Les négociations entre Spotify et les maisons de disques se poursuivent outre-Atlantique. À en croire un mail diffusé par Spotify, une issue favorable est proche. Le service devrait bien arriver aux Etats-Unis cette année, mais au prix de concessions importantes.

C’est un paradoxe. Alors que Spotify continue de marquer des points en Europe, avec plus de dix millions d’utilisateurs et 750 000 abonnés payants, le logiciel suédois d’écoute de musique en ligne continue d’être absent du territoire nord-américain. En effet, voilà plus d’un an que les négociations entre Spotify et les maisons de disques patinent, repoussant régulièrement la sortie du service musical.

L’arrivée de Spotify en Amérique du Nord ne serait pourtant qu’une affaire de semaines. À en croire les informations du blog All Things Digital, qui s’appuie un courrier électronique diffusé par Spotify, le lancement du service de streaming pourrait bien arriver dès le mois de février 2011. Un accord avec EMI serait imminent, tandis que les discussions avec Universal Music seraient bien avancées.

Les efforts pour séduire les quatre grands labels de musique risquent pourtant d’être un fardeau supplémentaire pour Spotify. En effet, le service suédois aurait consenti à faire des concessions importantes pour persuader les majors d’ouvrir leur catalogue. Ces « gestes de bonne volonté » se traduiraient notamment par une hausse des sommes versées aux ayants droit et par des restrictions sur l’écoute gratuite.

Comme le fait remarquer Electron Libre, les maisons de disques s’inquiètent d’un faux pas de Spotify aux États-Unis. En effet, elles craignent de voir Spotify échouer avec son abonnement payant. Elles craignent également de voir des internautes qui achetaient de la musique sur des plates-formes légales s’en détourner au profit du mode gratuit de Spotify.

En conséquence, le service pourrait réduire une partie des revenus issus du téléchargement payant, dont iTunes est le principal acteur outre-Atlantique, en offrant aux internautes une alternative gratuite, bien qu’entrecoupée d’annonces publicitaires. Or, rien n’indique que ces revenus publicitaires puissent compenser cette perte.

Cela pose évidemment un problème sur l’avenir des services en ligne proposant de la musique « légale ». En novembre dernier, le journal suédois VA.se avait publié deux graphiques montrant que Spotify payerait aux ayants droit le double de ce que le logiciel parvient à générer de l’exploitation commerciale des chansons. D’après les graphiques, cela représente 6,5 millions d’euros par mois aux ayants droit, pour un chiffre d’affaires de 3,5 millions.

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