Deezer limité : une licence globale privatisée, critique l'ADAMI

Guillaume Champeau - publié le Lundi 06 Juin 2011 à 14h25 - posté dans Musique Numérique

L'Adami, qui gère les droits des artites-interprètes et milite depuis plusieurs années pour la légalisation du téléchargement en contrepartie d'une taxe sur les abonnements à Internet, redoute de voir Deezer s'imposer comme la plateforme incontournable pour écouter de la musique sur Internet en France.

ADAMI Ce lundi, Deezer lançait sa nouvelle formule réduite à 5 heures par mois d'écoute de musique gratuite. Au delà, les internautes qui le souhaitent doivent payer un abonnement illimité, ou changer de crèmerie. Une solution qui satisfait les grandes maisons de disques, mais qui ne plait pas à toute la profession. L'ADAMI, qui gère les droits des artistes-interprètes, a ainsi publié un communiqué .(pdf) qui s'interroge sur la pertinence du modèle économique promu : "Imaginez qu’on limite l’écoute de la radio à quelques heures par mois. Les ventes de disques s’en trouveraient elles dopées ?", demande la société de gestion collective.

L'Adami, qui avait lutté pour l'adoption d'une licence globale lors du débat sur la loi DADVSI en 2005, estime que la stratégie de Deezer poussée par les majors du disque "aura pour conséquence l’avènement d’une licence globale « privative » contrôlée par les producteurs phonographiques". Lesquels profitent de leur position dominante et incontournable pour imposer des conditions tarifaires et des accords privilégiés avec la plateforme.

C'est pour éviter ce risque que nous avions poussé, dès 2004, pour l'adoption d'une "licence de diffusion culturelle"  dont le principal intérêt ne serait pas la légalisation du téléchargement, mais la légalisation de la diffusion des oeuvres. Permettre à tous de diffuser la musique est en effet le meilleur moyen de dé-concentrer l'offre musicale, et donc de favoriser l'expression de la diversité culturelle, pour le plus grand bénéfice des auteurs. Avec des solutions comme Deezer, qui ont un quasi-monopole de fait sur la distribution musicale en ligne, les artistes sont plus que jamais dépendants des intermédiaires et des accords de promotion signés entre la plateforme et les maisons de disques.

Selon l'Adami, "il y a urgence à mettre en place une gestion collective des droits musicaux sur Internet" car "c'est le seul moyen de partager équitablement la valeur du nouveau modèle économique de la musique et de garantir une réelle diversité, artistique ET économique, sur les nouveaux médias que sont les plateformes de diffusion musicale sur internet".

Publié par Guillaume Champeau, le 6 Juin 2011 à 14h25
 
 
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Commentaires à propos de «Deezer limité : une licence globale privatisée, critique l'ADAMI»
 

1
2
En voilà un beau message :)
Ah !
Enfin une idée !
Et "Imaginez qu'on limite l'écoute de la radio à quelques heures par mois. Les ventes de disques s'en trouveraient elles dopées ?", c'est beau !
J'en ai l'alarme à l'oeil !
+1

et qu'ils cessent également de rendre des titres "non disponibles dans votre pays"

marre d'avoir des playlist ou la moitié des titres disparais au fil des semaines.

cela m'a clairement fait abandonner l'idée de m'abonner a spotify / deezer (et quelques amis également)

je sais que ce n'est pas de leur fait, mais rien a faire, si ils ont pas les cou***es de proposer une offre satisfaisante a leurs clients, pas question de payer.

vous seriez d'accord qu'après 3 semaines, on vienne vous reprendre une partie des albums achetés a la FNAC ou effacer a distance des titres achetés sur iTunes parce que quelques un décident que finalement, en France, on a plus le droit d'écouter tel titre?
L'Adami a toujours eu un gros train d'avance sur ses consoeurs dont la SACEM, en ce qui concerne l'écoute de musique dématérialisée.
Et bien moi je ne veux encore moi d'un taxe sur mon abonnement que d'une loi HADOPI !

