincèrement.

La sécurité "MDR", la pérennité "LOL" et le plus ebau de tous "l'opérateur est complètement dans son rôle", à ça c'est sur, son rôle de nous prendre pour des pingouins et de tout faire pour nous escroquer.

A quand l'entrée dans une bibliothèque au même prix qu'un ticket de ciné ?
Le droit interdit la copie d'un livre, son adaptation, sa récitation en public,... mais jamais sa lecture. On ne peut interdire à quelqu'un qui n'a pas acheté un livre de l'emprunter à un ami pour le lire, ou de l'ouvrir dans la bibliothèque ou chez un libraire, pour le parcourir.

Bah... quand tu achètes de la musique sur i-tunes & co, tu achètes un droit d'écoute... rien de nouveau !
Malheureusement...
Toujours aussi forte en communication elle.
Je pense que l'idée de base serait que quand on achète un livre (papier), on devrait également avoir accès à la version numérique. Mais l'idée de proposer un surcout pour quelque chose que l'on a déjà, c'est une très mauvaise idée !
Un livre papier = cout papier + transport + stockage alors qu'un livre numérique = cout DRM + cout stockage (environ que dalle) + cout éventuel de mise en page (pouvant être nul si le logiciel de l'imprimeur permet de sortir des ePub/pdf).
En gros, on ne payerait que les DRM !
Non, si on achète un livre papier, on a le droit de récupérer le livre numérique. C'est CA qu'il faudrait développer. Ou à l'inverse, on paye un livre numérique, alors le livre papier couteras le prix du papier (+ la rémunération des illustrateurs si besoin).
Tout comme quand on achète un film, on devrait y avoir accès quel que soit le moyen technique mise en oeuvre (du cinéma au Blu-Ray, en passant par le DVD).
Ce qu'il faudrait, c'est effectivement contribuer à rémunérer les auteurs, tout en s'affranchissant de la technique ou alors en rémunérant les couts TECHNIQUE (quelques centimes pour un BR pour le cout de la presse et des techniciens qui ont numériser/retravailler le film pour le BR).
Non , car sur I tune , tu peux quand même écouter une partie de la musique.
Là on parle su fait , qu'a chaque fois que quelqu'un voudra lire un livre , magasine , il devra payer...
Mais c'est quelque chose qui est liberticide ! On n'empêche pas les gens de lire parce qu'il n'a pas les moyens.
Bientôt une taxe sur le fait de posséder des livres?
Si tu paye pas ,, il vont te les bruler ? --"
Je partage l'avis des premiers commentaires mais j'avoue avoir été un peu piégé par l'article et son titre. Ne serait-il pas plus judicieux de parler de droit de lecture numérique ?
ne-ko, le 10/10/2011 - 14:50
Là on parle su fait , qu'a chaque fois que quelqu'un voudra lire un livre , magasine , il devra payer...

Comme pour la musique sur I-tunes... T'as beau avoir des extraits (d'ailleurs rien ne dit que dans son système il n'y en aura pas !), pour pouvoir écouter l'?uvre complète, tu dois payer... et tu n'es pas autorisé a le prêter à un ami, etc...
Ca me rappel étrangement une nouvelle de R Stallman sur laquelle je suis tombé récemment : http://www.gnu.org/p...to-read.fr.html
A madame albanel le travail de France telecom c'est de fournir des services de télécommunications point barre!

Demain la poste va demander que on paie pour lire notre courrier?

Allez cela va faire mal:

http://www.nodula.co..._Christine.html

Et la page a était mise a jour.

Puis pas de jaloux:

http://www.nodula.co...D_Frederic.html
Est-ce que la lecture sera également bloquée grâce à OpenOffice ? :shock:
Mais je me demande pourquoi je lis moins ces derniers temps? Peut-être parce que c'est hors de prix (aussi parce que je passe beaucoup de temps sur le pc, internet, études,...).

Après le droit de lecture sur les bouquins, il faudrait instaurer le "droit de parler" aux politiciens inutiles et corrompus par l'argent ou la place.
A la guillotine albanouille
Nous attendons les larbins de la Aldofi pour nous venter les mérites de ce système et nous dire que prêter un livre/film/musique/jeux-vidéo tue les artistes.

Aller les guignols, ont met les claquettes et en scène ! Le public étant sa tranche de rigolade.
Bientôt, ils vont nous faire payer le droit de respirer ...
Nhorack, le 10/10/2011 - 15:23
Bientôt, ils vont nous faire payer le droit de respirer ...
Au nom du droit d'auteur, car si tu respires, tu vie, et donc tu peux pirater et violer les artistes tout en buvant leur sang. :D
Bientôt, on va nous demander de payer pour respirer...
Guillaume, sauf erreur de ma part, quand on achète un livre irl, on paie bien un droit d'utilisation de l'oeuvre, outre le prix du support. C'est dire que quand on achète un livre, on paie ce qui revient aux intermédiaires (la maison d'édition qui se taille la part du lion, les presseurs, etc...) et un tout petit peu de droit d'auteur.

Le terme "droit de lecture" de l'autre débile paraît sans doute choquant, mais juridiquement c'est une réalité établie de longue date.

La nouveauté, c'est que la débile veut parler d'un "droit de lecture numérique". Elle reproduit donc pour la lecture en ligne les mêmes erreurs, la même propagande que pour les autres genres artistiques, en tant de prolonger sur le net un schéma économique fondé sur la rareté du support physique. La débile joue pour ses employeurs, comme en tant que ministre elle jouait pour ses bailleurs de fonds. Rien de nouveau, en somme...
hallucinant !! amazing et non pas amazone !
et en même temps pas vraiment, c'est le prolongement de tout le reste..
je suis ecoeuré
Je me demande si traduire "evils" en "crimes" est correct.

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