Voilà qui pourrait pousser encore un peu plus la popularité des musiques libres chez les artistes en ligne. La RIAA a demandé à deux sites hébergeant des vidéos amateurs de World of Warcraft de supprimer toutes celles réalisées sur fond de chansons dont elle protège les droits d'auteur.

Mise à jour :

Comme signalé dans les commentaires, WarcraftMovies.com a posté un démenti sur cette affaire. La RIAA ne les aurait encore jamais contacté. Toutes nos excuses donc pour avoir relayé ce qui n’étaient que rumeurs. Nous choisissons toutefois de laisser l’article en ligne car même si le sujet est faux, la morale de l’histoire, elle, reste valide.

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« Faire une vidéo des exploits de sa Guilde en Raid dans un donjon de World of Warcraft est devenu un incontournable chez les joueurs les plus forcenés. Il faut battre le plus gros  » boss  » qui soit, et surtout réaliser une vidéo enregistrée à la hauteur de l’évènement« , raconte Bruno Cormier sur PC INpact.

C’est bien connu des cinéastes, le meilleur ami de la pellicule (ou du fichier .avi), c’est la musique. Elle ajoute l’ingrédient essentiel à la mise en place d’une ambiance sur le film. Les vidéastes amateurs, qui montent leurs extraits de World of Warcraft comme de petites œuvres d’art parfois finement réalisées, usent eux-mêmes beaucoup de ces partitions aux effets toujours garantis. Mais l’horreur pour la RIAA, c’est qu’ils utilisent même des chansons entières, qui dictent la longueur et le rythme du montage. « Gay Night at Orgrimmar ! » sera ainsi illustrée par l’incontournable YMCA des Village People…

L’association des maisons de disques américaines a donc frappé et exigé la fermeture des deux sites visés (WarcraftMovies.com et RPGfilms.net), ou la suppression de toutes les vidéos incriminées.

Garre aux mauvaises langues, la RIAA n’a pas tort. Juridiquement, il est interdit à quiconque de réaliser une œuvre composite (ici vidéo + musique) sans avoir l’autorisation expresse d’utiliser les différents éléments combinés. Même si le résultat final est une vidéo multimédia, l’utilisation d’une musique protégée par le droit d’auteur rend la diffusion du tout interdite. Economiquement, la RIAA est censée protéger les intérêts de ses ayants droits, et les deux sites réalisent des profits grâce aux publicités qui accompagnent le listing des vidéos proposées. S’il y a profit grâce aux vidéos, et s’il y a vidéo grâce aux musiques, la RIAA a raison d’exiger ses droits.

Néanmoins, on imagine avec peine que ces vidéastes amateurs, qui réalisent leurs clips par simple intérêt artistique et par passion, aillent quérir l’autorisation des maisons de disques pour chaque morceau exploité, et payent les droits afférants à leur diffusion.

La solution qui s’imposera si la RIAA ne ferme pas les yeux : la musique libre.

Sur Jamendo.Ratiatum.com, par exemple, de très nombreux morceaux sont proposés sous une licence Creative Commons (by-nc-sa) qui postule explicitement que :

« Vous êtes libres :

* de reproduire, distribuer et communiquer cette création au public
* de modifier cette création »

Toute action des maisons de disques contre les créations réalisées par les internautes ira donc à l’encontre de leurs propres intérêts. Elles inciteront en effet les créateurs à se reposer ces musiques libres plutôt que de faire indirectement la promotion gratuite des morceaux commerciaux qu’ils exploitaient jusqu’alors…

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