Pourquoi on me forcerait à payer si je ne télécharge pas "illégalement". C'est une forme de présomption de culpabilité : on vous fait payer parce qu'on "sait" que vous téléchargez.

Quand j'aime un artiste, j'achète son album, je vais voir ses concerts, pas besoin de me faire raquetter au profit d'une société de gestion collective.

Et comment on va répartir les droits de la licence globale ? C'est toujours les mêmes qui vont s'en mettre plein les poches.
l'argument ne tient pas vraiment à mon avis. Deezer n'est pas la radio.
Avec Deezer vous pouvez écouter la musique que vous voulez et en boucle si ça vous amuse.
Avec la radio vous pouvez écouter le style de musique que vous voulez (et encore s'il est mainstream parce que trouver une radio qui passe du métal toute la journée ça n'existe pas en France) et en boucle (ça par contre c'est garantie)
Les 2 formats sont donc bien différent.
Je suis d'accord avec nikon56 : ayant été utilisateur de la version "gratuite" de Deezer, je trouve particulièrement désagréable de voir la plupart des morceaux d'artistes pas très connus découvert au fil des playlistes devenir "non disponibles".

Seuls restes les morceaux ultra connus qui passent sans arrêt à la radio... et c'est triste.

Et "Imaginez qu'on limite l'écoute de la radio à quelques heures par mois.
Tu vois un rapport entre Deezer et la radio ?

ayant été utilisateur de la version "gratuite" de Deezer, je trouve particulièrement désagréable de voir la plupart des morceaux d'artistes pas très connus découvert au fil des playlistes devenir "non disponibles".
Ces artistes qui deviennent indisponibles et que visiblement tu apprécies, tu comptes faire quoi pour continuer à les écouter ?
kubrick, le 06/06/2011 - 15:04
Et bien moi je ne veux encore moi d'un taxe sur mon abonnement que d'une loi HADOPI !

Pourquoi on me forcerait à payer si je ne télécharge pas "illégalement". C'est une forme de présomption de culpabilité : on vous fait payer parce qu'on "sait" que vous téléchargez.

Quand j'aime un artiste, j'achète son album, je vais voir ses concerts, pas besoin de me faire raquetter au profit d'une société de gestion collective.

Et comment on va répartir les droits de la licence globale ? C'est toujours les mêmes qui vont s'en mettre plein les poches.

C'est le principe d'une taxe. Une partie non négligeable de mes impots va payer les écoles alors que je n'ai pas d'enfants, les routes alors que je n'ai pas de voiture, ou le chomage alors que j'ai un emploi.

C'est tout le principe de la vie en communauté.
tanagra, le 06/06/2011 - 15:11
Ces artistes qui deviennent indisponibles et que visiblement tu apprécies, tu comptes faire quoi pour continuer à les écouter ?
En les écoutant sur Deezer ils sont logiquement rémunéré via la pub.

Maintenant qu'ils ne sont plus disponibles, je ne les écoute plus : tant pis.

De plus, le temps d'écoute de Deezer étant passé à 10 minutes par jour, je vais tout simplement me passer de ce service et probablement migré vers une autre solution tel que Jamendo. Car de toute façon ce n'est pas la musique "commerciale" qui m'intéresse.
Melpheos, le 06/06/2011 - 15:04
l'argument ne tient pas vraiment à mon avis. Deezer n'est pas la radio.
Avec Deezer vous pouvez écouter la musique que vous voulez et en boucle si ça vous amuse.
Avec la radio vous pouvez écouter le style de musique que vous voulez (et encore s'il est mainstream parce que trouver une radio qui passe du métal toute la journée ça n'existe pas en France) et en boucle (ça par contre c'est garantie)
Les 2 formats sont donc bien différent.

troll/on

faut dire que le metal a la radio ca va se limiter nikelback , avenged sevenfold et eventuellement du metalica (mais que des deux derniers albums).

troll/off
Je ne comprends pas l'intérêt de Deezer.

