Avec son iModela iM-01, l'entreprise japonaise Roland DG propose une imprimante 3D capable de fabriquer des objets à la demande pour moins de 800 euros. La technologie autrefois réservée aux industriels arrive à grande vitesse vers le grand public.

Ce nouvel objet va-t-il envahir nos bureaux beaucoup plus vite qu’on ne l’aurait pensé ? Lorsque nous avions parlé des imprimantes 3D en 2008, pour évoquer une révolution communiste en marche, nous avions fait ce parallèle avec l’évolution du prix des imprimantes papier pour montrer que le coût actuellement inabordable de l’impression d’objets pourrait rapidement baisser :

Le prix d’une imprimante personnelle est passé d’environ 1000 euros en 1982 à 300 euros en 1997… et seulement 20 euros aujourd’hui pour les moins chères. C’est-à-dire que le prix de l’imprimante personnelle a été divisé par 50 en une seule génération (et ceci sans même tenir compte de l’inflation). Aujourd’hui, Desktop Factory propose déjà des imprimantes 3D personnelles à moins de 5000 dollars. Si l’on suit le schéma de l’impression 2D, une imprimante d’objets pourrait ainsi coûter 100 dollars vers 2030, ce qui n’est pas si lointain. Et sachant que le rythme de l’innovation et la baisse des coûts technologiques augmente chaque année, on peut raisonnablement s’attendre à ce que ce prix de vente soit atteint dès le début des années 2020…

Nous sommes aujourd’hui 9 ans avant cette dernière date de prédiction, et déjà les imprimantes 3D personnelles tombent sous la barre des 1000 euros. Au Japon, la société Roland DG commercialise en effet l’imprimante iModela iM-01, qui est suffisamment petite pour tenir sur le bureau du consommateur lambda, et ne coûte « que » 75 000 yens, soit 725 euros. Elle mesure 20 centimètres de haut, et 21,4 cm de large, et ne pèse que 1,7 kg.

Selon Roland DG, l’imprimante peut fabriquer des objets en cire, mousse, bois de balsa et matériaux plastiques. Leur taille ne peut dépasser les 8,6 x 5,5 x 2,6 cm. Contrairement aux techniques d’impression traditionnelle, il s’agit ici d’une fraiseuse qui creuse pour former l’objet désiré (ce qui, par incidence, interdit les objets à l’intérieur creux).

Elle est fournie avec le logiciel iModela Creator Design (sous Windows exclusivement), qui permet aux utilisateurs de créer et modifier les objets qu’ils veulent imprimer, ou importer des fichiers de créations préexistantes. La société doit lancer le 9 novembre 2011 sa « communauté iModela », qui permettra aux créateurs d’échanger des idées ou même de vendre des créations, à l’instar de ce que propose en France la société Sculpteo (ce qui n’est pas déjà sans poser des problèmes de droits d’auteur).

Il n’est pas clair à ce stade si l’imprimante iModela peut fonctionner sans passer par son logiciel, ou même s’il est possible d’importer des modèles à partir d’un autre format de fichiers. Mais ça n’est qu’une question d’années avant qu’un standard ne s’impose et que des pilotes pour imprimantes 3D permettent d’utiliser n’importe quel logiciel, comme les imprimantes papier. Et surtout, la guerre des prix pour le grand public est enfin véritablement lancée.

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