La musique est très simple à trouver sur le Net, pourquoi aller se faire chier sur un site tout en Flash qui faire tourner les ventilos à fond, dont le débit n'est pas toujours optimum et avec une qualité d'encodage qui laisse souvent à désirer ?

Ce genre de site ne tiendra pas la distance, sauf si les smartphones et autres tablettes prennent une part très importante du marché des PC et sont vendus avec des abonnements incluant cette plateforme. Avec l'aspect directif des abonnements vendus avec ce genre de matériel, on impose Deezer aux internautes faisant de la plateforme de streaming une entreprise subventionnées par les FAI.

Ce modèle économique n'a aucun avenir dans un Internet ouvert où l'offre ( avec ou sans le consentement des ayant-droits ) est multiple et incontrôlable.
c'est reparti pour la course au piratage musical ! go go go !
Edzilla, le 06/06/2011 - 15:18
kubrick, le 06/06/2011 - 15:04
Et bien moi je ne veux encore moi d'un taxe sur mon abonnement que d'une loi HADOPI !

Pourquoi on me forcerait à payer si je ne télécharge pas "illégalement". C'est une forme de présomption de culpabilité : on vous fait payer parce qu'on "sait" que vous téléchargez.

Quand j'aime un artiste, j'achète son album, je vais voir ses concerts, pas besoin de me faire raquetter au profit d'une société de gestion collective.

Et comment on va répartir les droits de la licence globale ? C'est toujours les mêmes qui vont s'en mettre plein les poches.

C'est le principe d'une taxe. Une partie non négligeable de mes impots va payer les écoles alors que je n'ai pas d'enfants, les routes alors que je n'ai pas de voiture, ou le chomage alors que j'ai un emploi.

C'est tout le principe de la vie en communauté.
Tu veux dire que la musique pourrie des majors (puisque qu'on parle bien de cette musique là hein, celle à qui va profiter la taxe) est d'utilité publique au même titre que les écoles, les routes et la protection sociale ? Qu'on ne peut pas vivre sans ?

Les taxes et impôts que tu citent offrent un accès universel et gratuit à ces services (même pour l'assurance chômage, tu "cotises gratuitement" ie. tu cotises pas auprès d'un organisme privé qui s'engraisse sur ton compte) : la musique et la culture en général, même avec la licence globale, seront toujours inaccessibles aux démunis.

En plus cette taxe stabiliserait les revenus des producteurs durablement : pourquoi investiraient-ils alors dans les artistes, la qualité artistique ou autre si de toute manière le pognon rentre sans rien faire ?
Moi je suis passé sur grooveshark, aucune limitation et on a le même catalogue et même plus.
kubrick, le 06/06/2011 - 15:53
Edzilla, le 06/06/2011 - 15:18
kubrick, le 06/06/2011 - 15:04
Et bien moi je ne veux encore moi d'un taxe sur mon abonnement que d'une loi HADOPI !

Pourquoi on me forcerait à payer si je ne télécharge pas "illégalement". C'est une forme de présomption de culpabilité : on vous fait payer parce qu'on "sait" que vous téléchargez.

Quand j'aime un artiste, j'achète son album, je vais voir ses concerts, pas besoin de me faire raquetter au profit d'une société de gestion collective.

Et comment on va répartir les droits de la licence globale ? C'est toujours les mêmes qui vont s'en mettre plein les poches.

C'est le principe d'une taxe. Une partie non négligeable de mes impots va payer les écoles alors que je n'ai pas d'enfants, les routes alors que je n'ai pas de voiture, ou le chomage alors que j'ai un emploi.

C'est tout le principe de la vie en communauté.
Tu veux dire que la musique pourrie des majors (puisque qu'on parle bien de cette musique là hein, celle à qui va profiter la taxe) est d'utilité publique au même titre que les écoles, les routes et la protection sociale ? Qu'on ne peut pas vivre sans ?

Les taxes et impôts que tu citent offrent un accès universel et gratuit à ces services (même pour l'assurance chômage, tu "cotises gratuitement" ie. tu cotises pas auprès d'un organisme privé qui s'engraisse sur ton compte) : la musique et la culture en général, même avec la licence globale, seront toujours inaccessibles aux démunis.

En plus cette taxe stabiliserait les revenus des producteurs durablement : pourquoi investiraient-ils alors dans les artistes, la qualité artistique ou autre si de toute manière le pognon rentre sans rien faire ?
Déjà, dans l'état actuel des choses, je paye de toute façon pour subventionner l'hadopi. A choisir, je préfére payer le droit télécharger et que cet argent aille aux artistes que je télécharge, plutôt que de payer TMG.

Ensuite, je n'ai cité que quelques services, mais l'état subventionne déjà massivement la culture (et l'état tire son argent des différentes taxes et impôts.)
Les festivals de musique sont subventionnés, ainsi que toutes les manifestations culturelles organisées/subventionnées par les communes.
Les fêtes foraines de village sont aussi subventionnées, par exemple.

Et après tout, je ne vois pas tous les professionnels qui achètent des supports vierges pour faire du backup de leurs données se plaindre de devoir payer une taxe sur la copie privée.
Tu te rends compte du volume de données que génère un bête cabinet de radiologie? J'ai mis en place le système de backup d'un cabinet de gynéco, pour leur échographe. C'est plusieurs Go de photos par jour.
Les médecins faisaient un peu la gueule quand je leur ai expliqué qu'ils payaient une taxe sur la copie privée sur chacun des clichés qu'ils sauvegardaient...


Qu'est-ce qui empêcherait de faire une taxe qui prenne en compte les téléchargement par artiste/label? Ainsi, la taxe serait reversée aux artistes téléchargés. Après tout, c'est ce que prétends déjà faire la SACEM et autre avec les musique diffusée "légalement".
Et je suis sur que thepiratebay et consort se feraient un plaisir de créer une API qui indiquerait le volume de téléchargement de chacun de leurs torrent si la chose était légalisée.

Actuellement, le concept de "licence globable" est tellement tabou que plutôt que de réfléchir à "comment la mettre en ½uvre", la seule chose que sont capable de dire ses détracteurs, c'est "ça ne marchera pas".

Encore une fois, à choisir, je préfère une solution qui marche pas trop mal, plutôt qu'une solution foireuse mise en place au dépens des libertés fondamentales.


(ha, et de toute façon, la "musique pourrie des majors", c'est celle la qui est achetée/piratées/prolétairement réappropriée. L'hadopi, la sacem et consorts, c'est de celle là qu'ils se préoccupent, le reste ils en ont rien à battre. Tu peux pirater le petit groupe de métal industriel mélodique à tendance ska du fin fond de l’Ardèche autant que tu veux, ils en ont rien à péter, et c'est de la musique commerciale qu'il est question ici)
tanagra, le 06/06/2011 - 15:11

Et "Imaginez qu'on limite l'écoute de la radio à quelques heures par mois.
Tu vois un rapport entre Deezer et la radio ?

ayant été utilisateur de la version "gratuite" de Deezer, je trouve particulièrement désagréable de voir la plupart des morceaux d'artistes pas très connus découvert au fil des playlistes devenir "non disponibles".
Ces artistes qui deviennent indisponibles et que visiblement tu apprécies, tu comptes faire quoi pour continuer à les écouter ?
Mais voyons, c'est ça le libéralisme :D
lmp, le 06/06/2011 - 16:17
Moi je suis passé sur grooveshark, aucune limitation et on a le même catalogue et même plus.
Chuuuuuuuuuut ... Tu veux bien te taire ! Je n'ai pas envie d'avoir un Radioblog 2 ...
France Telecom Orange, la boîte de tous les monopoles ...
Qu'est-ce qui empêcherait de faire une taxe qui prenne en compte les téléchargement par artiste/label?
Peut-être la technique : tu imagines un système capable de récupérer tous les logs de téléchargement de tous les p2p et ddl du monde ?

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